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AnthologieÉditions Paul Roubaud (p. 175-176).

enseignement de l’histoire

Les principes suivants doivent dominer les enseignements secondaire et post-scolaire :

1° Tout enseignement historique fragmentaire est rendu stérile par l’absence d’une connaissance préalable de l’ensemble des annales humaines : ainsi l’habitude des fausses proportions de temps et d’espace s’introduit dans l’esprit et y demeure. En conséquence, l’histoire d’une nation et celle d’une période ne peuvent être utilement enseignées que si elles ont été préalablement « situées » dans le tableau général des siècles historiques.

2° Aucune période d’histoire nationale ne doit être étudiée sans référence continue aux événements concomitants de l’histoire universelle.

3° Il est désirable d’écarter de l’enseignement les faits d’armes et les traités ou conventions qui n’ont pas eu de conséquences profondes et durables ainsi que les chronologies systématiques et les récits anecdotiques sans portée.

4° L’indication des dimensions territoriales et des chiffres de population est de première importance en histoire : de même la mention des langues usitées et les données concernant l’état social, le développement industriel et universitaire, l’interpénétration économique et artistique.

5° L’histoire d’un peuple se dessine, en général, de façon ininterrompue et il ne convient pas de supprimer sans explications les périodes de somnolence succédant aux périodes d’activité.

6° On ne doit pas aborder l’histoire d’une région sans en avoir rappelé, fût-ce sommairement, les conditions et particularités géographiques.