Contre les artistes imitateurs

De Stijlvolume 5 No 6 (p. 95-96).


THEO VAN DOESBURG


contre les artistes imitateurs.

La vie se manifeste comme la nature et de l’esprit.L’art s’occupe de la vie.
Le propre sujet de l’art (en générale) est l’unité.
L’unité de la nature et de l’esprit est la réalité.
L’art des siècles passés (des Assyriens, Egyptiens, Grecs et des Rénaissancistes) était caractérisé par la domination de la nature.
Les artistes partaient de la nature visible. Dans les périodes les plus meilleures on tâchait de pénétrer plus profondément dans la nature.
Partant de la nature visible on créa toute une culture de la forme extérieure. L’autre part de la réalité, c. à. d. la nature intérieure (non-visible ; dit l’esprit) fut symbolisée par la transfiguration humaine (ange, diable, dieu, dragon, sirène etc.) ou par des accessoires : dans les plis d’un costume, dans une fleur, un animal (une colombe, un lézard etc.), un objet. Mais le sujet aesthétique était principalement l’unité.
L’art partant de l’unité ne peut réfléter par soi-même rien d’autre que l’unité ou l’harmonie.


Tout plus l’artiste copiait la nature (indifféremment du sujet qu’il traitait) par l’intuition, spontanément ou par les moyens scientifiques, plus constructif.
L’époque ou la nature visible était le point de départ se prolonge jusqu’au dix neuvième siècle et peut être consideré comme l’âge de l’art enfantin et imitatif.
L’artiste avait pour but de créer une harmonie à la façon de la nature et de la science.
L’art du XIXe siècle quel eut son siège en France et choisit pour dévise : „la nature vue à travers le tempérament” est la transition de l’art subjectif. Maintenont l’art „moderne” tâche de créer une culture de la forme Intérieure.
L’artiste partait du contenu (spéculatif) de la nature c. à. d. de l’esprit. La nature visible fut un élément intermédiaire. L’artiste travaille de dedans vers dehors au lieu de dehors vers dedans.
L’art nouveau est plus exact que l’art antique, parce qu’il est moins de la nature.
Par les siécles passés la forme naturelle n’a été qu’une béquille avec laquelle l’art marchait vers la création de l’harmonie esthétique.
Dans la XXe siècle l’artiste à besoin de détruire cette béquille ; il veut aller tout seul. L’artiste veut créer une harmonie à la façon de l’art, c. à. d. par son propre moyen d’expression. Il crée Immédiatement par les rapports équilibrés des contrastes vers une unité plastique.
Alors cette époque laquelle est commencée aujourd’hui doit être nommée d’une nouvelle plastique.


Ne marchant que par cette voie l’art peut être indépendant.
Ne marchant que par cette voie, l’art peut atteindre son but : de créer une expression determinée de l’unité par les propres moyens des arts (la couleur : pour la peinture ; le volume : pour la sculpture et l’espace : pour l’architecture).
L’œuvre d’art devient un objet indépendant et réel.
Fut, vers l’expression de Michelet la Rénaissance la révélation du monde et de l’homme, le siècle du néo-plasticisme est la révélation de l’unité : nature-esprit.


L’art de la génération future sera l’expression collective par l’organisation et la discipline des moyens plastiques vers une unité réelle.