« Othon » : différence entre les versions

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==__MATCH__:[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/588]]==
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/588]]==
 
 
 
{{Scène|première}}
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/589]]==
<poem>
 
{{Personnage| ALBIN |c}}
Et détruit, d’autant plus que plus on le voit croître,
Ce que l’on doit d’amour aux vertus de son maître.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/590]]==
<poem>
 
{{Personnage| OTHON |c}}
Je les voyais tous trois se hâter sous un maître
Qui, chargé d’un long âge, a peu de temps à l’être,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/591]]==
<poem>
Et tous trois à l’envi s’empresser ardemment
A qui dévorerait ce règne d’un moment.
{{Personnage| ALBIN |c}}
Vos vœux furent reçus ?
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/592]]==
<poem>
 
{{Personnage| OTHON |c}}
Si, comme tu le dis, sa main doit faire un maître,
Aucun de nos tyrans n’est encor las de l’être ;
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/593]]==
<poem>
Et ce serait tous trois les attirer sur moi,
Qu’aspirer sans leur ordre à recevoir sa foi.
A faire que Galba choisisse un successeur,
Ils voudront par ce choix se mettre en assurance,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/594]]==
<poem>
Et n’en proposeront que de leur dépendance.
Je sais… Mais Vinius que j’aperçois venir…
Vous me devez, seigneur, peut-être quelque chose :
Sans moi, sans mon crédit qu’à leurs desseins j’oppose,
 
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/595]]==
<poem>
Lacus et Martian vous auraient peu souffert ;
Il faut à votre tour rompre un coup qui me perd,
Il voit de toutes parts du tumulte excité :
Le soldat en Syrie est presque révolté ;
 
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/596]]==
<poem>
Vitellius avance avec la force unie
Des troupes de la Gaule et de la Germanie ;
Et je ne vois pour nous qu’un naufrage certain,
S’il nous faut recevoir un prince de leur main.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/597]]==
<poem>
 
{{Personnage| OTHON |c}}
Il en est dont le cœur pour Camille soupire,
Et qui seront ravis de vous devoir l’empire.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/598]]==
<poem>
 
{{Personnage| VINIUS |c}}
A de vaines frayeurs un noir soupçon vous livre :
Pison n’est point cruel et nous laissera vivre.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/599]]==
<poem>
 
{{Personnage| VINIUS |c}}
Du trône on considère enfin ses vrais amis,
Et quand vous pourrez tout, tout vous sera permis.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/600]]==
<poem>
 
{{Scène|III}}
Et pour les éviter, j’achève en trois paroles :
Si vous manquez le trône, il faut périr tous trois.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/601]]==
<poem>
Prévenez, attendez cet ordre à votre choix :
Je me remets à vous de ce qui vous regarde ;
Quand vous voyez ma vie à la vôtre attachée,
Faut-il que malgré moi votre âme effarouchée,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/602]]==
<poem>
Pour m’ouvrir le tombeau, hâte votre trépas,
Et m’avance un destin où je ne consens pas ?
Voulut borner ses vœux à vivre dans ses fers ;
Et qu’à moins que d’un ordre absolu d’elle-même
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/603]]==
<poem>
Il aurait renoncé pour elle au diadème !
 
Je ne vous défends point une douleur muette,
Pourvu que votre front n’en soit point l’interprète,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/604]]==
<poem>
Et que de votre cœur vos yeux indépendants
Triomphent comme moi des troubles du dedans.
 
{{Scène|première}}
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/605]]==
<poem>
 
{{Personnage| PLAUTINE |c}}
{{Personnage| PLAUTINE |c}}
Je le force moi-même à se montrer volage ;
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/606]]==
<poem>
Et regardant son change ainsi que mon ouvrage,
J’y prends un intérêt qui n’a rien de jaloux :
Qu’ait su garder l’amour dont elle est prévenue,
On a vu, par ce peu qu’il laissait échapper,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/607]]==
<poem>
Qu’elle prenait plaisir à se laisser tromper ;
Et que si quelquefois l’horreur de la contrainte
 
{{Personnage| FALVIE |c}}
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/608]]==
<poem>
Mais il faut se résoudre, et vouloir quelque chose.
 
