Chansons du Chat noir/Le Banquet des maires

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Banquet des maires.

Mac-Nab ()
Henri Heugel (p. 19-26).


No 2

LE BANQUET DES MAIRES



melody = \relative c' { 
  \key f \major
  \time 4/4
  \tempo "Mouvt. de Marche."
\set Score.tempoHideNote = ##t
    \tempo 4 = 110
  \autoBeamOff 
a'4^\mf a8. g16 f8. g16 a8. bes16
c2 r
a4 a8. g16 f8. a16 d8. c16 | \break
c4. (bes8 g4) r
a4 a8. g16 f8. g16 a8. bes16
c2 r4 c8 c16 c
c4 c8 c16 c b4 (e) | \break
a,2 r
bes4^\p bes8. a16 g8. a16 bes8. c16
a2~ a8 f f f
aes2~ aes8 aes g f | \break
c'2~ c4 r
a4^\mf a8. g16 f8. g16 a8. bes16
c2 r
a4 a8. g16 f8. a16 d8. c16 | \break
c4. (bes8 g4) r4
a a8 a bes8. bes16 b8. b16
c8. c16 c8 c d8. c16 bes8 g
c1
f,2 r \bar "|."
}
text = \lyricmode {
En -- fant gâ -- té de mon can -- ton, 
De -- puis qua -- torze ans je suis "mai - - re," 
Bien que je me flat -- te, dit- on, 
D’être un peu ré -- ac -- ti -- on -- nai -- re.
Un beau ma -- tin, mon -- sieur Flo -- quet—— 
Me dé pêche u -- ne cir -- cu -- "lai - - re :" 
Il me con -- vie au grand ban -- quet 
Que nous of -- fre le mi -- nis -- "tè- - re,"
Il me con -- vie au grand ban -- quet 
Que nous of -- fre le mi -- nis -- tè -- "re !"
}
upper = \relative c'' {
  \clef treble
  \key f \major
  \time 4/4
r4 <c, f a> <c f a> <c f a>
r4 <c f a> <c f a> <c f a>
r4 <c f a> <c f a> <c f a> | \break
r4 <c g bes> r <c e bes>
r4 <c f a> <c f a> <c f a>
r4 <c f a> <c f a> <c f a>
r4 <c e a> r <d e gis> | \break
<c e a>2 r
r4 <c g' bes> r <c e bes'>
r4 <c f a> <c f a> <c f a>
r4 <b f' aes> <b f' aes> <b f' aes> | \break
<c e g>4 c (c' c,)
r4 <c f a> <c f a> <c f a>
r4 <c f a> <c f a> <c f a>
r4 <c f a> <c f a> <c f a> | \break
r4 <c g' bes> r <c g' bes> 
<f a>2 <f bes>4 <f b>
<f c'>2 <d g d'>
<f a c> <bes, c e> <a c f> r
}
lower = \relative c' {
  \clef bass
  \key f \major
  \time 4/4
<f,, f'>1^\mf <f f'> <f f'> | \break
e'2 c <f, f'>1 <f f'> e'2 e, | \break
a4 c e a e r c r f1 des | \break
c4 r r2 <f, f'>1^\mf <f f'> <f f'> |\break
e'2 c <f, f'> <g g'>4 <gis gis'> <a a'>2 <bes bes'> <c c'> <c, c'> <f f'> r
}
\score {
  <<
    \new Voice = "mel"
    {  \autoBeamOff \melody }
    \new Lyrics \lyricsto mel \text
    \set Lyrics.instrumentName = #"Chant"
    \set Staff.midiInstrument = #"piccolo"
    \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"Piano"
      \new Staff = "upper" \upper
      \new Staff = "lower" \lower
    >>
  >>
  \layout {
    \context { \Staff \RemoveEmptyStaves }
    indent = 0.5\cm
    \override Rest #'style = #'classical
    \override Score.BarNumber #'stencil = ##f
    % line-width = #120
    \set fontSize = #-1
  }
  \midi { }
}
\header { tagline = ##f}




LE BANQUET DES MAIRES


Chansons-du-chat-noir-p23.png


Enfant gâté de mon canton,
Depuis quatorze ans je suis maire,
Bien que je me flatte, dit-on,
D’être un peu réactionnaire.
Un beau matin, monsieur Floquet
Me dépêche une circulaire :
Il me convie au grand banquet
Que nous offre le ministère !

« Je t’en prie, Hector, n’y va pas,
Me disait en pleurant ma femme.

Ils ont inventé ce repas
Pour se faire de la réclame ! »
Mais je lui répondis : « Tais-toi,
Joséphine, c’est mon affaire.
Je ne suis pas fâché, ma foi,
De voir de près ce ministère ! »

Chansons-du-chat-noir-p24.png

Je pars la veille du grand jour
Suivi de toute la fanfare,
Les pompiers viennent à leur tour
M’accompagner jusqu’à la gare.
Mille gamins poussent des cris :
Faut-il que je sois populaire !
Le voyage est à moitié prix !
Un bon point pour le ministère !


Nous étions quatre mille et plus
Entassés dans la grande salle.
Un vrai festin de Lucullus !
À sa place chacun s’installe.
Un grand laquais d’un air narquois
Sans cesse me remplit mon verre :
C’est du bordeaux de premier choix,
Ne blaguons plus le ministère !

« Monsieur, murmure, près de moi,
Un maire habitant des montagnes,
Vraiment, je ne sais pas pourquoi
Ça va si mal dans nos campagnes ! »
« Oui, m’écriai-je tout à coup,
Chez nous non plus ça ne va guère !
En attendant buvons un coup
À la santé du ministère ! »

Chansons-du-chat-noir-p25.png

On n’entendait plus d’autre bruit
Que le craquement des mâchoires.
Floquet n’avait pas d’appétit,
Mais il calculait ses victoires !
Nous sommes joliment traités,
On nous prend par la bonne chère.

Passez-moi les petits pâtés,
Vive à jamais le ministère !

Neuf heures ! Il faut s’en aller,
Tant pis, car la cuisine est bonne.
Je sens mes jambes flageoler,
À mes voisins je me cramponne.
Cahin, caha, chacun partait,
Trébuchant et roulant par terre :
« Braves gens, murmurait Floquet,
Ils soutiendront le ministère ! »

Chansons-du-chat-noir-p26.png