Chansons républicaines


le citoyen Bureau
Chansons républicaines
imprimées aux frais d’un banquet fraternel.
Tarbé et fils.

CHANSONS
RÉPUBLICAINES,


Imprimées aux frais d’un banquet fraternel.




CHANSON PATRIOTIQUE.

Sur l’air du pauvre Jacques.


PAUVRE peuple, sous tes anciennes loix,
   Tu manquois de tout sur la terre :
Tous ces tyrans que tu nommois tes rois
   Voyoient sans frémir ta misère.(Bis.)

Mais à présent ton bonheur est certain,
      Si la saine raison t’éclaire ;
      Sois bon, sois juste, sois humain,
      Tu seras maître de la terre.

Pauvre peuple, etc.

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Tu méprises tes lâches oppresseurs ;
      Tu ris de leur vaine colère ;
Tous ces brigands qu’on appeloit seigneurs
      Sont privés de tout sur la terre.(Bis.)

Mais si tu veux ne pas perdre tes droits,
      Ni plus connoître la misère,
      Sois toujours esclave des loix,
      Tu seras heureux sur la terre.

Pauvre peuple, etc.

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Ces rebelles dédaignent les lauriers :
      C’est une horde sanguinaire,
Qui ne veut que massacrer tes guerriers,
      Te replonger dans la misère.(Bis.)

Brave peuple, tu as bien commencé ;
      Mais si ta dignité t’est chère,
      Aime tes loix, ta liberté :
      Ce sont les seuls biens de la terre.

Pauvre peuple, etc.

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Sois modeste dans tes plus grands succès,
      N’oublie pas ta longue misère ;

Ne te venge jamais par des forfaits ;
      Laisse agir une loi sévère.(bis.)

C’est en aimant et tes droits et tes loix,
      En reprenant ton caractère,
      Que tu seras vainqueur des rois,
      Et législateur de la terre.

Pauvre peuple, etc.


Par le C. Bureau, homme de loi.


AUTRE CHANSON.

LE POUR ET LE CONTRE.

Sur l’air du vaudeville de l’opéra des Dettes.


LES despotes sont les amis
De nos perfides ennemis ;
      C’est ce qui nous désole :(bis.)
Mais nous méprisons leur fureur,
Nous sommes unis par le cœur ;
      C’est ce qui nous console.(bis.)

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      On leur a fait passer notre or,
On a pillé notre trésor ;
      C’est ce qui nous désole :(bis.)
Mais nous possédons des vertus,
Leurs efforts seront superflus ;
      C’est ce qui nous console.(bis.)

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      Souvent on a vu nous trahir
Ceux qui juroient de nous servir ;
      C’est ce qui nous désole :(bis.)
Mais nous les veillons de si près,
Qu’ils n’ont que de légers succès ;
      C’est ce qui nous console :(bis.)

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      Il est parmi nous des méchans,
Plus dangereux que les tyrans ;
      C’est ce qui nous désole :(bis.)
Mais sourds aux cris de la raison,
Ils tremblent au bruit du canon ;
      C’est ce qui nous console.(bis.)

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      Nous connoissons trop peu nos loix,
Ces loix si fatales aux rois ;
      C’est ce qui nous désole :(bis.)
Mais nous aimons la liberté,
La douce et sainte égalité ;
      C’est ce qui nous console.(bis.)

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      Les tyrans, ces êtres pervers,
Font tout pour nous rendre nos fers ;
      C’est ce qui nous désole.(bis.)
Mais nous serons toujours unis,
Toujours frères, toujours amis ;
      C’est ce qui nous console.(bis.)


Par le même.



AUTRE CHANSON.

LE PLAISIR ET LE DEVOIR CONCILIÉS.

Air connu.


L’AMOUR dans le cœur d’un François,
L’amour est le bonheur suprême :

Tous ces instans sont pleins d’attraits
Auprès de la beauté qu’il aime ;(Bis.)
Mais au premier son du tambour
                 Il sacrifie
                 A sa patrie
Son bien, sa vie et son amour.

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      A s’acquitter de son devoir
Un bon François trouve des charmes :
De son amante au désespoir
Lui-même il essuye les larmes ;(Bis.)
Mais etc.

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      Tout homme sage avec regret
S’arme pour frapper et détruire ;
Toujours actif et toujours prêt,(Bis.)
Des maux de la guerre il soupire ;
Mais etc.

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      Qui sait délivrer son pays,
Est vu comme un Dieu sur la terre ;

A l’objet dont il est épris
Le François est jaloux de plaire.(Bis.)
Mais etc.

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      J’aime qu’on désire la paix :
Aux humains elle est nécessaire ;
J’aime qu’au déclin d’un jour frais
On s’égaye sur la fougère ;(Bis.)
Mais je veux qu’au son du tambour,
                 On sacrifie
                 A sa patrie
Son bien, sa vie et son amour.



COUPLETS
Adressés aux soldats de l’armée
révolutionnaire.
Même air


VOUS qui volez au champ d’honneur,
Braves révolutionnaires,

Chantez et de bouche et de cœur
Avec vos amis et vos frères :(Bis.)
Vive, vive l’égalité !
                 Avec constance,
                 Persévérance,
Nous défendrons la liberté !


FIN.
SENS, Ve. Tarbé et fils, Imprimeurs du District.
L’an II.