Dictionnaire infernal/6e éd., 1863/Cleidomancie

Henri Plon (p. 173).
Clément  ►

Cleidomancie ou Cleidonomancie, divination par le moyen d’une clef. On voit dans Delrio et Delancre qu’on employait cette divination pour découvrir l’auteur d’un vol ou d’un meurtre. On tortillait autour d’une clef un billet contenant le nom de celui qu’on soupçonnait ; puis on attachait cette clef à une Bible, qu’une fille vierge soutenait de ses mains. Le devin marmottait ensuite tout bas le nom des personnes soupçonnées ; et on voyait le papier tourner et se mouvoir sensiblement. On devine encore d’une autre manière par la cleidomancie. On attache étroitement une clef sur la première page d’un livre ; on ferme le livre avec une corde, de façon que l’anneau de la clef soit dehors ; la personne qui a quelque secret à découvrir par ce moyen pose le doigt dans l’anneau de la clef, en prononçant tout bas le nom qu’elle soupçonne. S’il est innocent, la clef reste immobile ; s’il est coupable, elle tourne avec une telle violence qu’elle rompt la corde qui attache le livre[1].

Les Cosaques et les Russes emploient souvent cette divination ; mais ils mettent la clef en travers et non à plat, de manière que la compression lui fait faire le quart de tour. Ils croient savoir par là si la maison où ils sont est riche, si leur famille se porte bien en leur absence, si leur père vit encore, etc. Ils font usage surtout de cette divination pour découvrir les trésors. On les a vus plusieurs fois en France recourir à cet oracle de la clef sur l’Évangile de saint Jean, durant l’invasion de 1814.

  1. Delancre, Incrédulité et mécréance du sortilège pleinement convaincues, traité V.