Dictionnaire pratique et historique de la musique/Quolibet

◄  Quinzième
R  ►

Quolibet, n. m., du latin quod libet, ce qui plaît. Pièce de musique composée de fragments ou de débuts de thèmes empruntés à des morceaux divers et rassemblés pour produire un effet comique. Les mss musicaux du xve siècle renferment souvent des quolibets, ou chansons à textes mélangés, écrits à plusieurs voix. Tinctoris en fait mention, et se sert pour l’un de ses exemples notés d’un Q. anonyme, contenant le début de la chanson de l’Homme armé. Le musicien flamand Jacques Vaët a composé une Missa quodlibetica, à cinq voix. En Allemagne, au xvie s., le Quodlibet et la priamel (voy. ce mot) jouissaient d’une vogue extraordinaire. On étendait le titre de Quodlibet à des textes simplement grotesques ou insensés, tels que le lied « de toutes sortes de nez », celui de la Cuiller, etc. « Il y a de grands nez, de petits nez, de longs nez, de courts nez », etc. : Orlande de Lassus a mis ce texte en musique. On trouve encore une composition sur le même sujet dans un recueil de 1733. Praetorius (1619) le définit une pièce où sont rassemblés des débuts de motets, de madrigaux, et de toutes sortes de musique de lieder allemands. Il y en a de trois sortes : 1o quand chacune des quatre voix a un texte particulier ; 2o quand elles ont des textes démembrés et découpés ; 3o quand toutes les parties ont le même texte, mais qui est brisé et rompu dès qu’un autre arrive. La vogue des Q. se prolongea en Allemagne jusque dans le xviiie s. La 30e et dernière des 30 Variations de Bach, dites parfois Goldberg-Variationen, est un Q. ou pot-pourri contrepointique d’airs populaires. (Voy. Pot-pourri.)