Différences entre versions de « Pastorale comique »

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Douze Égyptiens, dont quatre jouent de la guitare, quatre des castagnettes, quatre, des gnacares, dansent avec l'Égyptienne, aux chansons qu'elle chante.
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Pastorale comique
===Sc 1 et 2===
La première scène est entre Lycas, riche pasteur, et Coridon, son confident.
La seconde scène est une cérémonie magique de chantres et danseurs.
Les deux magiciens dansants sont: les sieurs La Pierre et Favier.
Les trois magiciens assistants et chantants sont: MM. le Gros, Don et Gaye.
Ils chantent.
 
Déesse des appas,
Ne nous refuse pas
La grâce qu'implorent nos bouches:
Nous t'en prions par tes rubans,
Par tes boucles de diamants,
Ton rouge, ta poudre, tes mouches,
Ton masque, ta coiffe et tes gants.
 
Ô toi! qui peux rendre agréables
Les visages les plus mal faits,
Répands, Vénus, de tes attraits
Deux ou trois doses charitables
Sur ce museau tondu tout frais.
 
Déesse des appas,
Ne nous refuse pas
La grâce qu'implorent nos bouches:
Nous t'en prions par tes rubans,
Par tes boucles de diamants,
Ton rouge, ta poudre, tes mouches,
Ton masque, ta coiffe et tes gants.
Ah! qu'il est beau,
Le jouvenceau!
Ah! qu'il est beau! ah! qu'il est beau!
Qu'il va faire mourir de belles!
Auprès de lui, les plus cruelles
Ne pourront tenir dans leur peau.
Ah! qu'il est beau,
Le jouvenceau!
Ah! qu'il est beau! ah! qu'il est beau!
Ho, ho, ho, ho, ho, ho.
 
Qu'il est joli,
Gentil, poli!
Qu'il est joli! qu'il est joli!
Est-il des yeux qu'il ne ravisse?
Il passe en beauté feu Narcisse,
Qui fut un blondin accompli.
 
Qu'il est joli,
Gentil, poli!
Qu'il est joli! qu'il est joli!
Hi, hi, hi, hi, hi, hi.
 
Les six magiciens assistants et dansants sont: les sieurs Chicaneau, Bonard, Noblet le cadet, Arnald, Mayeu et Foignard.
 
===Sc. 3===
La troisième scène est entre Lycas et Filène, riches pasteurs.
 
FILÈNE chante:
 
Paissez, chères brebis, les herbettes naissantes,
Ces prés et ces ruisseaux ont de quoi vous charmer;
Mais si vous desirez vivre toujours contentes,
Petites innocentes,
Gardez-vous bien d'aimer.
 
Lycas, voulant faire des vers, nomme le nom d'Iris, sa maîtresse, en présence de Filène, son rival; dont Filène en colère chante.
 
FILÈNE
 
Est-ce toi que j'entends, téméraire, est-ce toi
Qui nommes la beauté qui me tient sous sa loi?
 
LYCAS répond:
 
Oui, c'est moi; oui, c'est moi.
 
FILÈNE
 
Oses-tu bien en aucune façon
Proférer ce beau nom?
 
LYCAS
 
Hé! pourquoi non? hé! pourquoi non?
 
FILÈNE
 
Iris charme mon âme;
Et qui pour elle aura
Le moindre brin de flamme,
Il s'en repentira.
 
LYCAS
 
Je me moque de cela,
Je me moque de cela.
 
FILÈNE
 
Je t'étranglerai, mangerai,
Si tu nommes jamais ma belle.
Ce que je dis, je le ferai,
Je t'étranglerai, mangerai:
Il suffit que j'en ai juré.
Quand les dieux prendroient ta querelle
Je t'étranglerai, mangerai,
Si tu nommes jamais ma belle.
 
LYCAS
 
Bagatelle, bagatelle.
===Sc 4 à 7===
La quatrième scène est entre Lycas et Iris, jeune bergère dont Lycas est amoureux.
La cinquième scène est entre Lycas et un pâtre, qui apporte un cartel à Lycas de la part de Filène, son rival.
La sixième scène est entre Lycas et Coridon.
La septième scène est entre Lycas et Filène.
 
FILÈNE, venant pour se battre, chante:
 
Arrête, malheureux,
Tourne, tourne visage,
Et voyons qui des deux
Obtiendra l'avantage.
Lycas parle, et Filène reprend:
C'est par trop discourir;
Allons, il faut mourir.
===Sc 8 à 12===
La huitième scène est de huit paysans, qui, venant pour séparer Filène et Lycas, prennent querelle et dansent en se battant.
Les huit paysans sont: les sieurs Dolivet, Paysan, Desonets, du Pron, la Pierre, Mercier, Pesan et le Roi.
La neuvième scène est entre Coridon, jeune berger et les huit paysans, qui, par les persuasions de Coridon, se réconcilient, et après s'être réconciliés, dansent.
La dixième scène est entre Filène, Lycas et Coridon.
La onzième scène est entre Iris, bergère, et Coridon, berger.
La douzième scène est entre Iris, bergère, Filène, Lycas et Coridon.
 
