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Enquête sur l’évolution littéraire/Symbolistes et Décadents/M. Maurice Mæterlinck

Bibliothèque-Charpentier (p. 116-129).


M. MAURICE MÆTERLINCK


J’ai cru intéressant d’aller voir l’écrivain qu’Octave Mirbeau nous a, avec l’éclat que l’on sait, révélé. Et j’y ai tenu d’autant plus que personne à Paris, ou presque personne, ne connaît Vsiuieur de la Princesse Maleine : Octave Mirbeau lui-même l’ignore.

J’étais arrivé à Gand le matin, sous une pluie pénétrante. Le premier aspect de la ville m’avait transi de mélancolie. La boue noire, et les flaques, le ciel badigeonné de suie, la solitude des rues où de rares manteaux à capuchon glissaient dans le silence pesant, rarement coupé de croassements de corneilles, m’étaient apparus comme le décor naturel de cette littérature d’effroi : l’Intruse les Aveugles, la Princesse Maleine. Je devinais l’auteur résumant en lui cette tristesse et cette angoisse opprimantes des choses, et les traits creusés par les fièvres, et l’œil glauque de Mæterlinck, je m’apprêtais à les peindre ; l’idée même de l’approcher me laissait dans une curiosité vaguement inquiète, et je l’attendais, rêveur, dans le salon de l’hôtel, en écoutant les vitres chanter sourdement sous les grosses gouttes de pluie, quand il entra.

Surprise. Agé de vingt-sept ans, assez grand, les épaules carrées, la moustache blonde coupée presque à ras, Mæterlinck, avec ses traits réguliers, le rose juvénile de ses joues et ses yeux clairs, réalise exactement le type flamand. Cela joint à ses manières très simples, à son allure plutôt timide, sans geste, mais sans embarras, provoque tout d’abord un sentiment de surprise très agréable : l’homme, mis correctement, tout en noir, avec une cravate de soie blanche, ne jouera pas au génie précoce, ni au mystère, ni au menfoutisme, ni à rien : c’est un modeste et c’est un sincère. Mais ce charme a son revers : si je ne réussis pas à distraire mon interlocuteur de l’interview qui l’épouvante, je ne tirerai rien pour mon enquête, ou presque rien de cette carrure tranquille ; un quart d’heure à peine passé, je m’en rends compte : ne parler ni de lui ni des autres, ou si peu ! parler des choses en phrases très courtes, répondre à mes questions par des monosyllabes, le quart d’un geste, un hochement de tête, un mouvement des lèvres ou des sourcils, telle sera la posture de l’interviewé aussi longtemps qu’il sentira planer l’indiscrétion de l’interviewer. Il faudra que petit à petit je fasse oublier le but de mon voyage pour réussir à fondre un peu ce mutisme blond. Encore une fois, je sens qu’il n’y a là ni parti pris, ni pose, il ne parle pas… très simplement, — comme d’autres parlent.

Nous déjeunons d’un appétit formidable tous deux.

— Oui, j’ai un appétit féroce, me dit-il. C’est que je fais beaucoup d’exercices physiques : canotage, haltères ; l’hiver, je patine, je vais souvent jusqu’à Bruges, et même en Hollande, sur la glace ; le bicycle, tous les jours… quand je ne plaide pas… mais je plaide si rarement !

— Vous êtes avocat ! m’exclamai-je.

— Oui, mais je vous dis… si peu ! De temps en temps, un pauvre paysan vient me demander de le défendre, et je plaide, — en flamand.

Nous convenons que, puisqu’il n’a rien à me dire, nous allons nous promener à travers la ville.

— Je vous montrerai nos maisons qui baignent dans le canal, nos architectures du moyen-âge. Vous verrez comme c’est triste.

