Œuvres complètes de Maximilien de Robespierre/Tome 1/Éloge de la Rose


ÉLOGE DE LA ROSE[1]



La Rose croît pour tous les hommes, mais tous les hommes ne sont pas faits pour sentir ses charmes, le vulgaire y voit une fleur dont les couleurs plaisent à la vue et dont le parfum flatte agréablement l’odorat ; le fleuriste imbécille ose lui préférer des fleurs dont la rareté fait le principal mérite ; l’amant plus raisonnable, la considère avec complaisance comme l’image touchante des charmes les plus intéressants de celle qu’il aime, mais il n’appartient qu’a un très petit nombre d’êtres privilégiés de l’aimer pour elle-même et de lui rendre un hommage digne d’elle.

Parmi cette foule d’hommes automates qui, pleins d’une stupide admiration pour les biens méprisables que l’opinion a créés, contemplent avec une coupable indifférence les plus magnifiques ouvrages de la nature, et à qui la vue d’une rose n’a jamais rien inspiré, l’éternelle providence a fait naître et perpétuer une race choisie d’hommes sensibles et généreux qui la vengent de leur mépris par un culte aussi sincère qu’intéressant. La Rose ne s’offre jamais à leurs yeux sans réveiller en eux mille idées riantes, mille sensations délicieuses qui ne sont connues que des âmes délicates.

Ce n’est point un plaisir vulgaire qui s’arrête aux yeux et à l’odorat, c’est une jouissance exquise ; c’est je ne sçais quel charme inexprimable qui maîtrise à la fois leurs sens, leur âme et leur imagination. Ils passent l’hiver à la regretter, et le printems à en jouir ; l’hiver est pour eux l’absence de la rose : pour eux la rose est elle seule le printems. Au retour de cette aimable saison, leur premier soin est d’aller lui rendre hommage sous l’ombrage naissant d’un bosquet solitaire. Zéphir même lui adresse des vœux moins sincères et lui prodigue des caresses moins vives.

L’ascendant de cette heureuse sympathie qui unit ces aimables mortels à la reine des fleurs, de ce magnétisme puissant qui les enchaîne par une attraction mutuele, est sans contre-dit, un des plus grands mystères de la nature. y a-t-il dans cette fleur une divinité cachée ? est-ce une nimphe métamorphosée qui conserve encore sous cette forme nouvelle le double charme de la pudeur et de la beauté, et dont l’âme cherche à s’unir à leurs âmes sensibles et pures ? Est-ce simplement une délicatesse d’organisation qui fait qu’ils sentent plus vivement la sagesse et la bonté du créateur qui brillent dans un de ses plus beaux ouvrages ? C’est ce que nous n’osons décider. Quoi qu’il en soit, Monsieur, vous pouvez déjà entrevoir dans ce que je viens de dire, l’origine et la nature de l’institution connue sous le nom de Société des Rosatis. Déjà ce mot présente à votre esprit des idées bien plus étendues que celles qu’il rappelle au vulgaire ignorant et étranger à nos mystères. Éclairé par une lumière nouvelle, vous appercevez distinctement que quiconque dira que la société des Rosatis a pour base un amusement frivole ou une agréable fantaisie, donnera par cela seul une preuve certaine : qu’il est encore assis dans de profondes ténèbres. S’il est vrai de dire dans un sens : que l’amour de la rose constitue le véritable Rosati, ce sens équivoque ne peut qu’égarer les profanes ; car pour en saisir toute l’étendue, il faut connaître encore ce que c’est que l’amour de la rose. Or, Monsieur, si vous réfléchissez sur le principe de ce sentiment que je viens de vous expliquer, vous verrez d’abord qu’il part de la même source d’où découlent tous les talens et toutes les vertus ; c’est-à-dire une imagination sensible et riante et une âme à la fois douce et élevée. Aussi dans le sens vraiment orthodoxe, l’amour de la rose est précisément la même chose que l’amour de la vertu : un Rosati est effectivement un bon citoyen, un bon père de famille ; un ami sincère, un amant fidèle. Si une fleur aimable a des droits sur son cœur, sera-t-il moins tendre pour sa maîtresse, pour ses amis, pour sa femme, pour ses enfans ? Je conviens cependant que le titre de Rosati suppose encore d’autres qualités qui sont même le seul rapport sous lequel le vulgaire semble le connoître ; je parle des talens agréables et de l’amabilité, car on se représente communément un Rosati sous l’idée d’un homme qui joint à l’agrément de faire de jolis vers, le mérite d’aimer le bon vin. Or, vous concevez, Monsieur, que tout cela est une suite des vertus fondamentales de la société et prend sa source dans l’amour de la rose : il n’est pas difficile à celui qui possède un esprit aimable et un bon cœur de boire de bon vin en bonne compagnie ; il n’est pas plus difficile de faire de bons vers, cette vérité nous a été démontrée par un événement dont le souvenir nous est encore cher.

