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Examen microscopique du limon déposé pendant les crues de la Seine

EXAMEN MICROSCOPIQUE
DU LIMON DÉPOSÉ PRENDANT LES CRUES DE LA SEINE.


Les eaux d’un fleuve qui éprouve une forte crue, entraînent avec elles une quantité de matières de toute nature ; ce sont principalement des particules extrêmement ténues, détachées par érosion des rives et des terres submergées. En soumettant au microscope des échantillons de limon récolté aussitôt après le retrait des eaux, dans les endroits éloignés du courant où le dépôt s’est fait lentement, on constate au premier abord une infinité de matières amorphes, qui ne sont autres que des atomes terreux tenus en suspension dans le liquide. Ce résidu lavé et bouilli dans de l’eau acidulée finit par être débarrassé de vase, et laisse au fond de la capsule quelques cristaux infiniment petits de quartz, assez légers pour avoir été apportés par les eaux.

Si on procède autrement, en effleurant la pellicule superficielle du dépôt avec la lamelle de verre ou porte-objet, on recueille une foule de sporules verdâtres, mélangés de diatomées et de conferves. Tous les corpuscules que l’on rencontre dans un atome de vase sont autant de germes reproducteurs, qui, laissés dans le limon dû aux crues d’hiver, donneront naissance pendant l’été aux fungoïdes ou végétaux cryptogamiques de toute espèce, sur les croûtes desséchées des bas-fonds.

Enlevons un fragment de cette croûte pour le placer au fond d’un vase rempli d’eau ; il en sortira au bout de quelque temps une forêt submergée en miniature, pendant que la surface se couvrira, d’une pellicule. Examinées au microscope, les matières organiques qui la composent sont identiques à celles que nous trouvons sur la croûte.

On découvre aussi dans le dépôt limoneux beaucoup de substances communes, telles que des fragments de végétaux, des particules de détritus, mais jamais d’infusoires ; l’eau calme est nécessaire à leur existence ; ils recherchent les fossés d’eau stagnante, abrités du vent et garnis d’herbes, où ils puissent se réfugier.