 
{{Personnage| MARTIAN |c}}
{{caché|Quels vœux et quel espoir ? }} Cet important service,esp
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/609]]==
<poem>
oir ? }} Cet important service,
Qu’un si profond respect vous offre en sacrifice…
 
Othon m’en sert de preuve : il n’avait rien aimé,
Depuis que de Poppée il s’était vu charmé ;
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/610]]==
<poem>
Bien que d’entre ses bras Néron l’eût enlevée,
L’image dans son cœur s’en était conservée ;
Ils ont mis en nos mains la fortune publique ;
Ils ont soumis la terre à notre politique ;
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/611]]==
<poem>
Patrobe, Polyclète, et Narcisse, et Pallas,
Ont déposé des rois et donné des états.
Que ceux de nos césars qui les ont écoutés
Ont tous souillé leurs noms par quelques lâchetés,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/612]]==
<poem>
Et que pour dérober l’empire à cette honte
L’univers a besoin qu’un vrai héros y monte.
Qu’en dites-vous, seigneur ? Pourrez-vous bien souffrir
Cet hymen que Lacus de sa part vient m’offrir ?
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/613]]==
<poem>
Le grand maître a parlé, voudrez-vous l’en dédire,
Vous qu’on voit après lui le premier de l’empire ?
Réunirait par moi Vinius avec vous.
Par là de nos trois cœurs l’amitié ressaisie,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/614]]==
<poem>
En déracinerait et haine et jalousie.
Le pouvoir de tous trois, par tous trois affermi,
Ah ! Pour en être digne, il l’est, et plus que tous ;
Mais aussi, pour tout dire, il en sait trop pour nous.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/615]]==
<poem>
Il sait trop ménager ses vertus et ses vices.
Il était sous Néron de toutes ses délices ;
Comme par un de nous il faut que tout s’obtienne,
Nous voyons notre cour plus grosse que la sienne ;
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/616]]==
<poem>
Et notre indépendance irait au dernier point,
Si l’heureux Vinius ne la partageait point :
Et qu’importe à tous deux de Rome et de l’état ?
Qu’importe qu’on leur voie ou plus ou moins d’éclat ?
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/617]]==
<poem>
Faisons nos sûretés, et moquons-nous du reste.
Point, point de bien public s’il nous devient funeste.
{{Personnage| CAMILLE |c}}
Je vous rencontre ensemble ici fort à propos,
Et voulais à tous deux vous dire quatre mots.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/618]]==
<poem>
à tous deux vous dire quatre mots.
Si j’en crois certain bruit que je ne puis vous taire,
Vous poussez un peu loin l’orgueil du ministère :
Nous avons cru d’ailleurs pouvoir sans attentat
Faire vos intérêts de ceux de tout l’état :
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/619]]==
<poem>
Vous ne voudriez pas en avoir de contraires.
 
Cette amitié me charme, et je dois avouer
Qu’Othon a jusqu’ici tout lieu de s’en louer,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/620]]==
<poem>
Que l’heureux contre-temps d’un si rare service…
 
{{Personnage| CAMILLE |c}}
{{caché|Si l’empereur nous croit…}} Sans doute il vous croira ;
Sans doute je prendrai l’époux qu’il m’offrira :m’
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/621]]==
<poem>
offrira :
Soit qu’il plaise à mes yeux, soit qu’il me choque en l’âme,
Il sera votre maître, et je serai sa femme ;
Faisons régner Pison ; et malgré ce courroux,
Vous verrez qu’elle-même aura besoin de nous.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/622]]==
<poem>
 
{{Acte|III}}
A prononcer leurs lois asservira sa bouche ;
Et le premier arrêt qu’ils lui feront donner
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/623]]==
<poem>
Les défera d’Othon, qui les peut détrôner.
 