La pluie avait cessé, et la ville, toute mouillée encore, resplendissait sous le soleil ; toujours le même silence, la même solitude des rues ; mais, grâce au soleil, la ville avait pris une calme gaieté de convalescence. Nous visitons, en causant un peu, le palais de justice, l’hôtel de ville, la cathédrale, aux grilles de cuivre ; nous nous arrêtons devant le fameux tryptique des frères Van Eyck ; nous croisons l’évêque, entouré de son chapitre, qui vient de dire les vêpres ; dans les églises flamandes il y a des offices du matin au soir.

Dehors, comme nous étions le nez en l’air, à admirer les sculptures extraordinaires d’un vieux monument, j’aperçois, portés par un pas allongé et rapide, l’épaisse crinière noire, la longue barbe et la tête de Christ sarrazin de Duc-Quercy. L’infatigable organisateur socialiste, l’internationaliste convaincu, qui était à Berlin il y a six mois, en même temps que moi ; le voilà en Belgique à présent, retour de Hollande !

— Cette rencontre !

Je présente, et nous voici, continuant à trois notre promenade.

Il faudrait des pages pour raconter nos pérégrinations de cette après-midi, à travers le silence des rues, des ruelles aux façades espagnoles, des interminables quais et des ponts innombrables, des béguinages et des ruines de la vieilb ville flamande, et je n’en finirais pas si je notais ici les impressions que nous échangeâmes, tous trois sous des optiques différentes.

— Voici la statue du brasseur gantois, Jacques Arteveld ; voici la tour crénelée où l’on déchirait du haut en bas, devant la foule, les pièces de toile reconnues défectueuses au marché ; voici les crampons de la potence où tant de gens furent pendus ; ce bâtiment-là, avec ses sculptures g’othiques, c’est l’hôtel des Bateliers, tous les corps de métier en avaient un analogue ; mais il y a quelques années on avait ici la maladie de tout démolir, et tant de belles choses y ont passé !…

Depuis trois heures nous marchions sur le pavé aigu et glissant.

— Voulez-vous vous reposer ? nous demanda Mæterlinck, et boire de bonne bière flamande ?

Nous arrivons dans un passage étroit ; une porte basse, une suite de cours minuscules, un dédale de corridors, et nous entrons dans une petite pièce où le jour pénètre à peine ; quelques tables, des sièges de paille sans dossier, les murs garnis de bancs, quelques gens sont assis devant des moss, fument comme des hauts-fourneaux en parlant très bas.

— C’est le cabaret flamand, dit Mæterlink.

Nous nous installons dans un coin ; lui-même sort une courte pipe de bruyère, s’étonne que nous n’ayons pas les nôtres, et se met à fumer avec une onction tranquille.

Quand le houblon nous fut versé, Duc-Quercy ne tarda pas à mettre la conversation sur l’art socialiste.

— Je ne comprends pas, disait-il, que des littérateurs intelligents s’isolent volontairement, sous prétexte d’art pur, des idées de leur temps, et, pour le nôtre, du grand mouvement socialiste qui comprend tout, qui englobe toutes les manifestations de la pensée humaine.

— Pour faire des œuvres durables, répondait Maeterlinck, ne faut-il pas justement s’élever au-dessus de son époque, se dégager des accidents de lu civilisation, des contingences de l’actualité immédiate ?

— Pour que les œuvres soient durables, ripostait Duc, il faut qu’elles reflètent l’état d’esprit général du temps où elles furent créées ; or, le socialisme, par exemple, à l’heure actuelle, est l’expression synthétique intense d’un immense, d’un universel courant d’idées qui peuvent changer demain jusqu’à la forme de la civilisation. Zola, dans Germinal, bien plus que les poètes ronsardisants…

— Zola, dans Germinal, interrompt Mæterlinck, a pu faire œuvre de sociologue ; mais, admettez que, comme vous le pensez, la forme de la société soit changée, tant et si bien que dans mille ans il ne reste plus rien à désirer aux mineurs… Qu’est-ce que les générations de l’an 3000 ou de l’an 4000 comprendront à la scène de la forêt — par exemple — ou de telle autre qui nous émeut à présent ?

