Dictionnaire de la langue française du seizième siècle/A (préposition)

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A, préposition. — A s’emploie souvent d’une façon qui s’écarte de l’usage actuel devant certains mots indiquant le temps. — Apres devisoient des leçons leues au matin. Rabelais, I, 23. — Consideroient l’estat du ciel, si tel estoit comme l’avoient noté au soir preeedent. Id., ib. —— Ung Berger, ramenant au soir ses brebis, le trouva assis parmy les pierres. Marg. de Nay, Heptam., Prol. — Vous… nous lirez au matin de la vie que tenoit nostre Seigneur Jésus Christ. Ead., ib. — Le jour s’esteint au soir, et au matin reluit. Du Bellay, Regrete, 53. — M’esveillant au matin, devant que faire rien J’invoque l’Eternel, Ronsard, Resp. à quelque Ministre (V, 411). — J’ay


faict à ce matin, depuis l’aube sonnée. Par le chant de noz coqs, un manche à ma coignée, J. Béreau, Eglogues} 3. — Ou comme l’on voit luire au soir le beau visage De Vesper la Cyprine. Ronsard, Hymne de l’or, (1V, 3 ! t5). — Quand vous serez bien vieille, au soir, à, la chandelle. Id., Sonnets pour Helene, II, 43 316). — Au lendemain… prindrent chemin Gargantua, son precepteur pornocrates et ses gens. Rabelais, I, 16. — Caracalia à l’une foys occist les Alexandrins : à l’autre desfit la compaignie de Artaban. Id., IV, 36.

A s’emploie dans le sens de pour devant un mot indiquant le but : verbe à l’infinitif, nom ou pronom. — A quoy prouver je vous pourrois renvoyer au livre de Laurens Valle contre Bartole. Rabelais T31.0. Nostre unie qui est fori nee à aimer, son affection, estant departie en plusieurs, s’en affoiblit et revient presquesà neant. Amyot, Pluralité d’amis, 2.— Nous sommes nais à Élues-ter la verité. Montaigne, III, 8 (IV, 18). — N’ayant pas de quoy à se faire enterrer. BRAN-T (3, Cap. tsar., Pedro de Toledo (II, 25), — solente main Qui s’estendoit naguere à mandier du pain. Aubigné, Tragiques, I (IV, 36). — mant… IL à paix, non à guerre : animant né à jouissance mirificque de tous fruictz et plantes vegetables, animant né à domination pacifique sus toutes bectes, Rabelais, III, 8. — Ne vois-tu que le jour se passe ? Je ne vy point au lendemain. Ronsard, Odes, II, 10. — Cest animal n’estoit pas na y Un tel service. MONTAIGNE, Ill, 8 (IV, 29). — Vestris môn livre à peu d’hommes et à peu d’années. ID., III, 9 (IV, 94). — Une. troupe d’amoureux qui la reeherchoyent à mariage, Jean de Champ-Repus, Ulysse, Argument. — Pour autant que leur qualité naturelle est ilz font ce à quo ilz sont nez, et non pas ce qu’ilz veulent. Amvot, Hire 21Eatiop.e III (36 r°). — Je ne me pais de l’aure populaire… J’escry à ceux, ceux dy-je, qui vous semblent, Car des sçavans on a la vraye estime. Fourcadel, Œuv. poet., p 142. Qui ne vit aucunement. à autruy, ne vit guere à soy. Montaigne, III, 10 (IV, 126.). — A quoy me tourmentes tu ainsi sans utilité? A. SEVIN, trad. du Philocope d BOCCACE V (98 ro). - Les cm- paignons à chaque morceau le prioient se retirer .qui n'avoient autre response, à quoy in>y ameniez vous? Du FAIL, Bc 1rix. d'Entrapel (1, 27). - Mais à quoy pour les corps ces despences estran es, Si ces corps n'estoient plus que cendres et que fanges? AUBMNÉ, Tragiques., VII 286).

