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{{tiret2|con|trastaient}} avec des vêtements poudreux et usés par un long voyage. Par quel caprice le cardinal s’attacha-t-il à examiner ce jeune homme et à vouloir s’enquérir de lui ? c’est ce que l’abbé Ninfo lui-même ne sait point et m’a chargé de pénétrer, s’il est possible. Il y a une chose certaine : c’est que la manie qui, depuis longtemps, possède le cardinal de s’enquérir du nom et de l’âge de tous les gens du peuple dont la figure le frappe, a survécu à la perte de son activité et de sa mémoire. C’est comme une inquiétude vague qui lui reste de ses fonctions de haute police, et, par ses regards impérieux, il fait comprendre à l’abbé Ninfo qu’il ait à interroger et à lui rendre compte. Il est vrai que lorsque l’abbé lui montra ensuite le résumé écrit de ses interrogations, il parut n’y prendre aucun intérêt : de même que, toutes les fois que l’abbé l’importune de ses demandes indiscrètes ou de ses questions insidieuses, Son Éminence, après avoir lu les premiers mots, ferme les yeux d’un air courroucé, pour montrer qu’elle ne veut pas être fatiguée davantage. Peut-être Votre Altesse ne savait-elle pas ces détails, dont le docteur Recuperati n’est jamais témoin ; car, pendant le peu d’heures de sommeil qu’il est permis à ce bon docteur de goûter, la surveillance des serviteurs dévoués, dont Votre Altesse a su entourer le cardinal, n’est pas telle que le Ninfo ne s’introduise auprès de lui, pour le réveiller sans façon et lui placer devant les yeux certaines phrases écrites dont il espère un heureux effet. Le cardinal, ainsi éveillé, a, grâce à la souffrance et à la colère, un instant de lucidité plus grande que de coutume ; il lit, paraît comprendre et essaie de murmurer des mots dont quelques syllabes sont intelligibles pour son persécuteur ; mais aussitôt après il retombe dans un nouvel accablement, et la faible lumière de sa vie est usée et amoindrie d’autant plus.
{{tiret2|con|trastaient}} avec des vêtements poudreux et usés par un long voyage.
 
Par quel caprice le cardinal s’attacha-t-il à examiner ce jeune homme et
 
à vouloir s’enquérir de lui ? c’est ce que l’abbé Ninfo lui-même ne sait
 
point et m’a chargé de pénétrer, s’il est possible. Il y a une chose
 
certaine : c’est que la manie qui, depuis longtemps, possède le cardinal
 
de s’enquérir du nom et de l’âge de tous les gens du peuple dont la
 
figure le frappe, a survécu à la perte de son activité et de sa mémoire.
 
C’est comme une inquiétude vague qui lui reste de ses fonctions de haute
 
police, et, par ses regards impérieux, il fait comprendre à l’abbé Ninfo
 
qu’il ait à interroger et à lui rendre compte. Il est vrai que lorsque
 
l’abbé lui montra ensuite le résumé écrit de ses interrogations, il
 
parut n’y prendre aucun intérêt : de même que, toutes les fois que l’abbé
 
l’importune de ses demandes indiscrètes ou de ses questions insidieuses,
 
Son Éminence, après avoir lu les premiers mots, ferme les yeux d’un air
 
courroucé, pour montrer qu’elle ne veut pas être fatiguée davantage.
 
Peut-être Votre Altesse ne savait-elle pas ces détails, dont le docteur
 
Recuperati n’est jamais témoin ; car, pendant le peu d’heures de sommeil
 
qu’il est permis à ce bon docteur de goûter, la surveillance des
 
serviteurs dévoués, dont Votre Altesse a su entourer le cardinal, n’est
 
pas telle que le Ninfo ne s’introduise auprès de lui, pour le réveiller
 
sans façon et lui placer devant les yeux certaines phrases écrites dont
 
il espère un heureux effet. Le cardinal, ainsi éveillé, a, grâce à la
 
souffrance et à la colère, un instant de lucidité plus grande que de
 
coutume ; il lit, paraît comprendre et essaie de murmurer des mots dont
 
quelques syllabes sont intelligibles pour son persécuteur ; mais aussitôt
 
après il retombe dans un nouvel accablement, et la faible lumière de sa
 
vie est usée et amoindrie d’autant plus.
 
   
 
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« Ainsi, s’écria la princesse indignée, de flatteur et d’espion, ce
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« Ainsi, s’écria la princesse indignée, de flatteur et d’espion, ce scélérat s’est fait le bourreau et l’assassin de mon malheureux oncle ! Vous voyez bien, monsieur le capitaine, qu’il faut l’en délivrer au plus vite, et qu’il n’est pas besoin d’autre motif pour me faire désirer qu’il soit éloigné de nous.
scélérat s’est fait le bourreau et l’assassin de mon malheureux oncle !
 
Vous voyez bien, monsieur le capitaine, qu’il faut l’en délivrer au plus
 
vite, et qu’il n’est pas besoin d’autre motif pour me faire désirer
 
qu’il soit éloigné de nous.
 
   
― Pardon, Madame, répondit l’obstiné bandit. Si je ne vous avais pas
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― Pardon, Madame, répondit l’obstiné bandit. Si je ne vous avais pas informée de ces choses, vous auriez des motifs plus personnels encore, que vous ne voulez pas me dire, mais que je me suis fait dire par le Ninfo. Je
informée de ces choses, vous auriez des motifs plus personnels encore,
 
que vous ne voulez pas me dire, mais que je me suis fait dire par le
 
Ninfo. Je
 
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