Biographie nationale de Belgique/Tome 1/ADALSINDE, Bienheureuse

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ADALSINDE ou ADELSENDE (Bienheureuse), née dans le Hainaut, décédée vers 673, était la plus jeune des filles de saint Adalbaud et de sainte Rictrude. (Voir ces noms.) Digne imitatrice des vertus de sa famille, elle prit le voile dans le monastère de Hamage qui avait été fondé par sainte Gertrude, son aïeule, et qui était gouverné par sainte Eusébie, sa sœur. Elle mourut à la fleur de l’âge, et, comme le dit un ancien hagiographe[1], celle qui était arrivée la dernière à la porte de la vie temporelle, entra la première par la porte de la mort dans la vie éternelle. Son décès eut lieu vers l’an 673, durant les solennités de Noël, lorsque sa sœur Eusébie vivait encore. Sainte Rictrude s’efforça de ne point laisser éclater, pendant ces jours de fête consacrés à célébrer la naissance du Sauveur, la douleur que lui causait la perte de sa fille ; elle attendit la fête des saints Innocents pour répandre des larmes qu’elle n’aurait pu contenir plus longtemps.

Dans les martyrologes bénédictins, la fête d’Adalsinde est marquée sous le 25 décembre, et quoiqu’on lui donne quelquefois le titre de sainte, c’est plutôt celui de bienheureuse qu’on doit lui appliquer. Ses reliques et celles de sa sœur, la bienheureuse Clotsinde, reposaient dans l’église du monastère de Marchiennes, ainsi que celles de leur sœur, sainte Eusébie, qu’on y transporta en 1133. C’est là qu’elles étaient honorées d’un culte public, comme le prouve une ancienne inscription métrique rapportée par Raissius, dans son Hierogazophilacium Belgicum, p. 292. (Voyez Ghesquière, Acta SS. Belgii, t. IV, p. 570.)

P. F. X. de Ram.


  1. Hucbaldus monachus Elnonensis, in Vita sanctœ Rictrudis ; dans Ghesquière, Acta SS. Belgii selecta, t. IV, p. 498, num. 20.