FILÈNE chante.
 
N'attendez pas qu'ici je me vante moi-même,
Pour le choix que vous balancez:
Vous avez des yeux, je vous aime,
C'est vous en dire assez.
===Sc 13===
La treizième scène est entre Filène et Lycas, qui,rebutés par la belle Iris, chantent ensemble leur désespoir.
 
FILÈNE
 
Hélas! peut-on sentir de plus vive douleur?
Nous préférer un servile pasteur!
Ô ciel!
 
LYCAS
 
Ô sort!
 
FILÈNE
 
Quelle rigueur!
 
LYCAS
 
Quel coup!
 
FILÈNE
 
Quoi? tant de pleurs,
 
LYCAS
 
Tant de persévérance,
 
FILÈNE
 
Tant de langueur,
 
LYCAS
 
Tant de souffrance,
 
FILÈNE
 
Tant de vœux,
 
LYCAS
 
Tant de soins,
 
FILÈNE
 
Tant d'ardeur,
 
LYCAS
 
Tant d'amour
 
FILÈNE
 
Avec tant de mépris sont traités en ce jour!
Ha! cruelle,
 
LYCAS
 
Cour dur,
 
FILÈNE
 
Tigresse,
 
LYCAS
 
Inexorable,
 
FILÈNE
 
Inhumaine,
 
LYCAS
 
Inflexible,
 
FILÈNE
 
Ingrate,
 
LYCAS
 
Impitoyable,
 
FILÈNE
 
Tu veux donc nous faire mourir?
Il te faut contenter.
 
LYCAS
 
Il te faut obéir.
 
FILÈNE
 
Mourons, Lycas.
 
LYCAS
 
Mourons, Filène.
 
FILÈNE
 
Avec ce fer finissons notre peine.
 
LYCAS
 
Pousse!
 
FILÈNE
 
Ferme!
 
LYCAS
 
Courage!
 
FILÈNE
 
Allons, va le premier.
 
LYCAS
 
Non, je veux marcher le dernier.
 
FILÈNE
 
Puisqu'un même malheur aujourd'hui nous assemble,
Allons, partons ensemble.
===Sc 14===
La quatorzième scène est d'un jeune berger enjoué, qui, venant consoler Filène et Lycas, chante:
Ha! quelle folie
De quitter la vie
Pour une beauté
Dont on est rebuté!
On peut, pour un objet aimable
Dont le cour nous est favorable,
Vouloir perdre la clarté;
Mais quitter la vie
Pour une beauté
Dont on est rebuté,
Ha! quelle folie!
===Sc 15===
La quinzième et dernière scène est d'une égyptienne, suivie d'une douzaine de gens, qui, ne cherchant que la joie, dansent avec elle aux chansons qu'elle chante agréablement. En voici les paroles:
 
Premier air.
 
D'un pauvre cour
Soulagez le martyre,
D'un pauvre cour
Soulagez la douleur.
J'ai beau vous dire
Ma vive ardeur,
Je vous vois rire
De ma langueur.
Ah! cruelle, j'expire
Sous tant de rigueur.
D'un pauvre cour
Soulagez le martyre,
D'un pauvre cour
Soulagez la douleur.
 
Second air
 
Croyez-moi, hâtons-nous, ma Sylvie:
Usons bien des moments précieux;
Contentons ici notre envie,
De nos ans le feu nous y convie.
Nous ne saurions, vous et moi, faire mieux.
 
Quand l'hiver a glacé nos guérets,
Le printemps vient reprendre sa place,
Et ramène à nos champs leurs attraits;
Mais, hélas! quand l'âge nous glace,
Nos beaux jours ne reviennent jamais.
 
Ne cherchons tous les jours qu'à nous plaire,
Soyons-y l'un et l'autre empressés;
Du plaisir faisons notre affaire,
Des chagrins songeons à nous défaire:
Il vient un temps où l'on en prend assez.
 
Quand l'hiver a glacé nos guérets,
Le printemps vient reprendre sa place,
Et ramène à nos champs leurs attraits;
Mais, hélas! quand l'âge nous glace,
Nos beaux jours ne reviennent jamais.
 
L'égyptienne qui danse et chante est: Noblet l'aîné.
Les douze dansants sont:
Quatre jouant de la guitare, M. de Lully, MM. Beauchamp, Chicaneau et Vagnart.
Quatre jouant des castagnettes, Les sieurs Favier, Bonard, Saint-André et Arnald;
Quatre jouant des gnacares, MM. La Marre, Des-Airs second, Du Feu et Pesan.