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Œuvres complètes - Tome IIIVaniervolume III (p. 233-234).

V


À William Heinemann.


Mon âge mûr qui ne grommelle
En somme qu’encore très pou
Aime le joli pêle-mêle
D’un ballet turc ou camaïeu

Ou tout autre, fol et sublime
Tour à tour comme en même temps
Surtout si vient la pantomime
S’ébattre en jeux concomitants,

Jeux de silence et de mystère
Que la musique rend déjà
Plus muets, et dont l’art va taire
Mieux le secret, qu’il ne lâcha

Qu’à l’oreille de Colombine
Ou de l’indolente Zulmé :
Pour l’amant, qu’il se turlupine
Donc à tort ! Puisqu’il est l’aimé !


La jalousie, — un sultan sombre
Et piteux sous l’or du caftan,
Scaramouche tout noir dans l’ombre,
Ou tel splendide capitan, —

Se démène parmi les danses
D’épithalame et de joyeux
Pourchas légers entre les denses
Ronds de jupe essorés aux cieux,

Plaisirs des yeux, plaisirs de tête
Qu’un vif orchestre exalte encor,
Donnez au vieillissant poète
L’illusion dans le décor.