Nous avons vu dans nos assemblées des guerriers sçavants dont les mains ne sembloient destinées qu’à tenir le compas d’Uranie et à diriger les foudres de Mars ; des magistrats orateurs accoutumés à régler la balance de la justice, consentir à essaier quelques airs sur le luth d’Anacréon ; pleins d’une timide défiance, ils osoient à peine toucher cet instrument nouveau, de peur de n’en tirer que des sons discordans ; les jeunes favoris des muses sourioient en voiant leur modeste embarras ; le luth divin rendit sous leurs doigts des accords qu’Apollon et les Grâces écoutèrent avec transport. Ils nous enchantèrent sans nous surprendre ; nous trouvions facilement l’explication de ce phénomène dans l’amour de la rose.

Vos yeux, Monsieur, s’ouvrent de plus en plus et vous commencez à découvrir sans nuage toute la noblesse et toute l’étendue de l’ordre des rosatis : et déjà vous pouvez le définir vous-mêmes, la société des hommes de génie et des hommes vertueux, qui ont brillé chez toutes les nations et dans tous les siècles. Socrate, Anacréon, Epaminondas, Timoléon, Euripide, Démosthène, Aristide chez les Grecs ; parmi les Romains les deux Scipions, Lucullus, Horace, Virgile, Cicéron et surtout Titus, Trajan, Antonin, Marc Aurèle, enfin Charlemagne, Charles V, Saint-Louis, Louis XII, Henri IV, Chaulieu, Catinat, Corneille, Fénelon, Vauban, Massilion, Condé chez les François : voilà, Monsieur, une partie de ceux que nous comptons parmi nos frères.

Mais, Monsieur, je ne dois pas vous induire ici dans une erreur funeste ; je ne puis vous le dissimuler, les grands hommes que je viens de nommer n’ont pas vu les jours de la lumière et de l’alliance nouvelle ; ils aimoient la Rose de bonne foi ; ils adoraient les mêmes divinités que nous ; mais sans temple et sans autel ! Les amans de la Rose épars et isolés n’avoient point encore appris à l’honnorer en commun par un culte extérieur et solemnel ; car les banquets d’Anacréon, les soupers d’Horace, d’Auguste et de Mécène ; les festins mêmes de Trajan et des Antonins n’étoient que l’ombre et la figure des grands mystères que nous avons vu s’accomplir en nous.

Fortuné mortel, prêtez une oreille attentive à ma voix, recueillez mes paroles avec respect et avec joie ; je vais parler de l’époque sacrée où les amants de la Rose commencèrent à former sous le nom de Rosati un corps visible, une association régulière unie par le même esprit, par les mêmes rites et par les mêmes auspices ; je vais vous révéler une partie des merveilles qui préparèrent ce grand événement, car la déesse qui les a enfantées en notre faveur me défend de lever entièrement le voile sacré que les couvre et vos yeux trop faibles encore ne pourraient en soutenir tout l’éclat.

