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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/La Belette et le Coq (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir La Belette et le Coq.

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LA BELETTE ET LE COQ


Une belette, ayant attrapé un coq, voulut donner une raison plausible pour le dévorer. En conséquence elle l’accusa d’importuner les hommes en chantant la nuit et en les empêchant de dormir. Le coq se défendit en disant qu’il le faisait pour leur être utile ; car s’il les réveillait, c’était pour les rappeler à leurs travaux accoutumés. Alors la belette produisit un autre grief et l’accusa d’outrager la nature par les rapports qu’il avait avec sa mère et ses sœurs. Il répondit qu’en cela aussi il servait l’intérêt de ses maîtres, puisque grâce à cela les poules leur pondaient beaucoup d’œufs. « Eh bien ! s’écria la belette, tu as beau être en fonds de belles justifications, moi je ne resterai pas à jeun pour cela, » et elle le dévora.

Cette fable montre qu’une mauvaise nature, déterminée à mal faire, quand elle ne peut pas se couvrir d’un beau masque, fait le mal à visage découvert.

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Αἴλουρος καὶ ἀλεκτρυών


Αἴλουρος, συλλαβὼν ἀλεκτρυόνα, μετ᾽ εὐλόγου τοῦτον αἰτίας ἠβουλήθη καταφαγεῖν. Καὶ δὴ κατηγόρει αὐτοῦ ὡς ὀχληρὸς εἴη τοῖς ἀνθρώποις νύκτωρ κεκραγὼς καὶ μὴ συγχωρῶν ὕπνου τυγχάνειν. Τοῦ δ᾽ ἀπολογουμένου ἐπὶ τῇ ἐκείνων ὠφελείᾳ τοῦτο ποιεῖν, ὡς ἐπὶ τὰ συνήθη τῶν ἔργων ἐγείρεσθαι, πάλιν ὁ αἴλουρος αἰτίαν ἐπέφερεν ὡς ἀσεβὴς εἴη περὶ τὴν φύσιν, μητρὶ καὶ ἀδελφαῖς συμμιγνύμενος. Τοῦ δὲ καὶ τοῦτο πρὸς ὠφέλειαν τῶν δεσποτῶν πράττειν φήσαντος, πολλῶν αὐτοῖς ἐντεῦθεν ὠῶν τικτομένων, ὁ αἴλουρος εἰπών· « Ἀλλ᾽ εἰ σύ γε πολλῶν εὐπορεῖς εὐπροσώπων ἀπολογιῶν, ἔγωγε μέντοι ἄτροφος οὐ μενῶ », τοῦτον κατεθοινήσατο.

Ὁ μῦθος δηλοῖ ὅτι ἡ πονηρὰ φύσις πλημμελεῖν αἱρουμένη, εἰ μὴ μετ᾽ εὐλόγου δυνηθείη προσχήματος, ἀπαρακαλύπτως γε μὴν πονηρεύεται.