A se place devant un attribut avec le sens de pour, comme, en qualité de. - I l lu y donna femme sa sœur Isis. LE.NIAIRE DE BELGES, nibiliStr., I, 7. - Les humains pourront s'a..sseoir à table avecques nous, et rio Déesses prendre à femmes. RABELAIS, Ili.51 - Le Roy Piolornaeus voulut communiquer l'honneur du diademe royal, et la faire Royne, la demandant à femme. AmyoT, Gracchus 1. - Maint jeune gars à femme me desire. FoRc.An Œuv+ poet., p, 272.. - Drvas.., leur demanda Daphnis à Inary pour Chloé, Amie oT, Daphnis et Chloé, Ill 59 ro). - Irai-je .supplier Pour aux Seigneurs Nomades m'allier, Qu'ai dédaignez i maris si souvent? 1.4;s MA- SURES, Eneide, IV, p. 194. - l'a.voit envoyé pour sçavoir si elle le voudroit à mari. FAUC'EET, II, 17. n nostoc ins- tant furent aussi ii,Taineuz Par ]nea.s Crethon, Orsilochus Lesquels avoient Diocleus pere. SA LM!, Iliade, V, 86 vo. - Cet Alpheus eut ja.dis pour enfant Orsilochus, qui fut Roy triumphant, Lequel apres eut à Fils legitime Diocleus h Prince mal:pardi-ne. Ton pere... Mes freres et mon pere„ eu son injuste guerre, Cruel a faict mourir, pour usurper leur terre : Puis sachant que de droit elle veriolt à niov, A sa bru nie vouloit pour t'en faire le roy. P. DE BRACH, Imitations, Olin-tpe, 63 VÔ. - Affin que tost et sans sejour Cori-vinssent tous ensemb.Ie, pour Choisir à ro:r- celluv d'elitre eulx Qui seroit sen 5 faire faulx tour Le plus triurriphani et pompeux. FIAU.DENt, Apo- logues d'Esope, I I, 22. - [Cae.sail penetra jusques à la grand'iner ()ceane, subjuguant toutes les na- tions qui' paravant ne recognoissoyent point les Romains à seigneurs. 4.zioinroT, César, 12. - Du seul Dieu des Chrestiens humble serf je m'avoue, Et tout autre à. Seigneur que luy je desavoue, Pi- n RACt Plais. de la vie rustique. - Les Sumaritains qui se sont aydez des lettres de Moyse, qui auroient suivy à patron les Chaldaïques. LE LOYER, hris des Spectres, VIII, 7. - J'ay, dit le bon homme, à nom E'.utychus. Amyot, Antoine, 65. Ce Picard a.voit en sa maison une chambrier° assez qui avoit à nom Ali2.011. JEA.N DE LA TAILLE, les Corrivaus, Prologue. - La Royne... enfanta. un fils qui eut à nom j chan, Titr.v ET, COS- Mogr., VII, 2. - Si fut le propos de l'évesque de Grenoble tenu a hon. LOYAL Si•: FiviTEuR, 1- di Bayant, 2. - A l'adventure. que le peuple se voyant victorieux se saoulera facilement de la guerre, et que les Romains.„ auront maintenant a cher un prince dais lxet aimant /a justice. AMYOT, Numa, 6. -- Je n'avois à suspecte ceste prosperité. TillARG. DE VAL 11:1 1S , MértiOireS, p.1 g.


A s'emploie comme de, pour marquer tin rapport d'appa.r Lenance, de possession. - L'espouse a Ju- piter et sa fille Pallas Ont charpenté ma nef. R.ON- SARI),Hymne de t.'alays et de Zethés. - La bien ayinée con nripagne à Pluton estendoit les tendues de toutes parts. LA_RtvEy, trad. de STEAPA.ROLE, Vile Préamb. - Desjà le point du jour peu à peu s'avaliçoiti Et la femme à Tithon son chemin, commençait. DESPORTF.S, Elegies, L. II, Euryks. - Tousjours derriere muy je retourne les yeux, Comme la femme à Lot ayant quitté sa terre, 1n., Sonnets spirituels, 10. Quand la


