Biographie universelle ancienne et moderne/2e éd., 1843/PALOMINO DE VELASCO (Acisle-Antonio)

Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843
Tome 32 page 54

PALOMINO DE VELASCO (Acisle-Antonio)


PALOMINO DE VELASCO (Acisle-Antonio),l’un des plus grands peintres de l’Espagne, était né en 1653, à Bajalance, petite ville non loin de Cordoue, où il fut conduit très jeune pour achever son éducation. D’après le vœu de ses parents, il étudia la philosophie, la jurisprudence et la théologie ; mais, entraîné par son goût, il s’appliquait en secret à la peinture, et copiait les estampes et les tableaux qu’il pouvait se procurer. Le peintre Valdès lui enseigna les règles de son art. Palomino, ayant terminé ses études, se rendit, en 1678, à Madrid, pour suivre les leçons des artistes que la magnificence de Philippe IV avait attirés dans cette capitale. Il se lia d’une étroite amitié avec Coëllo, qui le fit agréer par le roi pour peindre les fresques de la galerie des Cerfs, au Prado. Palomino y représenta les différents sujets de la fable de Psyché ; et il déploya dans cette suite de tableaux un talent si fécond et si varié, qu’il reçut peu de temps après le brevet de peintre du roi, auquel on ajouta, en 1690, un traitement considérable. Il fut appelé à Valence, à Salamanque, à Grenade et à Cordoue ; et les travaux qu’il exécuta dans ces différentes villes ajoutèrent à sa réputation. Occupé sans cesse de quelques compositions nouvelles, il ne trouvait de délassements que dans la culture des lettres ; et, après avoir tracé les règles de la peinture dans un ouvrage très estimable, il se fit le premier historien des artistes espagnols, parmi lesquels il occupe un rang distingué. Palomino s’était marié et avait eu un fils qu’il associa à ses travaux. Ayant eu le malheur de perdre sa femme, il embrassa l’état ecclésiastique, quoique dans un âge très avancé. Il mourut à Madrid, le 13 avril 1726, et fut inhumé avec une pompe digne de sa réputation. Palomino joignait à l’entente de la perspective le mérite du coloris et un dessin pur et correct : mais on lui reproche d’avoir choisi ses modèles dans une nature commune, ce qui suffit quelquefois pour détruire tout le charme de ses compositions les plus nobles et les plus gracieuses. On cite parmi ses ouvrages les plus remarquables sa Confession de St-Pierre, à Valence, et les cinq tableaux du chœur de la cathédrale de Cordoue ; les belles fresques de l’église de St-Jean du Marché et de la chapelle de Notre-Dame des Délaissés, à Valence, celles de l’église St-Etienne à Salamanque, du chœur des Chartreuses à Grenade, et du Paular, sont dignes de tous les éloges que leur donnent les artistes espagnols. Comme littérateur, on a de Palomino : El museo pictorico, y escala optica, etc., Madrid, 1715-1724, 3 vol. in-fol. Les deux premiers contiennent la théorie et la pratique de la peinture ; et le troisième, les Vies des artistes espagnols les plus célèbres. Cet ouvrage est estimé les règles qu’y donne Palomino sont toutes le résultat de sa propre expérience, et appuyées d’ailleurs sur l’autorité des grands maîtres. Dans ses Vies des artistes espagnols, Palomino s’est laissé souvent aveugler par le préjugé national, au point de ne trouver presque rien à reprendre dans les ouvrages de deux cents artistes, peintres ou sculpteurs, qu’il ne cite guère que pour les louer, tandis qu’il critique, même un peu sévèrement, les productions des artistes étrangers qui ont habité l’Espagne. Les Vies des peintres espagnols, etc., ont été réimprimées à Londres, en in-8° ; et la Notice des villes, églises et couvents qui possèdent leurs ouvrages, ibid., 1746, même format. Ces deux volumes ne doivent point être séparés. On a une traduction française de l’Histoire abrégée des plus fameux peintres espagnols, par Palomino, Paris, 1749, in-12. M. Quilliet avertit que, « malgré l’incorrection et l’incomplet de son narré de peinture, il a saisi la marche de Palomino, dans son Dictionnaire des peintres espagnols, Paris, 1816, in-8°. »

W-s.