Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Berger et ses Moutons

Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Berger et ses Moutons.

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 139r).
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LE BERGER ET SES MOUTONS


Un berger, ayant conduit ses moutons dans un bois de chênes, aperçut un gros chêne chargé de glands ; il étendit son manteau par dessous, puis monta dessus et secoua les fruits. Les moutons, mangeant les glands, mangèrent aussi par mégarde le manteau. Le berger, étant descendu, et voyant le méfait, s’écria : « Méchantes bêtes, vous donnez aux autres de la laine pour se vêtir, et à moi qui vous nourris, vous m’avez enlevé même mon manteau. »

Ainsi beaucoup de gens obligent sottement ceux qui ne leur sont rien, et se conduisent vilainement envers leurs proches.