feutrine à Syphax sans avoir peur des armes Tra- verse librement et soldats et gerisda.rmes. MONT- CH B. P. STIL Nt, la Cartaginoise, III, p..136,. - Maistre ehan je suis le seigneur EL le man.' • Antoinette, BELLEAu, la ReCOn n V - Comme quand fi contreint la main de naine. éprise Du pere aux Dieux soudain son tonnerre laisser. BAÏF+ Ain. Meline, I, A Ronsard (I, 51). - Vous cognais- sez Billette, servante du père à. Susanne. VEY, les Escoliers, I, 2. - Mere à Memnon, ton char d'or jaunissant Arreste un peu. BAÏF, dm. de Meline, 11 (1, 85). - Cette flateresse sacreron'nous en don A la mere à Cupidon? .M.A.GNYt GaydeZ, p. 4. - Tousjours la mere Memnon te caresse. BELLEAU, Bergerie, 2e journ, la Cigale, Fils i D eesse, à ton meilleur avis Que te semble-il maintenant estre à faire? DFs MA- SURES, Eneid-e, I, p. 42. - Consequen-tment louons pour son mente La fille unique a Cesar Ires sa.tré. LET•IAIRE DE BELGES, Chan$0.01S de Na- mur. - Dieu Bard la fille au roy Loys, Qui me re- çoit quand on me chasse. MA ROT, Épiseres, 44. Vien, Prince, vieil : la. fille au Roy de France Vela estre tienne. "ID., Chants. divers, 9.- Europe alors la pucelle tendrette Fille à Phenix dormoit en sa chambrette, BAÏF, PoemeN, L. IX (H, 422}, Voici venir Cassandre la pucelle Fille à Priam. DES MASURES, Eneirde, II, p. 82. - Il n'est pas temps d'ainsi pleurer, Juturne, Ce lui dit fors Jun°, fille à Saturne. ID., ib., XII, p.. 622. - La fille à Pharaon, merveille de son temps, Agençoit ses cheveux. Di BARTAS, 2e Semaine, 4e Jour, Le Magnificence. - La fille àSeianus. MONTAIGNE, III, I (III, 255). - C'est nostre cher, le duc de Nemours, nepveu de nostre prince et frère à vostre royne. LOYAL SERVITE.U.R„ Hist. de Dayan, 54. - Je iuy dy que restois le frère à Marie. LA- RIVEY p le Laquais, IV, 1t - Lune est madame Si- cambrie soeur au Roy Priana... et lautre est ma- dame Theano soeur a la Royne Hecuba. LE Cri AIRE mI BELnES, illustr,, I, 41. - La sœur au Dieu Phebus ne Ille dedaigne pas. B141Eittr, Eglogues, 4. - Madami de Fontaines... soeur à feu M. de Tor- cy. BRANTôer[E, Ca,p. estr., le Conte .e..rliguemone 163). - Aussi fauldra peindre sur ce tumbel L'antique histoire au beau Luciabel. MAROT1 Epi- replies, 10. - Secondement fois l'histoire a Clo- taire, Roy des Françoys. J. BOUCHET, Epistres morales du. Traverseur, 11,11. - Sur la. bouche à Madame... J'alloy cueillant un baiser savoureux. BELLEAU, Petites Inventions, Amour rnetlecin> - on aine} tu te pers, et. t'enfuis esgaree Sur la bouche vermeille à, ma belle maistresse. ID., Bergerie, 2e Journ., Baisers.

