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{{tiret2|complé|taient}} ce tableau, on peut se figurer la noblesse et la grandeur d’une pareille mise en scène, combien elle devait inspirer de respect aux vassaux cités devant la cour du comte. Certes, pour défendre sa cause en face d’un tribunal si noblement assis et entouré, il fallait avoir trois fois raison. Mais nous avons l’occasion de revenir sur les dispositions des tribunaux seigneuriaux au mot {{DRAFL|Salle|Salle}}, auquel nous renvoyons nos lecteurs.
 
Les châteaux des {{s|XIV|e|-}} et {{s|XV|e|s}} possèdent encore un grand nombre de cheminées de petite dimension dans les tours et les appartements privés. Souvent ces cheminées sont habilement disposées pour chauffer deux pièces. Lebœuf<ref>''Hist. du dioc. de Paris'', t XII, p. 53.</ref> dit avoir vu, dans le donjon du château de Montlhéry, « une cheminée construite de manière qu’elle servait à quatre chambres. » {{ancre|Bourges}}L’hôtel de Jacques Cœur, à {{DRAFL2|B|Bourges|Bourges}}, renferme d’assez belles cheminées du {{s|XV}} ; l’une de celles qui sont conservées représente un couronnement de château avec créneaux, {{sic2|machicoulis|mâchicoulis}} et lucarnes ; entre les créneaux sont de petites figures à mi-corps ; les unes tirent de l’arc ou de l’arbalète, d’autres jouent du cor et de la cornemuse, d’autres jettent des cailloux, tiennent des étendards, etc. Cette cheminée porte 1{{e|m}},66 sous le manteau sur 2{{e|m}},57 de largeur. Mais la plus intéressante, parmi les cheminées de cet hôtel, était celle qui représentait un tournoi burlesque, et dont il ne reste que des fragments déposés aux archives de la mairie. Sur le manteau étaient sculptés des paysans montés sur des baudets, ayant des bâtons pour lances, des fonds de paniers pour écus, et courant la barrière. Jacques Cœur, qui n’aimait guère la noblesse féodale de son temps, avait-il voulu avoir sous les yeux cette caricature d’un des délassements les plus ordinaires des seigneurs de la cour du roi Charles VII ? ou est-ce là une fantaisie du sculpteur ? Quoi qu’il en soit, il est fort regrettable que ce précieux monument été détruit.
 
Dans les habitations des bourgeois du {{s|XIV|e|-}} au {{s|XV}}, les cheminées sont décorées avec luxe, comme chez les seigneurs, mais dans des proportions plus restreintes et en rapport avec la dimension des pièces. La sculpture sur pierre était chère, et, comme de nos jours, le bourgeois voulait souvent ''paraître'' à peu de frais ; aussi beaucoup de cheminées d’habitations privées étaient en bois apparent ou recouvert de plâtre sculpté et mouluré. On retrouve encore, dans plusieurs villes de province, quelques exemples de ces cheminées conservées malgré leur fragilité ; nous en avons vu plusieurs à Toulouse, dans des maisons que l’on démolissait dernièrement, dans le voisinage de la place du Capitole ; et il en existe deux fort précieuses, à cause de leur parfaite conservation, dans la petite ville de Saint-Antonin (Tarn-et-Garonne), autrefois industrieuse et riche, aujourd’hui réduite à l’état de bourgade. Ces deux cheminées datent du {{s|XV}} ; la plus simple, celle que nous donnons ('''11'''), se compose de deux pieds-droits en pierre et d’un manteau formé d’un châssis de bois
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