Tristesse du soir

Vers et Prosetome 12, décembre 1907, janvier-février 1908 (p. 109).


Tout cela qui m’échappe,
Me paraît éloigné et comme sans retour :
Les collines brunes, la mer flamboyante,
Les arbres qui bougent le long du port.
Les cloches qui sonnent par-dessus l’eau.
Et je suis déjà prêt,
Dans l’obscurité qui s’épanche menaçante,
À aller avec eux,
Seul dans le soir,
Avec ma solitude qui pèse.

Une timide mélodie
S’en vient des métairies
— Entre les collines qui, dans le soir,
D’un léger pas pénètrent —

Doucement oppressé, j’écoute
Comment dans les Ténèbres
Les enfants prient Dieu,
Pour dormir et rêver de doux rêves.