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Correspondance 1812-1876, 5/1869/DCCX



DCCX

AU MÊME


Nohant, 4 décembre 1869.


J’ai refait aujourd’hui et ce soir mon article[1]. Je me porte mieux, c’est un peu plus clair. J’attends demain ton télégramme. Si tu n’y mets pas ton véto, j’enverrai l’article à Ulbach, qui, le 15 de ce mois, ouvre son journal, et qui m’a écrit ce matin pour me demander avec instance un article quelconque. Ce premier numéro sera, je pense, beaucoup lu, et ce serait une bonne publicité. Michel Lévy serait meilleur juge que nous de ce qu’il y a de plus utile à faire : consulte-le.

Tu sembles étonné de la malveillance. Tu es trop naïf. Tu ne sais pas combien ton livre est original, et ce qu’il doit froisser de personnalités par la force qu’il contient. Tu crois faire des choses qui passeront comme une lettre à la poste ; ah bien, oui !

J’ai insisté sur le dessin de ton livre ; c’est ce que l’on comprend le moins et c’est ce qu’il y a de plus fort. J’ai essayé de faire comprendre aux simples comment ils doivent lire ; car ce sont les simples qui font les succès. Les malins ne veulent pas du succès des autres. Je ne me suis pas occupée des méchants ; ce serait leur faire trop d’honneur.

Quatre heures. Je reçois ton télégramme et j’envoie mon manuscrit à Girardin.

G. SAND.

  1. Sur l’Éducation sentimentale.