A s'emploie dans le sens d'avec, pour marquer l'accompagnement, le moyen, la manière. « Je tire i vous de l'erbalestre, » c'est a dire 7 « Je tire- ray avec vous de l'erbalestre. » FABni, Art de nhe- tor., I, ta. - Themistocles à peu de gens les des- confit. RAD E LAS, II! 2G,- Que] appetit et visage de chasse s'estoit reservé celny de ses ancestres qui Wallon jamais aux champs à moins de sept mille fauconniers? MoxrAtGrit, I, 42 (I, 362-363). Ce que voyans eeulx qui le servoyen.t, le lieront à gros cables. likrumAis, il, 4, - Voyez là les Geans.... Donnez dessus à -vostre mast gualante- ment. ID9 III 29.- On ses ouvroit parie mylieu et fermait à un ressort. In., II, 33. - Le Darda..nois contre ces pars éparses Va de furie. A son glaive inhumain, D'Auxur en bas mite ia senestre main, Et tout le tour de l'écu avalla. DES MASURES, Eneide, X, p, 528, - Les gourmands font leurs fosses à leurs dents. Proverbe, dans H, EsTIENT'llE Preccitence, 211.. - Qui ha mes-0er du feu, à son doit le quiert. Ib., 220.. — A difficulté> seroys je receu en la premiere classe des petitz grimaulx. RABELAIS, II., 8.

Chez certains écrivains gascons, à s’emploie souvent d’une manière explétive, devant des compléments qui, dans l’usage ordinaire, ne sont précédés d’aucune préposition. — Si vous avez envye de me veoir, je l’ay encores plus grande, sans comparaison, de vous veoir à vous que vous à moy. MONLUC, m Lettres, 202. — J’ay prié le sieur de Moreau… d’aller de ma part vers voz Majestés pour vous faire entendre au vray lestai des af- faires de deça… vous suppliant très humblement le vouloir entendre comme à moy-mesmes. ID., ib., 245. — S’il entroiet dens la rue, la compaignie qu’estoiet dens la ville les tliueroiet ou à leurs chevaulx. ID., Commentaires, L. I (I, 117). — Il mlaymoit autant qu’à cappitaine de France. ID., ib., L. Il (I, 253). — Desquels n’y moreust que M. d’Assier, que ra, ymois plus qu’à moy-mesmes. ID ib. (I, 256). Les aultres soldatz appelloinet aux nostres pioniers gastadours. 1 1)„, ib. (I, 210). — Les Huguenotz pensarent en eschapper à bon marché, et que je ne les punirois pas à eulx. ID., ib., L. V (III, 72). — Il me devoit par raison mieulx ayrner que non à ceulx qui le conseilloient de faire au contraire de ce que je luy In., ib., L. VII (III, 340). — Je les vous donne dong ; mais non pas pour les voir Vous tuer comme à moy. P. DE BRACH, Arni5Frir d’Aymee, L. II, S. 16. — Je vous invoquerai, ô saint trou- peau des Muses, Et à toi, Delien. ID., Poernes et Mesl., L. III, Ekg. 1. — faut, il faut qu’aveugle Ion l’appelle, Et non à moy, qui aveugle estimé Du peuple aveugle, aveugle suis nominé. ID., Imitations, Aminte, Prol. — Nous leur donnons [aux animaux] un ires grand avantage sur nous, de faire que Nature par une douceur maternelle les accompaigne et guide, comme par la main, à toutes les actions et cornmoditez de leur vie, et qu’à nous elle nous abandonne au hazard et à la fortune. MONTAIGNE, 11, 12 (II, 171). — Le Latin me pippe par la faveur de sa dignité, au delà de cequi luy appartient comme aux enfants et au vulgaire. ID., Il, 17 (III, 22). — Nous disons d’aucuns ouvrages qu’ils puent à l’huile et à la lampe. ID., 1, 10 (1, 50). — Je hay à mort de sentir au flateur. In., I, 39 (I, 322). — Je le menay [Montaigne] en ma chambre, où j’avais son Livre l ; et là, je luy monstray plusieurs manieres de par- ler familieres non aux François, airs seulement aux Gascons, Un Paie-rostre, un Debte, un Couple, un Rencontre, les bestes nous fiaient, nous requierent, et non nous à elles, ces ouvrages sen.tent à l’huile et à la lampe. E. PASQUIER, _ Lettres, XV1I1, 1.

A se rencontre" devant le second terme d’une comparaison. — Il est greigneur nampas de cor- pulence Mais de sçavoir a Homere et Hortense. MICHEL D’AmB o isE Complaincies de l’Esclave fortuné, 57 y0.

A entre en composition dans des adverbes, des prépositions et des conjonctions :

A bas, V. Bas.