L’amitié avait un jour rassemblé quelques-uns de nous dans un banquet qui n’avoit rien de plus surnaturel que ceux d’Anacreon et de Marc Aurele ; et les hymnes qu’ils chantoient en l’honneur des Grâces et de Bacchus montoient vers le ciel avec le parfum des roses et les douces émanations du Champagne ; lorsque tout à coup on entendit dans les airs un concert plus ravissant que l’harmonie des corps célestes plus mélodieux que les champs des Muses et d’Apollon. Une odeur d’ambroisie se répand au même instant de toutes parts et nous voions descendre au milieu de nos bosquets sur un nuage d’or et de pourpre une déesse brillante de tout l’éclat qui environne une beauté céleste. À ce seul souvenir, mon esprit se trouble, mes idées se confondent et j’éprouve encore une fois cette douce ivresse où sa présence alors plongea tous mes sens. Ô vous qui que vous soiez, qu’aucune déesse ne visita jamais, gardez-vous de chercher à vous former une idée de ses charmes d’après les foibles attraits des beautés mortelles… Oui Vénus sans doute est moins belle lorsque parée par les mains des Grâces elle se montre dans l’assemblée des dieux ; elle étoit moins touchante le jour où parée de sa seule beauté, elle daigna la dévoiler aux yeux du fils de Priam. Dans l’une de ses mains était une lyre d’or, dans l’autre une couppe de nectar, à ses piés, une corbeille pleine de Roses. Ses regards se fixèrent un instant sur nous et ils firent circuler dans nos veines un feu rapide qui nous auroit consumés si elle ne nous avoit elle-même donné la force de résister à sa violence ; elle ouvrit la bouche, son souffle exhala une odeur plus douce que l’haleine du zéphir chargé du parfum des fleurs. Le son de sa voix et les choses qu’elle nous dit nous jettèrent dans une extase ravissante dont il est impossible de donner une idée à ceux qui n’ont point reçu une semblable faveur et nos cœurs abîmés dans la joie étoient près de mourir sous le poids de la volupté.

Il n’est pas donné à une bouche humaine de rendre les discours de la déesse ; il vous suffira de sçavoir qu’elle nous manifesta les décrets du destin qui de tout temps avoient fixé la durée de notre société.

Elle nous révéla comment les dieux jettant un regard de commisération sur les mortels, avoient résolu d’arrêter les progrès de l’égoïsme qui semble avoir banni de la terre la gaité, la franchise, la vertu et le bonheur, en lui opposant une association fondée sur la concorde et sur l’amitié. Elle nous annonça qu’ils avoient daigné nous choisir pour être les pierres angulaires de ce sublime édifice : elle nous enseigna les dogmes que nous devons croire, les rites que nous devons suivre, la doctrine que nous devons annoncer ; elle nous remit en même temps la lyre d’or, la corbeille de roses, et la coupe de nectar, après nous avoir appris l’usage auquel ils étoient destinés dans les cérémonies de notre nouveau culte, elle déposa aussi dans nos mains un livre où une main divine avait tracé en caractère de roses les lois qui nous étoient données et les noms de ceux qui étoient appelés à composer la société naissante avec l’histoire de leur vie et leur future destinée ; elle nous ordonna de leur annoncer successivement dans les temps marqués les desseins des dieux à leur égard par les diplômes dont elle prescrivit la forme. Alors elle disparut en laissant dans les airs de vastes sillons de lumière.

Lorsque nous eûmes enfin reprit nos sens, nous nous regardâmes lontems les uns les autres dans un profond silence : nos premières paroles furent l’explosion de tous les transports d’amour, d’étonnement et de joie, excités par la grandeur des prodiges dont nous étions les objets. Dès ce moment il nous sembla que nous étions devenus d’autres hommes : ou plutôt nous n’étions plus des hommes, nous planions au dessus de la terre ; l’image de la déesse profondément gravée dans nos cœurs ne nous permettoit plus de concevoir que des sentiments sublimes et de grandes pensées ; elle nous défendoit même pour toujours contre les attraits de toutes les beautés mortelles qui nous avoient enchantés jusqu’alors ; nous n’éprouvions plus qu’un dégoût universel pour tous les biens passagers de ce monde périssable et le désir de remplir notre glorieuse vocation étoit le seul lien qui put encore nous attacher à la vie.