Madame, nous devons quelque chose à nous-mêmes ;
Surtout quand nous voyons des ordres dangereux,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/624]]==
<poem>
Sous ces grands souverains, partir d’autres que d’eux.
 
C’est la gêne où réduit celles de votre sorte
La scrupuleuse loi du respect qu’on leur porte :
 
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/625]]==
<poem>
Il arrête les vœux, captive les desirs,
Abaisse les regards, étouffe les soupirs,
Et m’obstine avec joie à m’aveugler moi-même.
Je plains cette abusée, et c’est moi qui la suis
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/626]]==
<poem>
Peut-être, et qui me livre à d’éternels ennuis ;
Peut-être, en ce moment qu’il m’est doux de te croire,
Moins pour me seoir si haut que pour vous y porter.
Non que si jusque-là Rome pouvoit renaître,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/627]]==
<poem>
Qu’elle fût en état de se passer de maître,
Je ne me crusse digne, en cet heureux moment,
C’est tout ce qu’aujourd’hui je puis faire pour Rome.
Prendre un si noble soin, c’est en prendre de vous :
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/628]]==
<poem>
Ce maître qu’il lui faut vous est dû pour époux ;
Et mon zèle s’unit à l’amour paternelle
Mais si vous m’imposez la pleine servitude,
J’y trouverai, comme elle, un joug un peu bien rude.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/629]]==
<poem>
Je suis trop ignorante en matière d’état
Pour savoir quel doit être un si grand potentat ;
C’est quelque liberté qu’un ou deux à choisir.
Votre Pison peut-être aura de quoi me plaire,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/630]]==
<poem>
Quand il ne sera plus un mari nécessaire ;
Et son amour pour moi sera plus assuré,
Chaque jour a sous vous grossi sa renommée ;
Mais Pison n’eut jamais de charge ni d’armée ;
Et comme il a vécu jusqu’ici sans emploi,s
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/631]]==
<poem>
ans emploi,
On ne sait ce qu’il vaut que sur sa bonne foi.
Je veux croire, en faveur des héros de sa race,
Mais quand vous consultez Lacus et Martian,
Un époux de leur main me paraît un tyran ;
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/632]]==
<poem>
Et si j’ose tout dire en cette conjoncture,
Je regarde Pison comme leur créature,
L’illustre et digne ardeur d’une flamme si belle
M’en fait révoquer l’ordre, et vous obtient pour elle.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/633]]==
<poem>
 
{{Personnage| OTHON |c}}
Vous pouvez voir par là mon âme toute entière,
Seigneur ; et je voudrais en vain la déguiser,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/634]]==
<poem>
Après ce que pour vous l’amour me fait oser.
Ce que Galba pour moi prend le soin de vous dire…
Ah ! Madame, quittez cette vaine espérance
De nous voir quelque jour remettre en la balance :
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/635]]==
<poem>
S’il faut que de Pison on accepte la loi,
Rome, tant qu’il vivra, n’aura plus d’yeux pour moi ;
Contre un rival ensemble et d’amour et d’état.
Il n’est point ni d’exil, ni de Lusitanie,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/636]]==
<poem>
Qui dérobe à Pison le reste de ma vie ;
Et je sais trop la cour pour douter un moment,
Avant qu’en décider, pensez-y bien, madame ;
C’est votre intérêt seul qui fait parler ma flamme.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/637]]==
<poem>
Il est mille douceurs dans un grade si haut
Où peut-être avez-vous moins pensé qu’il ne faut.
Oui, j’en croirai Pison à qui vous m’envoyez ;
Et vous, pour vous donner quelque peu plus de joie,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/638]]==
<poem>
Vous en croirez Plautine à qui je vous renvoie.
Je n’en suis point jalouse, et le dis sans courroux :
Allons-y toutefois : le trouble où je me voi
Ne peut souffrir d’avis que d’un cœur tout à moi.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/639]]==
<poem>
 