— C’est juste, dit Duc-Quercy, mais aussi quelles sont les œuvres qui intéresseront toujours ?

— Celles, continua Maeterlinck, qui auront noté les joies et les douleurs des sentiments éternels : Homère…

— Mais il m’assomme, Homère ! Je m’en fous ! Il ne m’intéresse pas pour un sou…

— Eschyle, Shakespeare…

— Bien, dit Duc. J’admets. Ils vous intéressent encore, parce que notre civiUsation n’est pas sensiblement éloignée de la leur ; mais qui vous répond, — à votre tour, — que, dans mille ans, dans dix mille ans si vous voulez (qu’est-ce que cela dans la vie possible du monde ?) qui vous répond qu’on les comprendra encore ? Les sentiments éternels ! Mais il n’y en a pas, ils changent tous, changeront de plus en plus…

— Mais, proteste Maeterlinck : l’amour, la jalousie, la colère…

— Pardon, répondit Duc-Quercy, on a découvert, il n’y a pas si longtemps, une peuplade de Touaregs où la femme était chef de famille, où elle choisissait elle-même ses époux, en nombre illimité… Eh bien ! Qu’est-ce que les époux de ces femmes comprendraient à l’amour de Roméo et à la jalousie d’Othello ? Et qui nous dit que, dans l’avenir, quand les femmes auront le rang qu’elles méritent exactement, quand les jeunes filles réclameront le droit de choisir ellesmêmes leurs maris, que restera-t-il de la vieille forme du sentiment d’amour ?

— Pardon aussi, dit Mæterlinck. Êtes-vous sûr qu’il n’y a pas de jalousie chez l’un ou chez plusieurs des douze maris de votre Touareg, et qu’ils ne souhaitent pas d’avoir la femme à eux seuls ? Dans tous les cas, ne croyez-vous pas qu’un Othello Touareg se révélerait le jour où l’un deux élu par la maîtresse pour partager sa couche, verrait un autre lui prendre sa place ? Et les vierges de l’avenir auront beau avoir le droit de choisir elles-mêmes leur époux ! quand elles rencontreront celui qui doit les subjuguer, elles ne choisiront pas, elles se laisseront cueillir avec de la joie comme les Juliettes les plus douces…

Donc, conclut Mæterlinck, je reste d’avis non pas qu’on doive s’abstraire de son temps dont on subit, malgré soi, et naturellement l’influence, mais qu’il est bon, si l’on veut faire œuvre durable et puissante, de la dégager des détails d’actualité… Durable, entendons-nous, aussi durable que possible ! Mais elle le sera d’autant plus que nous aurons davantage épuré l’essence des sentiments que nous aurons dramatisés…


L’apparente placidité de notre interlocuteur s’était échauffée à la discussion ; les veines des tempes, très en relief, battaient à coups redoublés, et je reconnus là la trace de cette sensibilité nerveuse qui se mêle dans toute l’œuvre de Mæterlinck, à la saine grandeur des pensées et à l’énergie musclée de la forme.

Les braves flamands continuaient à fumer, un peu effarés par les éclats de cette conversation qu’éventait de temps en temps la crinière remuée de Duc-Quercy. Nous sortîmes.

— Eh bien ! dis-je en riant à Mæterlinck, ça n’est pas plus difficile que cela !

— Quoi donc ? fit-il étonné.

— Mais l’interview ! dis-je. Je rapporte d’excellente pâture pour mon enquête !

Duc-Quercy, rompu à ce sport, souriait avec malice.

Après dîner, attablés à la terrasse du plus grand café de la ville, — où nous étions seuls, — je tâchai d’amener la conversation sur le symbolisme. La nuit était venue, une grande place d’ombre s’étendait devant nous ; pas une âme ne passait. Soirée tiède allumée d’étoiles.