Aussi notre premier soin fut d’ouvrir le livre sacré qu’elle avoit déposé ; entre nos mains : quelle fut notre joie quand nous lumes dans ces archives immortelles les noms de tous les hommes illustres qui existent de nos jours chez les différentes nations de l’Europe qui pour devenir nos frères n’attendoient que l’expédition de nos diplômes, quand nous vîmes que ceux mêmes des siècles passés y étoient inscrits comme membres de cette divine société qui embrasse tous les grands hommes présens, passés et futurs.

Mais ce qui nous intéressoit le plus vivement c’étoit sans doute de connoitre ceux de nos concitoiens qui seroient au nombre des prédestinés. Votre nom s’offrit à nos yeux et il seroit difficile de vous peindre la sensation agréable que nous causa cette découverte ; nous voulûmes aussitôt lire l’article qui vous concernoit, c’est-à-dire l’histoire de votre vie passée et votre horoscope ; la première nous offrit les motifs qui ont déterminé en votre faveur le choix de la déesse et nous eûmes lieu d’admirer combien les décrets de la sagesse divine différent des foibles pensées des hommes.

En effet, Monsieur, quand les hommes seront instruits de votre admission dans l’ordre des Rosatis, ils croiront que vous devez ce titre à vos connoissances utiles et agréables, au don d’écrire en prose et en vers avec noblesse et avec grâce que l’on vous connaît ; à tous ces talents divers qui font douter si vous êtes plus cher à Polymnie, à Erato ou à Cypris, enfin à toutes les qualités que renferme l’idée d’un homme aimable. Eh bien, Monsieur, ce mérite là est précisément le moindre des titres auxquels vous devez l’adoption de la déesse, car nos livres sacrés vous apprennent que vous êtes appellé principalement parce que les dieux ont apperçu en vous un cœur droit et pur, une âme noble et élevée faite pour connoitre l’amitié ; parce qu’ils ont prévu que vous étiez capable d’aimer vos frères autant que vous leur serez cher ; parce que toujours humain, sensible et juste, vous avez sçu joindre la reconnoissance et l’estime de vos concitoiens à la confiance et à l’amitié des magistrats puissans qui ont l’avantage et le mérite d’apprécier et d’emploier vos talens qui exercent sur eux une authorité salutaire et funeste suivant le caractère et l’âme de ceux à qui elle est confiée.

Maintenant, Monsieur, vous ne serez pas fâché sans doute de connaître votre horoscope et vous attendez peut-être avec impatience que je vous révèle ce que le livre fatal nous a appris sur cet objet intéressant. Mais, Monsieur, c’est là précisément un de ces secrets sur lesquels les ordres de la déesse nous imposent un silence religieux ; car elle est d’avis qu’il n’est pas avantageux à l’homme d’étendre ses regards trop loin dans l’avenir, tout ce que je puis faire, Monsieur, c’est de vous dire comme homme, que vous devez être exempt de toute inquiétude, car la sage déesse m’a encore appris en général que l’horoscope d’un homme est dans ses talens et dans ses vertus.

Livrez-vous donc tout entier à la joie que votre heureuse adoption doit vous inspirer et rendez grâces aux dieux qui ont daigné vous accorder une si éclatante faveur ; reconnoissez votre dignité, agnosce, o rosati, dignitatem tuam ; et connoissez surtout votre bonheur, et méritez-le de plus en plus par votre zèle à répondre aux volontés du ciel et à observer ses commandements, aimez la rose, aimez vos frères, ces deux préceptes renferment toute la loi.