A ce que. Afin que. Et le feray imprizner à ce que chascun y apreigne comme je ay blet. RAB E- LMS, II, 20. — A ceste fin j’ay composé ce present livre. Et premierement Pay mis en latin : à ce qu’il peust servir à toutes gens diestude, de quelque nation qu’ilz feussent. Argum. —Dieu leur a donné quelque petite sa- veur de sa divinité, à ce qu’ilz ne prétendissent ignorance pour excuser leur impieté. ID., ib.,


II, p. 58. — Je rnettray la crainte de mon nom en leurs cœurs, à ce qu’ilz ne se destournent point de moy. ID., ib., p. 75. — Le Seigneur a envoyé à. son peuple de la viande celer te par la main de Moyse, à ce qu’il ne perist point de faim. In., ib, VII, p. 437. — Celuy qui a limité nostre vie… nous a faict prevoir les periiz, à ce qu’ilz ne nous peussent surprendre. ID., ib., VIII, p. 506. — Il est expedient que des bectes si dangereuses soyent marquées, à ce que chacun les congnoisse, de peur d’en recevoir dommage par faute d’ad- vertissement. ID., Contre les Libertins, fi (VII, 161). — J’ay… depesc1i Malicorne : à ce que par luy je soys acertainé d’ton portement. RAB Fi — LAIS, IV, 3. — Les dames… s’esclatterent de rire, et feirent signes aux paiges, à ce qu’ilz houstassent leurs atours. ID., IV, 10. — Pantagruel… corn.. monda… toutes les munitions des naufz estre en terre exposees, à ce que toutes les chorrnes feissent chere lie. ID., IV, 25. — Pantagruel /ours feint une briefve remonstrance, à ce qu’ilz eussent à soy monstrer vertueux au combat. ID.p IV, 37.. — A ce qu’il ne te semble que je parle à credit, je Vallegueray mon a_uilieur. TA I-I UREAU ler Dial. du Democritic, — Les autels et temples ne sont inventez à ce qu’il soit loisible aus meschans d’y tuer les bons. L. LABÉ, Rebat de Folie et d’Amour, Disc. 5. — Comme ceulx d’Athenes eussent con- damné Athenodorus à l’amende… il pria Alexandre de vouloir escrire pour luy, à ce que l’amende luy fast remise. Amyot., Alexandre, 29. — Tu me pries que je te gouverne et que raye coing de toy, à ce que tu ne sois pauvre et souf- freteux de tout point. LA BOÉTIE, Mesnagi de ’Ven., 5. — Voicy le médecin que j’avais mandé à ce qu’il vint voir sa maladie avant qu’elle s’en allant aux champs. JEAN DE LA TAILLE, les Corri- paus, 111, 1. — Jacob servit quatorze ans Laban, fils de Nachor, à ce qu’il peut avoir à femme Ra- die’. CHOLIÈRES, 5° Matinée (p. 199). — En ceste conséquence fut le serpent d’aerain eslevé par v sur un long-boys à ce que ceux qui es- toient mords du serpent, en le voyant seulement, fussent gueris. Du FAIL, Contes d’Eutrapel, 34. — Je diraipareillement quelque chose de la Chasse, et des autres exercices du Gentilhomme, à ceque nostre vertueux Pere-de-famille, en faisant ses affaires, se recree honestement. O. DE SERRES., Theatre d’Agric., Préf. — Licurgus ordonna que les filles vierges fussent mariées sans douaire d’ar- gent, à ce que les hommes les espousassent par leurs vertuz, non pour l’avarice. BRANTÔME, des Dames, II (IX, 698). — Ceux du chasteau… sur la n-uict traittoyent avec le capitaine Caesar, qui estoit en garde de ce costé, à ce qu’il les laissast sortir pour une somme d’argent. AuBiGra, Hist. Unie., III, 1L

A certes, Acertes, Adcertes, V. Certes. A coup, Acoup, Y. Coup.

A dens, A dent, Y. Dent.

A Verte, v. Alerte.

A mont, V. Amont.

A par, v. Par.

