Différences entre versions de « Page:Kant - Critique du jugement, trad. Barni, tome premier.djvu/117 »

m
→‎top : clean up, retrait: ­ (13)
(Pywikibot touch edit)
m (→‎top : clean up, retrait: ­ (13))
Contenu (par transclusion) :Contenu (par transclusion) :
Ligne 1 : Ligne 1 :
comme un jugement logique fondé sur un juge­ment esthétique. Le jugement par lequel je déclare que la rose est agréable (dans l'usage) est aussi à la vérité un jugement esthétique et particu­lier, mais ce n'est point un jugement de goût, c'est un jugement de sens. Il se distingue du précédent en ce que le jugement de goût contient une ''quan­tité esthétique ''d'universalité, qu'on ne peut trou­ver dans un jugement sur l'agréable. Il n'y a que les jugements sur le bon qui, bien qu'ils déter­minent aussi une satisfaction attachée à un objet, aient une universalité logique et non pas seule­ment esthétique ; car leur valeur dépend de l'objet même qu'ils nous font connaître, et c'est pour­quoi elle est universelle.
+
comme un jugement logique fondé sur un jugement esthétique. Le jugement par lequel je déclare que la rose est agréable (dans l'usage) est aussi à la vérité un jugement esthétique et particulier, mais ce n'est point un jugement de goût, c'est un jugement de sens. Il se distingue du précédent en ce que le jugement de goût contient une ''quantité esthétique ''d'universalité, qu'on ne peut trouver dans un jugement sur l'agréable. Il n'y a que les jugements sur le bon qui, bien qu'ils déterminent aussi une satisfaction attachée à un objet, aient une universalité logique et non pas seulement esthétique ; car leur valeur dépend de l'objet même qu'ils nous font connaître, et c'est pourquoi elle est universelle.
   
Quand on juge les objets seulement d'après des con­cepts, toute représentation de la beauté disparaît. Aussi ne peut-on donner une règle suivant laquelle chacun serait forcé de déclarer une chose belle. S'a­git-il de juger si un habit, si une maison, si une fleur est belle, on ne se laisse point entraîner par des raisons ou des principes. On veut soumettre l'objet à ses propres yeux, comme si la satisfaction dé­pendait de la sensation ; et pourtant, si alors on déclare l'objet beau, on croit avoir pour soi le suf­frage universel, on réclame l'assentiment de cha­cun, tandis qu'au contraire toute sensation indivi­duelle n'a de valeur que pour celui qui l'éprouve.
+
Quand on juge les objets seulement d'après des concepts, toute représentation de la beauté disparaît. Aussi ne peut-on donner une règle suivant laquelle chacun serait forcé de déclarer une chose belle. S'agit-il de juger si un habit, si une maison, si une fleur est belle, on ne se laisse point entraîner par des raisons ou des principes. On veut soumettre l'objet à ses propres yeux, comme si la satisfaction dépendait de la sensation ; et pourtant, si alors on déclare l'objet beau, on croit avoir pour soi le suffrage universel, on réclame l'assentiment de chacun, tandis qu'au contraire toute sensation individuelle n'a de valeur que pour celui qui l'éprouve.
366 509

modifications