Entre deux rives/L’Adieu

Imprimerie de l'Action sociale (p. 135-137).
Ferland - Entre deux rives, 1920 (page 137 crop).jpg


L’ADIEU

à mon Filleul.


ESPOIR !…

Dessous la naissante feuillée
J’entends monter des airs connus :
Le chant des oiseaux revenus
Berce mon âme ensoleillée…


Dans la nature et dans les cœurs
Tout n’est que chansons et fraîcheurs !


L’Espoir renaît au fond des âmes
Des jours heureux, des jours de Paix ;
Nous verrons sous l’ombrage frais
L’Amour tisser de fines trames…


Dans la nature et dans les cœurs
Tout n’est qu’espérance et douceurs !


On respire une vague ivresse,
Parfums des jardins, des buissons ;
Les nids sont remplis de frissons,
De cris, d’inlassable tendresse…


Dans la nature et dans les cœurs
Tout n’est que baisers, que rumeurs !




L’oiseau module sous les branches
Ses chants langoureux, infinis ;
Et nos foyers, comme les nids,
Verront couler des heures blanches…


Dans la nature et dans les cœurs
Tout n’est que parfums, que bonheurs !


Et tous les nids de la Belgique
Vont retentir des plus doux sons,
Et vos foyers, pleins de chansons,
Renaîtront du Passé Tragique…


Dans la nature et dans les cœurs
Tout n’est que rêves, que splendeurs !




Et sous la brise printanière,
Et sous le ciel étincelant,
Votre âme, en un geste vaillant,
Se redresse, plus grande et fière…



Car Dieu sut mettre en votre cœur
L’Espoir serein, l’Espoir vainqueur !…