Correspondance de Voltaire/1722/Lettre 70

Correspondance de Voltaire/1722
Correspondance : année 1722GarnierŒuvres complètes de Voltaire, tome 33 (p. 80).
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70. — À M. THIERIOT[1],
au bout du quai des orfèvres, vis-à-vis le cheval de bronze.

À Ussé.

Mon cher ami, comme je crois que je serai obligé de revenir incessamment à Paris, je vous supplie de m’envoyer une lettre de change de 20 pistoles sur la recette générale de Tours. Vous n’avez qu’à prendre 200 livres sur le produit des souscriptions ; je les remplacerai à mon retour, car c’est un dépôt sacré auquel je ne veux pas toucher. Il faudra porter cet argent dans la rue Colbert, derrière la Banque, proche de Mme de Lambert, chez un nommé M. de Saint-Marc. Vous vous adresserez à M. Paulart, qui demeure chez ledit Saint-Marc, Ledit Paulart est frère d’un autre Paulart qui est ici, à Ussé : ce que vous lui ramentevrez, afin qu’il fasse la chose de bonne grâce. Au reste, vous le prierez de mettre la lettre de change payable à vue à moi seul. De plus, nota que ledit Paulart n’est visible qu’à dix heures du matin. Voilà bien des sottes commissions que je vous donne ; mais il n’y a rien de petit en amitié.

On me mande que monsieur le garde des sceaux[2] est fort malade. Il me rend service dans mon affaire : vous verrez que je serai assez malheureux pour qu’il meure. Je suis persuadé que mon étoile lui portera malheur. Adieu. Écrivez-moi donc.

  1. Éditeurs, Bavoux et François.
  2. Fleuriau d’Armenouville, disgracié en 1727, mort en 1728.