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Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BELPAIRE, Antoine

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BELPAIRE (Antoine), administrateur, né à Ostende, le 3 février 1789, mort à Anvers, le 14 décembre 1839. A la suite de la révolution française, il fit ses premières études à Messines, dans les environs d’Ypres, sous les yeux d’un bon prêtre, qui lui donna tous ses soins : il acheva ces mêmes études, si bien commencées, en s’aidant des leçons d’un ancien élève de l’école polytechnique qui lui inspira le goût d’aller perfectionner son instruction dans le même établissement. Belpaire fut en effet reçu élève de l’école en 1805 ; et, au bout d’une année, il fut désigné pour le service de l’artillerie. Ses parents s’alarmèrent et le jeune homme dut renoncer à la position qu’il avait en vue. Il revint a Ostende en 1806, et bientôt après il accepta une place de maître d’études au lycée de Bruges, qui était alors un des établissements les plus distingués de l’empire ; on y comptait, en effet, plusieurs hommes remarquables, qui devinrent ensuite membres de l’Institut de France, notamment M. Milne Edwards.

En 1810, Belpaire passa comme maître d’études au lycée de Bruxelles. Il suivit avec soin les cours de l’école de droit de cette ville, reçut le grade de bachelier le 26 mars 1813, et celui de licencié le 20 juillet suivant. En 1816, il retourna à Ostende, en qualité de notaire et, à la fin de 1821, il obtint, dans la même ville, la place de greffier de commerce. Il remplit ces fonctions jusqu’en 1827, époque à laquelle il alla occuper l’emploi de greffier au tribunal de commerce d’Anvers.

Dès l’année 1825, l’esprit scientifique de Belpaire s’était tourné vers une question intéressante que l’Académie royale de Bruxelles avait mise au concours. Il s’agissait d’établir les changements que la côte d’Anvers à Boulogne avait subis, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, depuis la conquête de César jusqu’à nos jours. Pour mieux examiner cette question et pouvoir entrer avec plus d’assurance dans tous ses détails, Belpaire fit plusieurs voyages à pied, sur toute l’étendue du littoral qu’il se proposait de décrire.

Les résultats des travaux furent consignés dans un mémoire qui mérita le prix du concours ouvert. Dans ce travail l’auteur commence par y décrire l’état des côtes sous la domination des Romains ; il entre ensuite dans les détails nécessaires pour constater leur état actuel, fait connaître les causes des changements survenus, rapporte les preuves qui en établissent la réalité ; puis finit par énumérer les inondations qui ont eu lieu et par exposer les changements qu’elles ont produits. Moins content de son ouvrage que ses juges, il entreprit ensuite de nouvelles études et de nouvelles explorations sur la côte, pour élucider entièrement la question.

Par suite des mêmes travaux, il avait présenté à l’académie, en 1833, une notice historique Sur la ville et le port d’Ostende, qui a été insérée dans le tome X des Mémoires de ce corps savant. Cette persévérance et ces labeurs dirigés avec tant d’intérêt vers la connaissance des parties les plus intéressantes de la géographie industrielle et politique du pays, finirent par fixer l’attention de cette institution qui le nomma au nombre de ses membres, dans la séance du 7 mars 1835.

Vers 1830, Belpaire avait été nommé membre de la commission d’instruction publique et inspecteur des écoles dans la deuxième division de l’arrondissement d’Anvers. Il exerça ces dernières fonctions jusqu’à l’époque de la révolution, qui les fit cesser, en donnant à l’enseignement la liberté la plus grande.

En 1831, parut un arrêté royal qui créait une commission spéciale pour la rédaction d’un projet de loi, sur l’enseignement. Ce projet avait été rédigé par une commission, sous la présidence du ministre de l’intérieur, par MM. Lecocq, Arnould, Belpaire, Cauchy, Ernst et Quetelet faisant les fonctions de secrétaire. Ce projet, donnant à l’enseignement des bases toutes nouvelles, adoptait les principes d’une liberté que la Constitution sanctionna et qui n’avaient point existé jusqu’alors.

Belpaire, dans les derniers temps de sa vie, s’occupait de la traduction d’un traité de droit anglais, sur les lettres de change ; et, toujours conséquent avec lui-même, il sacrifiait généreusement son amour-propre, ses loisirs à l’espoir de se rendre utile. Il avait aussi été l’un des rédacteurs d’une revue judiciaire, publiée à Bruxelles, sous le titre d’Archives de droit et de législation.

Il conserva jusqu’à la fin son amour pour le travail ; trois semaines avant sa mort, qui fut amenée par une maladie lente, il se faisait encore conduire aux réunions de la Commission de navigation de l’Escaut, dont il était un des membres les plus actifs. Jusqu’au dernier instant, il montra toute la lucidité de son esprit, et s’entretint pieusement avec ses enfants, en leur donnant ses derniers conseils.

Ad. Quetelet.