{{Acte|IV}}
Et que sa main par vous croyait tôt regagner
Ce que son cœur pour vous paraissait dédaigner.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/640]]==
<poem>
 
{{Personnage| OTHON |c}}
{{Personnage| PLAUTINE |c}}
Que n’y puis-je moi-même opposer ma défense !
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/641]]==
<poem>
Mais si vos jours enfin n’ont point d’autre assurance,
S’il n’est point d’autre asile…
 
{{Personnage| PLAUTINE |c}}
{{caché|Que d’oser…}} Il n’a pas encore éteint son feu ;
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/642]]==
<poem>
Il n’a pas encore éteint son feu ;
Et du choix de Pison quelles que soient les causes,
Je n’ai qu’à dire un mot pour brouiller bien des choses.
Du moins de votre gloire ayez un soin égal,
Et ne me préférez qu’un illustre rival.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/643]]==
<poem>
J’en mourrai de douleur, mais je mourrais de rage,
Si vous me préfériez un reste d’esclavage.
Sans faire aucun espoir de libéralité.
Il pouvait, sous l’appas d’une feinte promesse,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/644]]==
<poem>
Jeter dans les soldats un moment d’allégresse ;
Mais il a mieux aimé hautement protester
{{Personnage| OTHON |c}}
Avant que de partir souffrez que je proteste…
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/645]]==
<poem>
 
{{Personnage| VINIUS |c}}
Si nos communs souhaits ont un contraire effet,
Tu te peux faire encor l’effort que tu t’es fait ;
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/646]]==
<poem>
Et qui vient de donner Othon au diadème,
Pour régner à son tour peut se donner soi-même.
Et je saurai mourir si je vois qu’il périsse ;
Mais je ne sais point l’art de forcer ma douleur
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/647]]==
<poem>
A pouvoir recueillir les fruits de son malheur.
 
 
{{Personnage| CAMILLE |c}}
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/648]]==
<poem>
Quoi ? L’empire et Pison n’ont rien pour vous d’aimable ?
 
 
{{Personnage| PLAUTINE |c}}
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/649]]==
<poem>
Mérite à part, l’amour est quelquefois bizarre ;
Selon l’objet divers le goût est différent :
 
{{Personnage| CAMILLE |c}}
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/650]]==
<poem>
La mienne ne dit pas tout ce que vous pensez.
 
Malgré ses fiers mépris mes yeux en sont charmés.
Cependant pour l’empire, il est à vous encore :
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/651]]==
<poem>
Galba s’est laissé vaincre, et Pison vous adore.
 
Je l’avais préféré, cet ingrat, à l’empire ;
Je l’ai dit, et trop haut pour m’en pouvoir dédire ;
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/652]]==
<poem>
Et l’amour, qui m’apprend le faible des amants,
Unit vos plus doux vœux à mes ressentiments,
De son lâche rival voyant le noir projet,
J’ai su par cette adresse en arrêter l’effet,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/653]]==
<poem>
M’en rendre la maîtresse ; et je serai ravie
S’il peut savoir les soins que je prends de sa vie.
{{caché|L’empereur le sait-il ? }} Oui, madame : il vous mande ;
Et pour un prompt remède à ce qu’on appréhende,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/654]]==
<poem>
Pison de ces mutins va courir sur les pas,
Avec ce qu’on pourra lui trouver de soldats.
Du courroux à l’amour si le retour est doux,
On repasse aisément de l’amour au courroux.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/655]]==
<poem>
 
