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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/La Chèvre et le Chevrier (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir La Chèvre et le Chevrier.

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LA CHÈVRE ET LE CHEVRIER


Un chevrier rappelait ses chèvres à l’étable. L’une d’ elles s’étant attardée à quelque friande pâture, le chevrier lui lança une pierre, et visa si juste qu’il lui cassa une corne. Alors il se mit à supplier la chèvre de ne pas le dire au maître. La chèvre répondit : « Quand bien même je garderais le silence, comment pourrais-je le cacher ? Il est visible à tous les yeux que ma corne est cassée. »

Quand la faute est évidente, il est impossible de la dissimuler.

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Αἲξ καὶ αἰγοβοσκός.


Αἰγοβοσκὸς τὰς αἶγας ἀνεκαλεῖτο πρὸς τὴν μάνδραν. Μία δὲ ἐξ αὐτῶν ὑπελείφθη, ἡδύ τι βοσκομένη. Ῥίψας δ᾿ ὁ ποιμὴν πέτραν τὸ κέρας αὐτῆς κατέαξεν εὐστοχήσας. Ἐδυσώπει δὲ τὴν αἶγα μὴ εἰπεῖν τοῦτο τῷ δεσπότῃ. Ἡ δὲ εἶπεν· « Κἂν ἐγὼ σιωπήσω, πῶς κρύψω ; πρόδηλον γάρ ἐστι πᾶσι τὸ κέρας μου κεκλασμένον. »

Ὅτι, τῆς αἰτίας προδήλου οὔσης, οὐ δυνατὸν ταύτην καλύψαι.