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Biographie universelle ancienne et moderne/1re éd., 1811/Cyrille-Lucar


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CYRILLE-LUCAR, patriarche de Constantinople, né dans l’île de Candie en 1572, fit ses études à Venise et à Padoue, passa en Allemagne où il se lia avec les protestants, et porta leur doctrine dans la Grèce. Avant été ordonné prêtre, et ensuite archimandrite par Maletius Piga, son parent, alors proto-syncelle, et qui devient patriarche d’Alexandrie, il fut envoyé en Lithuanie où il s’opposa à la réunion des luthériens avec les catholiques. C’est à cette époque qu’ayant été soupçonné de favoriser les novateurs, il publia une confession de foi sur les points controversés entre les catholiques et les luthériens. Il retourna ensuite à Constantinople, et succéda à Mélétius Piga sur le siège d’Alexandrie. Le sultan Achmet, ayant relégué dans l’île de Rhodes, en 1612, Néophyte, patriarche de Constantinople, Cyrille fut chargé du gouvernement de cette église. Après la mort de Néophyte, il voulut succéder à sa dignité ; mais Timothée, évêque de Patras, l’emporta, et Cyrille se retira en Valachie, d’où il se rendit à Alexandrie. Timothée mourut en 1621, et Cyrille lui succéda. Il avait continué ses liaisons avec les protestants ; il voulut enseigner leur doctrine dans l’église grecque. Les évêques et le clergé d’Orient s’élevèrent contre lui. Il fut dépouillé du patriarchat, exilé à Rhodes, et remplacé sur son siège par Anthime, évêque d’Andrinople. Quelque temps après, l’ambassadeur anglais obtint le retour de Cyrille, qui fut rétabli sur son siège. Alors il voulut faire imprimer des catéchismes de sa façon, et on publia une confession de foi qu’il avait faite, conforme aux dogmes des protestants. Il fut relégué à Ténédos eu 1656, rappelé trois mois après, disgracié de nouveau, enlevé de son siège, et étranglé sur un vaisseau le 27 juin 1637, selon quelques auteurs, ou, selon d’autres, dans un château de la mer Noire, en 1638. Cyrille de Bérée, son successeur, le fit anathématiser dans un synode tenu à Constantinople, cette même année ; mais Cyrille de Bérée ayant été relégué à Tunis, Parthénius, évêque d’Andrinople, qui fut mis en sa place, épargna la mémoire de Cyrille-Lucar, et se contenta de condamner sa confession de foi, dans un synode tenu en 1642. Les calvinistes, dont il approuvait et suivait la doctrine, l’ont mis au nombre des martyrs. Le docteur Thomas Smith a publié sa Vie (Voy. le Journal des Savants, 1708, 1709), et un recueil, intilulé : Collectanœ da Cyrillo Lucario. Le décret de condamnation fut reçu en Moldavie, et confirmé dans le synode de Jassi. Les controversistes ont beaucoup écrit sur cette confession de foi de Cyrille-Lucar, « Chacun sait, dit Bayle (art. Arsénius), que cette confession de Cyrille était conforme aux sentiments de Genève. » Elle fut imprimée dans cette ville, en latin, 1620, in 8°. ; en grec et en latin, 1653, in 8°. ; à Amsterdam, 1645, in-8°., avec les censures de Cyrille de Bérée et de Parthénius. Ce fut Corneille de Haga, ambassadeur des Provinces-Unies à la Porte, qui reçut de Cyrille cette fameuse confession écrite en grec et en latin par le patriarche lui-même. Elle a été traduite en français par Jean Aymon, sous le titre suivant : Lettres anecdotiques de Cyrille — Lucar et sa confession de foi, avec des remarques ; Concile de Jérusalem, etc., Amsterdam, 1718, in-4°. (V. Aymon). Dès 1632, il avait paru à Rome, in-8°., une réfutation de cette confession de foi, en grec vulgaire. Nous ne ferons qu’indiquer les Réfutations du moine grec Arsénius, Paris, 1643 ; de Caryophyle, Rome, 1631, in 8°. ; de Richard Simon, Paris, 1687, in-12, etc. Cyrille-Contari, né à Bérée, commença ses études sous un moine grec, et les acheva chez les jésuites, pour lesquels il montra toujours beaucoup d’attachement. Il était évêque de Bérée, lorsqu’il voulut avoir l’archevèché de Thessalonique ; mais, n’ayant pu rendre Cyrille-Lucar favorable à ses prétentions, il se déclara son ennemi, poursuivit sa déposition, et ne fut pas, dit-on, étranger à sa mort. Monté, par de coupables intrigues, sur le siège de Constantinople, il ne jouit pas long-temps de sa funeste victoire. On l’accusa de plusieurs crimes, il fut relégué à Tunis, et périt du même supplice que son predécesseur. V—ve.


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