Association du capital et du travail/Section VIII

John Wilson, Typ. (p. 28-29).

VIII.

Résultats Nationaux.


Et cependant je n’ai fait qu’indiquer les résultats sociaux. Touchons aux grands résultats généraux — ou nationaux.

En premier lieu, l’association du capital et du travail, en ayant pour conséquence la distribution plus égale de la richesse par le partage des bénéfices entre les capitalistes et les travailleurs, donnerait une impulsion inconnue jusqu’à présent au commerce de détail, aux fournisseurs de viandes, denrées, etc., et ferait la fortune de toutes les classes de la société. Imaginez vous cet état de choses et déduisez en toutes les conséquences pour la construction des maisons, le train de vie général, les vêtements, la nourriture, l’encouragement des arts, le développement de l’agriculture tout en un mot, et dites-moi si le peintre le plus enthousiaste pourrait embellir la réalité ?

En second lieu : l’association du capital et du travail produirait le résultat recherché par le manufacturier : la production à bon marché. L’ouvrier étant rémunéré à même les profits, le fabricant ne calculera plus le prix du travail comme coût de production, mais comme moyen de production. Le travail considéré comme capital et associé avec le capital-argent, se rétribuera à même l’intérêt ou le bénéfice des deux capitaux réunis ; le capital-argent trouvera une compensation plus qu’adéquate ou équivalente dans l’agrandissement de ses opérations. En adoptant ce système, le Canada pourrait faire concurrence au monde entier.

D’une main donc, la paix et le bonheur sociaux ; de l’autre la richesse et la grandeur nationale

Il ne faut pas omettre une autre considération très importante.

Si notre industrie était organisée dans ces conditions, elle attirerait d’immenses capitaux de toutes les parties du monde.

Elle attirerait aussi les travailleurs et — pensée encourageante on ne peut plus ! — elle assurerait le retour au pays de milliers et de centaines de milliers de Canadiens émigrés aux États-Unis. Ils ne reviendront guère, si vous ne leur offrez pas plus d’avantages qu’ils en trouvent au delà des frontières. Mais si surtout vous organisez l’esclavage du travailleur à la vieille manière du capital britannique, oh ! alors faites-en votre sacrifice pour toujours : — ils ne reviendront jamais !