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grand nombre de villageoises et de vieillards des deux sexes qui venaient régulièrement dire, ce jour-là, les prières des morts pour l’abbé Féline, ils avaient traversé les ombrages du cimetière, et ils montèrent à la travée par la petite porte de la sacristie. Cette fois, Fiamma prit place dans la tribune seigneuriale ; Simon était à ses côtés. Un rideau rouge les cachait à tout autre regard que celui des anges gardiens du saint lieu. Par une fente de ce rideau, Simon vit l’autel étinceler aux rayons empourprés du matin. Tout était prêt pour le service funèbre qui devait être célébré à midi. La piété de Bonne s’était occupée la veille de ces saints devoirs en remplacement de Jeanne, qui, pour la première fois, n’en avait pas eu la force. Le drap mortuaire, avec sa grande croix d’argent, était étendu sur le cénotaphe et semé de violettes printanières. Des lis sans tache, mêlés à des branches de cyprès fraîchement coupées, embaumaient le chœur. Les oiseaux chantaient et voltigeaient autour des fenêtres entr’ouvertes, devant lesquelles on voyait se balancer les branches des arbres émus par la brise matinale. À l’intérieur régnait un religieux silence, interrompu seulement de temps à autre par les pas inégaux d’un vieillard qui entrait avec précaution, ou par le cri d’un enfant que sa mère allaitait en priant.
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grand nombre de villageoises et de vieillards des deux
 
sexes qui venaient régulièrement dire, ce jour-là, les
 
prières des morts pour l’abbé Féline ils avaient traversé
 
les ombrages du cimetière et ils montèrent à la travée
 
par la petite porte de la sacristie. Cette fois, Fiamma prit
 
place dans la tribune seigneuriale ; Simon était à ses
 
côtés. Un rideau rouge les cachait à tout autre regard
 
que celui des anges gardiens du saint lieu. Par une
 
fente de ce rideau, Simon vit l’autel étinceler aux rayons
 
empourprés du matin. Tout était prêt pour le service
 
funèbre qui devait être célébré à midi. La piété de Bonne
 
s’était occupée la veille de ces saints devoirs en rem.
 
placement de Jeanne, qui, pour la première fois, n’en
 
avait pas eu la force. Le drap mortuaire, avec sa grande I
 
croix d’argent, était étendu sur le cénotaphe et semé de
 
violettes printanières. Des lis sans tache, mêlés à des
 
branches de cyprès fralchement coupées, embaumaient
 
le chœur. Les oiseaux chantaient et voltigeaient autour
 
des fenêtres entr’ouvertes, devant lesquelles on voyait se
 
balancer les branches des arbres émus par la brise matinale.
 
à l’intérieur régnait un religieux silence, interrompu
 
seulement de temps à autre par les pas inégaux
 
   
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d’un vieillard qui entrait avec précaution, ou par le cri |
 
d’un enfant que sa mère allaitait en priant.
 
   
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« 0 mon amie 1 dit Simon à l’oreille de sa fiancée quel
 
charme indicible votre présence répand sur cette heure
 
ordinairement si mélancolique dans ma vie ! Quelle promesse
 
de bonheur m’apporte-t-elle donc pour que l’aspect
 
d’un cercueil et le souvenir d’un mort fassent nattre en
 
moi des idées si suaves et un calme si délicieux ? 9
 
-Tout est beau et serein dans la mort du juste, lui répondit
 
Fiamma ; son départ cause des larmes, mais son
 
souvenir laisse l’espéranco et la consolation sur la terre. »
 
XVI.
 
   
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« Ô mon amie ! dit Simon à l’oreille de sa fiancée, quel charme indicible votre présence répand sur cette heure ordinairement si mélancolique dans ma vie ! Quelle promesse de bonheur m’apporte-t-elle donc pour que l’aspect d’un cercueil et le souvenir d’un mort fassent naître en moi des idées si suaves et un calme si délicieux ?
Fiamma sortit la première de l’église ; elle n’avait
 
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point osé dire à Simon l’indisposition de sa mère et elle
 
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— Tout est beau et serein dans la mort du juste, lui répondit Fiamma ; son départ cause des larmes, mais son souvenir laisse l’espérance et la consolation sur la terre. »<section end="xv" /><section begin="xvi" />
voulait avoir de ses nouvelles par elle-même avant de
 
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rentrer au château. Elle la trouva dormant d’un sommeil
 
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Jeanne avait fait mettre son livre de prières et son crucifix
 
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Fiamma sortit la première de l’église ; elle n’avait point osé dire à Simon l’indisposition de sa mère, et elle voulait avoir de ses nouvelles par elle-même avant de rentrer au château. Elle la trouva dormant d’un sommeil paisible. Ne se sentant pas la force d’aller à l’église, Jeanne avait fait mettre son livre de prières et son crucifix sur son lit. Le psautier était ouvert au ''De {{tiret|profun|dis}}''
sur son lit. Le psautier était ouvert au De profan-
 
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