— Oui, disait Mæterlinck, je crois qu’il y a deux sortes de symboles : l’un qu’on pourrait appeler le symbole a priori ; le symbole, de propos délibéré ; il part d’abstraction et tâche de revêtir d’humanité ces abstractions. Le prototype de cette symbolique, qui touche de bien près à l’allégorie, se trouverait dans le second Faust et dans certains contes de Gœthe, son fameux Mährchen aller Mährchen, par exemple. L’autre espèce de symbole serait plutôt inconscient, aurait lieu à l’insu du poète, souvent malgré lui, et irait, presque toujours, bien au-delà de sa pensée : c’est le symbole qui naît de toute création géniale d’humanité ; le prototype de cette symbolique se trouverait dans Eschyle, Shakespeare, etc.

Je ne crois pas que l’œuvre puisse naître viablement du symbole ; mais le symbole naît toujours de l’œuvre si celle-ci est viable. L’œuvre née du symbole ne peut être qu’une allégorie, et c’est pourquoi l’esprit latin, ami de l’ordre et de la certitude, me semble plus enclin à l’allégorie qu’au symbole. Le symbole est une force de la nature, et l’esprit de l’homme ne peut résister à ses lois. Tout ce que peut faire le poète, c’est se mettre, par rapport au symbole, dans la position du charpentier d’Emerson. Le charpentier, n’est-ce pas ? s’il doit dégrossir une poutre, ne la place pas au-dessus de sa tète, mais sous ses pieds, et ainsi, à chaque coup de hache qu’il donne, ce n’est plus lui seul qui travaille, ses forces musculaires sont insignifiantes, mais c’est la terre entière qui travaille avec lui ; en se mettant dans la position qu’il a prise, il appelle à son secours toute la force de gravitation de notre planète, et l’univers approuve et multiplie le moindre mouvement de ses muscles.

Il en est de même du poète, voyez-vous ; il est plus ou moins puissant, non pas en raison de ce qu’il fait lui-même, mais en raison de ce qu’il parvient à faire exécuter par les autres, et par l’ordre mystérieux et éternel et la force occulte des choses ! il doit se mettre dans la position où l’Éternité appuie ses paroles, et chaque mouvement de sa pensée doit être approuvé et multiplié par la force de gravitation de la pensée unique et éternelle ! Le poète doit, me semble-t-il, être passif dans le symbole, et le symbole le plus pur est peut-être celui qui a lieu à son insu et même à l’encontre de ses intentions ; le symbole serait la fleur de la vitalité du poème ; et, à un autre point de vue, la qualité du symbole deviendrait la contre-épreuve de la puissance et de la vitalité du poème. Si le symbole est très haut, c’est que l’œuvre est très humaine. C’est à peu près ce que nous disions cette après-midi, s’il n’y a pas de symbole, il n’y a pas d’œuvre d’art.

Mais si le poète part du symbole pour arriver à l’œuvre, il est semblable au charpentier qui équarrit une poutre placée au-dessus de sa tête, et il a à vaincre toute la force de gravitation de son poème. Il navigue contre vents et contre marée. Il n’est plus entraîné bien au delà de ses pensées par la force, les passions et la vie de ses créations, mais il est en guerre ouverte avec elles ; car le symbole qui émane de la vie de tout être est bien plus haut et plus impénétrable que le plus merveilleux symbole préconçu, et la simple vie des êtres contient des vérités mille fois plus profondes que toutes celles que peuvent concevoir nos plus hautes pensées.

Si je parviens à créer des êtres humains, et si je les laisse agir en mon âme aussi librement et aussi naturellement qu’ils agiraient dans l’univers, il se peut que leurs actions contredisent absolument la vérité primitive qui était en moi et dont je les croyais fils ; et cependant je suis sûr qu’ils ont raison contre cette vérité provisoire et contre moi, et que leur contradiction est la fille mystérieuse d’une vérité plus profonde et plus essentielle. Et c’est pourquoi mon devoir est alors de me taire, d’écouter ces messagers d’une vie que je ne comprends pas encore, et de m’incliner humblement devant eux.