{{Acte|V}}
Vinius par son zèle est trop justifié.
Voyez ce qu’en un jour il m’a sacrifié :
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/656]]==
<poem>
Il m’offre Othon pour vous, qu’il souhaitait pour gendre ;
Je le rends à sa fille, il aime à le reprendre ;
J’aperçois Vinius. Qu’on m’amène sa fille :
J’en punirai le crime en toute la famille,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/657]]==
<poem>
Si jamais je puis voir par où n’en point douter ;
Mais aussi jusque-là j’aurais tort d’éclater.
Et vous n’avez, seigneur, qu’à vous y faire voir
Pour rendre d’un coup d’œil chacun à son devoir.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/658]]==
<poem>
 
{{Personnage| GALBA |c}}
Le seul ton de ma voix vous en inspire d’autres ;
Et tant que vous aurez ce rare et haut crédit,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/659]]==
<poem>
Je n’aurai qu’à parler pour être contredit.
Pison, dont l’heureux choix est votre digne ouvrage,
Ne me trompé-je point ? Et puis-je nommer zèle
Cette haine à tous deux obstinément fidèle,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/660]]==
<poem>
Qui peut-être, en dépit des maux qu’elle prévoit,
Seule en mes intérêts se consulte et se croit ?
De l’empire usurpé rendre grâces aux dieux,
Et que le front paré de votre diadème,
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/661]]==
<poem>
Ce traître trop heureux ordonne de vous-même ?
Allons, allons, seigneur, les armes à la main,
Dit-elle vrai, Rutile, ou m’en flatté-je en vain ?
 
{{Personnage| {{Personnage| {{Personnage| RUTILE |c}} |c}} |c}}
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/662]]==
<poem>
RUTILE |c}} |c}} |c}}
Seigneur, le bruit est grand, et l’auteur incertain.
Tous veulent qu’il soit mort, et c’est la voix publique ;
{{Personnage| GALBA |c}}
Courons-y. Cependant consolez-vous, Plautine ;
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/663]]==
<poem>
Ne pensez qu’à l’époux que mon choix vous destine :
Vinius vous le donne, et vous l’accepterez,
 
{{Personnage| MARTIAN |c}}
{{caché|Voilà quel est l’effet…}} Si votre âme enflammée…
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/664]]==
<poem>
Si votre âme enflammée…
 
{{Personnage| PLAUTINE |c}}
Et percer de ma main ou ton cœur ou le mien,
Plutôt que de souffrir cet infâme lien.
 
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/665]]==
<poem>
Connais-toi, si tu peux, ou connais-moi.
 
Et fatigue le ciel par des vœux superflus
En faveur d’un parti qu’il ne regarde plus.
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/666]]==
<poem>
 
{{Personnage| MARTIAN |c}}
Qu’avec un reste obscur d’esprit inquiété.
Je sens… Mais que me veut Flavie épouvantée ?
</poem>
==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/667]]==
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{{Scène|VI}}
 
{{Personnage| PLAUTINE |c}}
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==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/668]]==
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Juste ciel !
 
Et recevez ce coup comme un dernier hommage
Que doit à votre gloire un généreux courage ».
Galba
Galba tombe ; et ce monstre, enfin s’ouvrant le flanc,
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==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/669]]==
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tombe ; et ce monstre, enfin s’ouvrant le flanc,
Mêle un sang détestable à leur illustre sang.
En vain le triste Othon, à cet affreux spectacle,
Faire hommage à vos yeux de mon dernier moment.
Mon amour pour vous seule a cherché la victoire ;
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==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/670]]==
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Ce même amour sans vous n’en peut souffrir la gloire,
Et n’accepte le nom de maître des Romains,
{{Personnage| OTHON |c}}
J’y cours ; mais quelque honneur, Albin, qu’on m’y destine,
Comme il n’aurait pour moi rien de doux sans Plautine,P
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==[[Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 6.djvu/671]]==
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lautine,
Souffre du moins que j’aille, en faveur de mon feu,
Prendre pour y courir son ordre ou son aveu,
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