À Philoxène Boyer

À Philoxène Boyer
OdelettesAlphonse Lemerre (p. 146-147).

 
      David, brûlé de pures flammes,
      Dans un chant aux notes divines,
      Pour faire soupirer deux âmes
      Croise des rimes féminines.

      La Volupté ravie embrase
      Tout ce cantique des cantiques,
      Et jamais si suave extase
      Ne charma les odes antiques.

      On dirait deux blanches colombes
      Que les feux de l’amour meurtrissent,
      Roucoulant au-dessus des tombes
      Au mois où les roses fleurissent.

      Si comme toi, quand tu te penches
      Sur sa féerie où tout respire,
      J’avais entrevu sous les branches
      Le songe étoilé de Shakspere,


      Je voudrais écrire un poëme
      Dans ce rhythme des cœurs fidèles,
      Aussi doux que le mot : Je t’aime,
      Et rempli de langueurs mortelles,

      Et, comme dans une peinture
      Où se lamente le génie,
      Toutes les voix de la nature
      Pleureraient dans ma symphonie.



Juin 1856.