Poésies nouvelles (1836-1852)/Chanson de Barberine


CHANSON DE BARBERINE[1]




Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu’allez-vous faire
Si loin d’ici ?
Voyez-vous pas que la nuit est profonde,
Et que le monde
N’est que souci ?

Vous qui croyez qu’une amour délaissée
De la pensée
S’enfuit ainsi,
Hélas ! hélas ! chercheurs de renommée,
Votre fumée
S’envole aussi.

Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu’allez-vous faire
Si loin de nous ?
J’en vais pleurer, moi qui me laissais dire
Que mon sourire
Était si doux.

1836.
  1. Voir, dans le recueil des comédies de l’auteur, la pièce intitulée la Quenouille de Barberine.