Blanqui et les otages en 1871/1

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AVANT-PROPOS


Les proscriptions versaillaises et, par suite, un long séjour en pays étranger, m’ont seuls empêché de publier plus tôt ces documents devenus du domaine de la Vérité et de l’Histoire.

Ce qui suit est la reproduction exacte de notes prises en 1871, au jour le jour. Les quelques développements que j’ai dû y ajouter en les transcrivant n’ont eu d’autre but que de les rendre plus claires. Je me suis abstenu de toute considération qui eût pu diminuer le caractère de témoignage que je tiens à leur conserver. Les faits parlent assez haut par eux-mêmes, et relatent, mieux que je ne pourrais le faire, les provocations, la cruauté, l’infamie de Versailles et de la réaction. Je dis ce que j’ai vu et entendu, et tel que je l’ai vu et entendu. Les paroles que je cite sont textuellement celles qui ont été prononcées et que j’ai notées aussitôt l’entretien terminé. J’ai entre les mains les originaux des lettres (ou copies authentiques) de MM. Darboy, Lagarde, Deguerry et Bazin, que je reproduis, et je les tiens à la disposition des personnes qui douteraient de ce que j’affirme.

Je termine cet avant-propos en citant les paroles que me dit Raoul Rigault, lors de l’ouverture des négociations :

« Je crois la réaction capable de tout. Je te recommande de ne rien laisser partir pour Versailles sans en prendre le double et je compte sur ton honnêteté pour publier, un jour, cette correspondance, afin que la France puisse apprécier les actes des révolutionnaires de Paris et les actes des réacteurs de Versailles. »

Je promis et je tiens ma parole.


B. Flotte.
18, place d’Italie.