À un point de vue plus restreint, il en serait de même des images qui sont les assises en quelque sorte madréporiques sur lesquelles s’élèvent les îles du symbole. Une image peut faire dévier ma pensée ; si cette image est exacte et douée d’une vie organique, elle obéit aux lois de l’Univers bien plus strictement que ma pensée ; et c’est pourquoi je suis convaincu qu’elle aura presque toujours raison contre ma pensée abstraite ; si je l’écoute, c’est l’univers et l’ordre éternel des choses qui pensent à ma place, et j’irai sans fatigue au-delà de moi-même ; si je lui résiste, on peut dire que je me débats contre Dieu….

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Le lendemain était dimanche. Mæterlinck, que ses devoirs appelaient, le matin, aux exercices de la garde civique dont il fait partie, me donna rendez-vous pour midi. Nous fîmes un tour sur la Grande-Place où jouait la fanfare communale comme honteuse du bruit qu’elle faisait ; la foule endimanchée, le peuple d’un côté du kiosque ; le high-life de l’autre côté, envahissait la chaussée ; on se promenait d’un pas lent, silencieusement. L’heure était passée des théories esthétiques ; j’en profitai pour arracher quelques noms propres à Mæterlinck.

J"ai retenu son admiration et sa reconnaissance pour Villiers de l’Isle-Adam.

— Je voyais très souvent Villiers de l’Isle-Adam pendant les sept mois que j’ai passés à Paris. C’était à la brasserie Pousset, au faubourg Montmartre. Il y avait là Saint-Pol-Roux, Mikhaël, Quillard, Darzens ; Mendès y passait quelquefois, toujours charmeur. Tout ce que j’ai fait, c’est à Villiers que je le dois, à ses conversations plus qu’à ses œuvres que j’admire beaucoup d’ailleurs.

J’ai noté aussi son amitié profonde pour M. Grégoire Leroy et M. Van Lerberghe, écrivains belges, et son effacement modeste devant l’œuvre de ce dernier.

— Ses Flaireurs, voyez- vous, c’est admirable !

Ses sympathies à Paris :

— Oh ! Mallarmé ! quel cerveau ! Verlaine, quelle sincérité enfantine ! Barrès, parmi les jeunes, est celui qui m’intéresse le plus. Viélé-Griffin, Henri de Régnier, de purs poètes ! Moréas a fait Madeline-aux-serpents… Oh ! c’est bien, cela ! Mirbeau… je l’aime si tendrement qu’il me paraîtrait ridicule de vous en parler autrement…

Ses influences philosophiques :

— Kant, Carlyle, Schopenhauer, qui arrive jusqu’à vous consoler de la mort…

Son admiration pour Shakespeare :

— Shakespeare, surtout ! Shakespeare ! Quand j’ai écrit la Princesse Maleine, je m’étais dit : « Je vais tâcher de faire une pièce à la façon de Shakespeare pour un théâtre de Marionnettes. » Et c’est ce que j’ai fait. Mais savez-vous que ce sont des vers libres mis typographiquement en prose ?

— Je me souviendrai de ce détail, dis-je en riant.

D’autres préférences : les poètes anglais Swinburne, Rosetti, William Morice, le peintre Burne-Jones ; en France, Puvis de Chavannes, Baudelaire, Laforgue, les Cahiers d’André Walter. N’en oublié-je pas ? Oui, Edgar Poe : ses Poèmes surtout, et, dans ses Contes : La chute de la maison Usher.

J’allai prendre le train pour Bruxelles dont la locomotive sifflait déjà. Il me serra la main, de sa main robuste, et me dit, gaiement :

— À cet été, sans doute, à Paris, en bicycle !