Mais pour animer votre zèle et répondre à la grâce de votre heureuse vocation, achevez devons instruire et devons édifier en apprenant quelles sont les magnifiques promesses qui ont été faites aux vrais Rosatis ; car les dieux ont voulu qu’ils fussent heureux dans ce monde et dans l’autre. Le premier avantage qui leur est assuré est celui d’une longue vie ; il est très difficile qu’un Rosati meure si toutesfois cela est possible. Je puis vous en citer un exemple intéressant dans la personne de l’hôte aimable chez qui nous sommes rassemblés dans ce moment. Le jour où il fut admis pour la première fois à nos sacrés mystères, il nous chanta des couplets dignes d’Anacréon ; mais l’état de foiblesse et de souffrance où nous le vîmes alors nous fesoit craindre qu’il ne se pressât trop de descendre vers la fatale barque par les sentiers qu’Anacréon lui avait fraies ; mais à peine eut-il passé une heure auprès de nous lorsqu’il s’écria dans un transport d’allégresse qu’il sentoit déjà la vertu rosatique qui agissoit en lui et qui lui rendait ses forces et sa gaîté première ; et dès ce moment sa santé raffermie de jour en jour nous a donné la précieuse certitude de le conserver encore au moins pendant plusieurs siècles.

Mais ce n’est pas tout de vivre longtems ; les rosatis ont encore l’avantage de vivre beaucoup ; car tous leurs momens sont remplis par de bonnes actions ; enfin, ils vivent agréablement ; d’abord une des plus précieuses prérogatives d’un Rosati, c’est que sa maîtresse ne peut jamais lui être infidèle ; il n’est pas moins sûr de la constance de ses amis ; du moins en trouve-t-il toujours dans ses frères ; ce n’est pas tout, s’il a embrassé l’état du mariage il peut se reposer même sur la vertu de sa femme ; exempt de la loi commune il est sûr d’échapper à toutes les disgrâces qui semblent menacer le vulgaire des maris, et jamais aucun obstacle ne dérange sur son front la couronne de fleurs dont il est orné ; enfin la vie d’un Rosati est un printemps continuel et partout les roses naissent en foule sur ses pas. Telle est notre destinée dans cette vie : mais lorsque nous serons parvenus au terme que les arrêts du destin ont marqué à notre séjour sur la terre, alors vainqueurs de la mort même, nous serons transportés sur un nuage brillant dans l’Élysée, où nous irons rejoindre nos illustres frères, Anacréon, Chaulieu, Trajan, Marc-Aurèle, et tous les demi-dieux qui ont fait la gloire du nom Rosati. C’est là que nous trouverons encore Sapho, Aspasie, Sévigné, La Suze, La Fayette et toutes les aimables sœurs dont les charmes changeroient le Tartare même en un lieu de délices ; c’est là que nous passerons des jours fortunés tantôt à leur chanter des vers charmans inspirés par les Grâces, tantôt à les enlacer des guirlandes de roses que nous aurons composées avec elles dans les rians détours d’un bocage enchanté ou dans le doux azile d’une grotte tapissée d’une éternelle verdure. Que dis-je, la déesse elle-même viendra souvent se communiquer à nous et sa présence nous rendra les ravissemens ineffables qui pensèrent jadis nous faire expirer de plaisir, mais dans cet état de gloire et de félicité nos sens auront acquis une vigueur nouvelle qui nous rendra capables de soutenir de sa part de plus longs entretiens et un commerce plus intime.

C’est le bonheur que je vous souhaite. Tel est le bonheur qui vous attend si, fidèle à la grâce de votre vocation, vous vous montrez toujours zélé à remplir les engagements sacrés qu’elle vous impose : en deux mots aimez la rose, aimez vos frères ; ces deux préceptes renferment toute la loi… In his duobus tota lex est.



  1. Ce discours, écrit pour la réception d’un membre de la société des Rosati, a été publié par M. Lucien Peise dans Quelques vers de Maximilien Robespierre, page 35 et suiv., Gougy, éditeur à Paris.

    Le manuscrit original est fait d’un cahier de 14 pages blanches, petit in-4° portant ce filigrane : M. Homo.

    Le texte est surchargé de ratures et de corrections ; de nombreuses phrases sont effacées, puis rétablies et il est intéressant de suivre, sur ce manuscrit, les diverses étapes de la pensée de l’auteur.

    Nous publions, d’après M. Lucien Peise, le texte définitif auquel s’arrêta Robespierre.