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nouvelles qui paraissent engagées, la France a les inconvéniens de sa position, si elle n’a pas l’autorité qu’aurait pu lui donner une participation active à l’expédition d’Egypte, elle a du moins un avantage : elle ne peut pas être soupçonnée de vouloir créer des difficultés à l’Angleterre ou raviver des conflits ; elle défend sans arrière-pensée, le plus pacifiquement du monde, ce qu’elle peut sauver de ses intérêts traditionnels et légitimes, elle ne réclame que des garanties qui profiteront à l’Europe. La France s’est certes conduite en puissance amie avec l’Angleterre ; elle l’a complimentée de ses succès et lui a même dit que « sa victoire aurait d’heureuses conséquences pour la France à Alger et à Tunis. » Si l’Angleterre à son tour est prévoyante, elle. évitera sûrement de laisser dans ses rapports avec la France le mauvais souvenir d’un abus de ses succès et de sa prépondérance en Egypte.
{{tiret2|nou|velles}} qui paraissent engagées, la France a les inconvéniens de sa position, si elle n’a pas l’autorité qu’aurait pu lui donner une participation active à l’expédition d’Egypte, elle a du moins un avantage : elle ne peut pas être soupçonnée de vouloir créer des difficultés à l’Angleterre ou raviver des conflits ; elle défend sans arrière-pensée, le plus pacifiquement du monde, ce qu’elle peut sauver de ses intérêts traditionnels et légitimes, elle ne réclame que des garanties qui profiteront à l’Europe. La France s’est certes conduite en puissance amie avec l’Angleterre ; elle l’a complimentée de ses succès et lui a même dit que « sa victoire aurait d’heureuses conséquences pour la France à Alger et à Tunis. » Si l’Angleterre à son tour est prévoyante, elle. évitera sûrement de laisser dans ses rapports avec la France le mauvais souvenir d’un abus de ses succès et de sa prépondérance en Egypte.


D’ici à peu de jours, les parlemens seront rassemblés un peu partout et pourront évoquer ces affaires qui sont un objet de préoccupation commune. Ils sont déjà réunis à Londres, à Pesth, à Paris ; ils vont se réunir dans quelques autres pays de l’Europe, en Allemagne, en Italie, et ici, à Berlin comme à Rome, ces parlemens ont le mérite d’être tout nouveaux, d’avoir été récemment élus. En Prusse et en Italie, les élections se sont faites il y a quelques jours à peine, et dans les deux pays, elles n’ont pas laissé d’avoir leur signification particulière si elles n’ont pas une importance égale. Elles semblent marquer une certaine phase assez caractéristique dans le mouvement intérieur des deux nations. Les élections prussiennes, comme toutes les élections, ont été naturellement précédées d’assez vives agitations d’opinions, de luttes ardentes entre les partis, de violens défis mêlés de beaucoup de jactance, et, en fin de compte elles paraissent avoir trompé les calculs des tacticiens, même peut-être les prévisions du chancelier. A travers tout, en effet, on avait paru s’accorder à croire que les partis libéraux, progressistes ou nationaux-libéraux, reprendraient quelque ascendant, que les socialistes eux-mêmes feraient quelques conquêtes et que les conservateurs seraient les premières victimes du scrutin. Il n’en arien été, c’est le contraire qui est arrivé. Ce n’est pas que les résultats soient bien tranchés ; ils restent néanmoins comme un signe du travail d’opinion qui s’accomplit. Dans cette mêlée électorale, ce sont les conservateurs qui ont eu l’avantage ; ils ont gagné à peu près vingt voix et ils forment maintenant le groupe le plus nombreux, le plus compact de la chambre prussienne. Après les conservateurs, le centre catholique reste le plus gros bataillon ; il revient avec son contingent presque invariable de cent députés au Landtag. Ce sont les nationaux-libéraux, les modérés, qui ont essuyé les défaites les plus sensibles ; ils ont perdu les vingt voix qu’ont gagnées les conservateurs. Les progressistes plus avancés ont maintenu leurs positions, et les socialistes n’ont rien conquis.
D’ici à peu de jours, les parlemens seront rassemblés un peu partout et pourront évoquer ces affaires qui sont un objet de préoccupation commune. Ils sont déjà réunis à Londres, à Pesth, à Paris ; ils vont se réunir dans quelques autres pays de l’Europe, en Allemagne, en Italie, et ici, à Berlin comme à Rome, ces parlemens ont le mérite d’être tout nouveaux, d’avoir été récemment élus. En Prusse et en Italie, les élections se sont faites il y a quelques jours à peine, et dans les deux pays, elles n’ont pas laissé d’avoir leur signification particulière si elles n’ont pas une importance égale. Elles semblent marquer une certaine phase assez caractéristique dans le mouvement intérieur des deux nations. Les élections prussiennes, comme toutes les élections, ont été naturellement précédées d’assez vives agitations d’opinions, de luttes ardentes entre les partis, de violens défis mêlés de beaucoup de jactance, et, en fin de compte elles paraissent avoir trompé les calculs des tacticiens, même peut-être les prévisions du chancelier. A travers tout, en effet, on avait paru s’accorder à croire que les partis libéraux, progressistes ou nationaux-libéraux, reprendraient quelque ascendant, que les socialistes eux-mêmes feraient quelques conquêtes et que les conservateurs seraient les premières victimes du scrutin. Il n’en arien été, c’est le contraire qui est arrivé. Ce n’est pas que les résultats soient bien tranchés ; ils restent néanmoins comme un signe du travail d’opinion qui s’accomplit. Dans cette mêlée électorale, ce sont les conservateurs qui ont eu l’avantage ; ils ont gagné à peu près vingt voix et ils forment maintenant le groupe le plus nombreux, le plus compact de la chambre prussienne. Après les conservateurs, le centre catholique reste le plus gros bataillon ; il revient avec son contingent presque invariable de cent députés au Landtag. Ce sont les nationaux-libéraux, les modérés, qui ont essuyé les défaites les plus sensibles ; ils ont perdu les vingt voix qu’ont gagnées les conservateurs. Les progressistes plus avancés ont maintenu leurs positions, et les socialistes n’ont rien conquis.
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