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ZODIAQUE, s. m. Zone de l’éther que le soleil semble parcourir dans l’espace d’une année, et dont l’écliptique est la ligne médiane. Personne n’ignore que la zone zodiacale, divisée en douze parties, une pour chaque mois, dès la plus haute antiquité, porte en chacune de ces parties un signe qu’on appelle les signes du zodiaque. Ces signes sont : le Bélier (mars), le Taureau (avril), les Gémeaux (mai), l’Écrevisse (juin), le Lion (juillet), la Vierge (août), la Balance (septembre), le Scorpion (octobre), le Sagittaire (novembre), le Capricorne (décembre), le Verseau (janvier), et les Poissons (février). Ces figures correspondant aux mois de l’année sont souvent représentées sur nos monuments du moyen âge, et en regard sont figurés les travaux ou occupations de l’homme pendant chacun de ces mois.

Dès le XIe siècle, les portails de nos églises possèdent des zodiaques sculptés sur les archivoltes des portes.

Nos grandes cathédrales des XIIe et XIIIe siècles sont toutes pourvues de ces signes, sculptés toujours d’une manière très-apparente.

À la porte principale de l’église abbatiale de Vézelay (premières années du XIIe siècle), le cordon de médaillons qui entourent le grand tympan représentant le Christ et les douze apôtres, renferme les douze signes du zodiaque entremêlés des travaux mensuels correspondants. Ce zodiaque est un des plus complets que nous connaissions. La porte de droite de la façade de l’église abbatiale de Saint-Denis montre encore sur ses pieds-droits quelques sujets et signes d’un zodiaque qui peut-être était complet, mais qui a été détruit en partie. Dans ce zodiaque, le médaillon qui correspond au premier mois de l’année représente un homme à deux têtes, l’une vieille, l’autre jeune. Du côté de la tête de vieillard, le bras pousse une petite figure barbue dans un édicule dont la porte se ferme : c’est l’année expirée ; l’autre main attire une figure imberbe hors d’un édicule dont la porte s’ouvre : c’est l’année qui commence.

À Notre-Dame de Paris, sur les jambages de la porte de la Vierge de la façade occidentale, est sculpté un très-beau zodiaque, dont les sujets et signes sont du meilleur style. Ce zodiaque date de 1220 environ.

Des zodiaques sont fréquemment figurés en peinture, sur les vitraux des roses de nos grandes églises des XIIe et XIIIe siècles.

Des zodiaques étaient également représentés sur des pavages. L’église Saint-Bertin de Saint-Orner, celle de l’abbaye de Saint-Denis, celle de l’abbaye de Westminster, possédaient et possèdent encore en partie des zodiaques en mosaïques ou en incrustations de mastics de couleur dans des dalles gravées. Quelquefois ce sont seulement les travaux ou représentations des occupations de l’année (comme à la chapelle de Saint-Firmin, à Saint-Denis) qui remplacent les signes. C’est un homme qui coupe du bois, un autre qui chasse, un troisième taille sa vigne ; puis viennent les mois de la belle saison : un faucheur, un moissonneur, un batteur en grange, un vendangeur, etc. Parfois, dans les édifices d’un caractère civil ; comme les châteaux, les hôtels, les maisons mêmes, des plaisirs remplacent les travaux. Certains mois sont réservés aux banquets, aux jeux ; des personnages se chauffent devant l’âtre d’une cheminée, des jeunes gens tressent des couronnes. On chasse au faucon ou aux lacs ; on pêche, on danse. Il y avait alors comme aujourd’hui, pour les gens de loisirs, une sorte de régularité dans les plaisirs de la ville et de la campagne. Certains zodiaques commencent à Pâques, c’est-à-dire en avril (le Taureau) ; d’autres, celui de Vézelay, par exemple, commencent en janvier (le Verseau). Mais souvent ces signes, dans nos monuments, ne sont pas à leur place. Étant sculptés sur des morceaux de pierre, avant la pose, claveaux ou assises, les ouvriers ne suivaient pas toujours l’ordre dans lequel ils devaient être placés, et cet ordre était interverti.