A stheure, Asteure, Amure, v. Heure.

A tant,’liant, Y. Tant.

A tard, Atard, v. Tard.

A tout, Atout. Avec (Tout ne sert qu’a renforcer la préposition à qui signifie avec). — Préposition. A tout sert à marquer l’accompagnement, la ca- ractéristique, le moyen.

A tout, préposition marquant l’accompagne- ment. — Elle arriva finablement saine et sauve en la ceste de Bisquaye, à tout trois ou quatre na- vires seulement. LEMAIRE DE BELGES, Couronne Margaritique (IV, 89). — A tout ceste grande, noble et puissante armee, l’empereur Osiris circuyt toute la terre universelle. Id., Illustr., I, 7. — Il partit d’Egypte à tout une grosse armee. Id., ib., I, 8. — Je seray après vous à tout le reste de la compaignie. Loyal Serviteur, Hist. de Bayart, 53. — Pour remuer encor en France avec le prince d’Orange, qui venoit d’Allemaigne à tout une grosse armée. Brantôme, Cap. franç., le Mareschal de Cossé (IV, 88). — Des peaux de vos ouailles à tout leurs toisons espesses et drues, vous ne vous pouvez bonnement passer, Lemaire de Belges, Illustr., I, 22. — De l'espaule dextre luy pendoit escharpe son carquois fait de cuir de bivre à tout le poil. Id., ib., I, 42. — A ce jour la y a plusieurs jeunes hommes… qui courent tous nuds parmy la ville, frappans par jeu et en riant avec des courroyes de cuir atout le poil, ceulx qu’ilz rencontrent en leur chemin. Amyot, César, 61. —Dessus le flanc la belle panetiere A tout le poil, la trompe forestiere Au ventre creux. Belleau, la Bergerie, 1re Journ., la Chasteté. — Puis à tout son baston de croix guaingna la broche qu'avoient faict les ennemys. RRabelais, I. 27. — Estant si fort esperdu de frayeur, que de se jetter à tout son ensceigne hors de la ville, par une canonniere, il fut mis en pieces par les assaillans. Montaigne, I, 17 (I, 76). — Les plus jeunes vont à la chasse des bestes, à tout des arcs. Id., I, 30 261). — Le meilleur sera de les planter à-tout leurs racines, sans rien leur roigner, O. de Serres, Theatre d’Agric., III, 4.

A tout, préposition marquant la caractéristique. — Le noble vieillard à tout sa barbe chenue se jetta aux genoux du jeune Duc Achilles. Lemaire de Belges, Illustr. II, 19. — Sur ceste entreprise Vint arriver (à tout sa barbe grise) Un bon vieillard. Marot, Epistres, 2. — Frerot à tout son accoustrernent de velours incarnat… et Fabritio avecque sa couronne de laurier. Rabelais, Sciomachie. — Là veismes des Procultous et Chiquanous gens à tout le poil. Id., IV, 12. — Voila une description qui retire bien fort à l’equippage d’un homme d’armes François, à tout ses bardes, Montaigne, II, 9 (II. 106), — Le roy de Navarre, qui venoit que de fraiz dresser sa garde, pria Monsieur qu’elle fist la première poincte, qui la fit très-bien ; et la fit beau voir atout leurs beaux mandils neufs de vellours jaune, avec du passement d’argent et noir. Brantôme, Cap. franç., M. Louis de Nevers (IV, 382-883).

A tout, préposition marquant le moyen. —Paris Alexandre voyant le Soleil abaissé… recueillit à tout sa lkoulette ses troupeaux de brebis, chievres et moutons.F.J.sparse Lemaire de Belges, fileeir., 1 35. — Les autres rfemine.s des Cimbres] se pendirent aux arbres prochains, aux timons de leurs chariotz, —voire à tout leurs cheveux mesmes par faulte de cordes. Id., ib., III, — Eu grande peine se °nanan pour prendre tout. ]a. langue quelque lippee. Rabelais, t.t. — Je luy baillis si vert dronos sur les doigts à tout rnon javelot qu’il n’y retourna pas deux fois. Id., II, 14. — Jamais Ma.ugis hermite ne se porta si vaillamment à tout son bourdon contre 1es Sarrazins… comme foist le moine à l’encontre des ennemys avec le baston de la croix. Id., I, 27. — A tout une si faible puissance, qu’il se trouva entre mains à l’entree de ceste guerre… iI conquit de grands pais, et prit plusieurs bonnes villes. Amyot, Sertorius, — Les soldatz… l'emmenerent elle et ses best.us, en la. clia.5sant devant eux à tout de razier, comme on feroit une chevre ou mie brebis. ID., Daphni$ et Chioé, L. II (31 r°).


