L’action paroissiale (p. 6-7).

Introduction



Les aléas de la vie sont devenus si communs de nos jours, surtout depuis que les moyens de transport ont aboli les distances, qu’il devient presque banal d’en parler, encore plus d’en faire le sujet d’un livre.

Il y en a, pourtant, qui tranchent si nettement sur les banalités coutumières, qu’ils méritent d’être produits au grand jour. C’est pourquoi, me refusant à garder en moi-même le secret de deux âmes-sœurs qui nous ont quittés pour l’au-delà unies dans la vie comme dans la mort, et qui ont laissé dans cette vallée de larmes et de misères morales l’empreinte de leurs vertus et le reflet de l’élévation de leurs pensées, je livre au public, en pieux souvenir, les pages qui vont suivre.

Mon cher Olivier, si je soulève le voile qui cachait aux yeux du monde les secrets que tu m’as confiés et que la mer aurait engloutis avec toi sans notre rencontre providentielle, c’est que tu avais manifesté toi-même le désir de les publier un jour.

Peut-être aurais-tu retranché, avant de les livrer au public, quelques passages trop intimes de ta vie ! Mais la beauté de ton âme et de celle de ta chère Allie n’eût pas été pleinement révélée. C’était « mettre la lampe sous le boisseau ». Avais-je le droit de retenir pour moi seul les rayons lumineux que vos cœurs, en se consumant l’un pour l’autre, ont répandus autour d’eux ? Je n’ai pas voulu que ta mémoire et celle de la femme idéale à laquelle tu avais tardivement donné ton nom périssent avec toi. Pour te plaire encore, regarde, du haut de la félicité, le titre dont j’ai auréolé ton récit : Allie.

J. L.