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En écoutant Tolstoï
entretiens sur la guerre et quelques autres sujets
Charpentier et Fasquelle (p. vii-viii).


À cette relation des heures passées dans la familiarité du comte Tolstoï, où le sujet principal de nos entretiens fut, entre beaucoup d’autres, la guerre japonaise, j’ai joint les fortes pages qu’il méditait alors sur ce tragique événement. Publiées depuis en Angleterre, traduites en français, elles figurent ici, pour la première fois en France, dans leur intégralité originale. On se convaincra à la lecture que la pathétique adjuration de Tolstoï ne répète pas les conversations que j’ai recueillies et que ces documents, au contraire, se complètent en une vigoureuse harmonie.

J’ai en outre le plaisir de publier des pensées inédites de Tolstoï. Elles ne furent point conçues, à vrai dire, sous la forme doctrinale de pensées. Elles sont extraites à la fois de lettres familières écrites à diverses personnes et de ce journal où se formule, au cours des heures, la doctrine du maître. C’est chez lui une coutume déjà ancienne de noter, presque chaque soir, les méditations où l’ont conduit les choses du jour. De ces feuilles légères, les unes vont à des amis, les autres rejoignent leurs sœurs dans le carton où le rude sage de Iasnaïa Poliana dépose le testament de son âme. Ce journal ne paraîtra point de son vivant. J’ai licence de l’entr’ouvrir ici avant le temps lointain où il sera totalement révélé.

Ces pensées et cet écrit sur la guerre ont été traduits par M. J.-W. Bienstock, qui a entrepris, on le sait, la tâche considérable de publier dans notre langue l’œuvre intégrale de Tolstoï. C’est à son obligeance que je les dois. Je l’assure ici de ma gratitude.

G. B.