— Nul ne fui veu., qui n’essaiast en son dernier souspir de. se venger encores : et à. tout les armes du desespoir consoler sa. mort en 1 ; 1 mort de quelque ennemy. Montaigne, 1, 1 (I, 8). — faut retenir à tout nos dents et rios grilles l’usa.ge des plaisirs de la vie, que. nos ans nous arrachent des poings. Id., I, 38 (I, 313). — Ce fut luy [Pornpeiusi… que Sertorius battit en Espaigne à tou.t ces belles armes, qui ont aussi servy Enmenes contre Antigonus. II, 12 (I/, 200). — Nails voyions depuis… Androdus conduisant ce lyon tout une petite. laisse. Id., ib. (tI, 204). — Les Caunieusw prennent armes ers dos… et vont courant toute leur banliene, frappant l’air par-cy pa.r-là, à tout leurs glaives, IL, ib. (II, 282). L’esteuf, il le prend à la main gauche, et In pousse à tout sa raquette. ID., ib. (Hi se2. — Ils onrt une grande abondance de chous cabus, qu’ils hachent menus à tout un instruirient expres. ID., Journal de voyage, p.. 105. — ne font pas tant malitieusement, que lourdement et grosslerement, les ingenieu-x, à tout leur mesdisance. ID., 1, 36. 0, 292).

A tout, adverbe, marquant une idée d’accompagnement. — Et de fait luy osta le demorent de son dra.p et s’en va à tout. Nicolas de Troyes, Grand Parangon, — Ce levrier avait ceste astuce que de la patte il renversoit Ie pot qui bouilloit au feu et en prenoit la. chair, et s’en alWit à tOUt. DES PErliEltS5 Recr.„ 18. — il gaigua un bon butin, et s’en retourna atout en nsle de Samos. AbiYo ; trad. de DIODORE, XIII, VI. Les Beotiens… ayant pris aucunes petites \rillettes, et gaigué grande quantité de butin, s’en retournerent à tout au pa>rs de la Beoce. Id., ib, , XVI, 13. — Theseus et Pirithous s’en allerent ensemble en la ville de Lucedaèrnone, là ou ilz ravirent Helene… et s’en fouirent à tout. Id., Thésée, ai. — Les Vestales… prirent sur elles ce qui estoit le principal et le plus digne, et s’en fouirent à tout le long de la riviere, Caenale, 21. — y en eut soixante el ; dix huit qui ailerent en une rostisserie, ou az saisirent des broches, des coupperets et cousteaux cuisine, et se jetterent hors de la ville atoul„. Id., Crassus, 8. [Alexandre] ayant occis de son espee deux des Barbares qui esloyent couchez a.0 long du ieu, y ravit un tizon, et s’en recourut atout vers ses gens. Id., Alexandre, 24. — Je voyois Chloé à mon aise, et maintenant Lapes qui l’a ravye s’en va à tout. Id., Daph.n et Cht0d1 IV (77 r°). — Si ne me sentoy-je troublé Tant qu’avoy le ventre à la table, Mais je n’ay eu ferme ny stable le pas ny J’esprit atou.t Depuis que ray esté debout. Baïf, l’Eunuque, IV, 5.

A tout, adverbe, se rencontre aussi pour expri-mer ridée de moyen. — Il a esté si fin, QUe de nouer bout contre bout Deux grandes nappes, pour à tout En la cave me devaler. Baïf, le Brave, III, 2.

A val, v. Aval.