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Dédicaces/Au comte Robert de Montesquiou-Fezensac

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Œuvres complètes - Tome IIIVaniervolume III (p. 205).

CI

AU COMTE DE MONTESQUIOU-FEZENSAC


Le poète infini qui, doublant et triplant
Les nuances, sonda jusques à nos scrupules,
Crevant les mauvais arguments comme ces bulles
De savon qu’il suffit de détruire en soufflant.

Le voilà, composant d’un geste sobre et lent,
Un bouquet frais cueilli, lors des doux crépuscules
Tombant, « dahlia, lis, tulipe et renoncule »
Et toutes fleurs au monde et par delà, relent

Mystique qu’il fallait pour compléter la fête
Parfumée où le mage exquis nous conviait,
Et dont nous jouissions d’un frisson inquiet.

J’admire le penseur subtil et l’âpre esthète
Des pensers voletant comme chauves-souris,
Mais j’aime le fin enchanteur aux sorts fleuris.