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Brown & Gilmore, imprimeurs de la Province (p. 41-43).

XX. Du Scandale.

D. QU’eſt-ce que le Scandale ?
R. C’eſt une parole, une action ou une omiſſion qui porte au péché ceux qui en ont connoiſſance.

D. En combien de manieres donne-t’on Scandale ?
R. 1. Oſſenſant dieu en préſence du prochain, et lui donnant par là l’exemple de l’offenſer de même.
2. En lui apprenant à l’offenſer, comme celui qui enſeigneroit à un enfant à dérober, ou à dire des paroles ſales.
3. Conſeillant de mal faire, comme de voler ou de mentir.
4. Donnant occaſion d’offenſer Dieu, comme ceux qui gardent des tableaux deſhonêtes, qui parlent contre la Religion ou la pureté, les femmes qui portent la gorge découverte. &c.
D. Le Scandale augmente-t’il beaucoup le péché ?
R. Oüi, il eſt lui-même ſouvent un crime énorme.
D. Pourquoi ce crime eſt-il ſi énorme ?
R. 1. Parce que le Scandaleux ſe rend coupable des péchez que cauſe ſon Scandale.
2. Parce qu’il eſt très-difficile et ſouvent impoſſible de réparer tout le mal que le Scandale a cauſé.
3. Parce qu’il eſt plus injurieux à Jeſus-Chriſt que les autres péchez.
D. Pourquoi eſt-il plus injurieux à Jeſus-Chriſt ?
R. Parce qu’il damne les ames que Jeſus-Chriſt veut ſauver, et qu’il a racheté par ſon fang.
D. A quoi le Scandale oblige-t’il celui qui l’a donné ?
R. A deux choſes. 1. A accuſer à confeſſe la circonſtance du Scandale ajouté au péché qu’il a commis.
2. A réparer, s’il le peut, le Scandale qu’il a donné, et les péchez qui en ont été les ſuites.

Mort des deux Enfans d’Hely. 1. Liv. des Rois. ch. 4.
PRATIQUES. 1. Eviter non ſeulement ce qui de ſoi porte au péché, mais même, ce qui étant de ſoi innocent, pourroit porter au péché des perſonnes faibles, aiſées à ſcandaliſer.
2. Si on ſe ſouvient d’avoir confeiſſé à quelqu’un une choſe ou il y auroit du péché, ſe dédire au plûtôt de ſon mauvais conſeil.
3. Gagner à Dieu par ſon bon exemple et ſes bonnes oeuvres, autant d’ames, s’il eſt poſſible, qu’on en a perdües par ſes mauvais exemples.