Ouvrir le menu principal

Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Hermès et Tirésias (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Hermès et Tirésias.

110


HERMÈS ET TIRÉSIAS


Hermès voulant mettre à l’épreuve l’art divinatoire de Tirésias et voir s’il était véridique, lui vola ses bœufs à la campagne, puis vint le trouver à la ville, sous la figure d’un mortel, et descendit chez lui. Averti de la perte de son attelage, Tirésias prit avec lui Hermès, se rendit au faubourg pour observer un augure au sujet du vol, et il pria Hermès de lui dire l’oiseau qu’il apercevrait. Hermès vit d’abord un aigle qui passait en volant de gauche à droite, et il le lui dit. Tirésias répondit que cet oiseau ne les concernait pas. À la deuxième fois, le dieu vit une corneille perchée sur un arbre, qui tantôt levait les yeux en haut, tantôt se penchait vers le sol, et il le lui annonça. Le devint reprit alors : « Eh bien ! cette corneille jure par le ciel et la terre qu’il ne tient qu’à toi que je recouvre mes bœufs. »

On pourrait appliquer cette fable à un voleur.

110


Ἑρμῆς καὶ Τειρεσίας.


Ἑρμῆς βουλόμενος τὴν Τειρεσίου μαντικὴν πειρᾶσαι εἰ ἀληθής ἐστι, κλέψας αὐτοῦ τοὺς βόας ἐξ ἀγροῦ, ἧκε πρὸς αὐτὸν εἰς ἄστυ, ὁμοιωθεὶς ἀνθρώπῳ, καὶ ἐπεξενώθη παρ᾿ αὐτῷ. Παραγγελθείσης δὲ τῷ Τειρεσίᾳ τῆς τοῦ ζεύγους ἀπωλείας, παραλαβὼν τὸν Ἑρμῆν, ἧκεν εἰς τὸ προαστεῖον, οἰωνόν τινα περὶ τῆς κλοπῆς σκεψόμενος, καὶ τούτῳ παρῄνει λέγειν ὅ τι ἂν θεάσηται ὄρνεον. Καὶ ὁ Ἑρμῆς τὸ μὲν πρῶτον θεασάμενος ἀετὸν ἐξ ἀριστερῶν ἐπὶ δεξιὰ παριπτάμενον, ἀπήγγειλεν αὐτῷ. Τοῦ δὲ εἰπόντος μὴ πρὸς αὐτοὺς τοῦτον εἶναι, ἐκ δευτέρου ἰδὼν κορώνην ἐπί τινος δένδρου καθημένην, καὶ ποτὲ μὲν ἄνω βλέπουσαν, ποτὲ δὲ εἰς γῆν κύπτουσαν, ἐδήλωσεν αὐτῷ. Ὁ δὲ ὑποτυχὼν ἔφη· « Ἀλλ᾿ αὕτη γε ἡ κορώνη διόμνυται τόν τε Οὐρανὸν καὶ τὴν Γῆν ὅτι, ἂν σὺ θέλῃς, τοὺς ἐμαυτοῦ βόας ἀπολήψομαι. »

Τούτῳ τῷ λόγῳ χρήσαιτο ἄν τις πρὸς ἄνδρα κλέπτην.