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par une brève information radiodiffusée ; nous n'avons aucun détail sur les circonstances de sa
mort. Né à Lille, le 30 septembre 1870, il était dans sa 72e année.
 
C'est un grand physicien qui vient de disparaître. Le prix Nobel, pour la physique, consacrant
l'exceptionnelle importance de ses travaux lui avait été décerné en 1926.
 
Ses premiers travaux, même, sont à l'origine des découvertes capitales qui ont marqué de si
prodigieux progrès dans la physique moderne, par la connaissance de plus en plus profonde de la
constitution intime de la matière, de celle de l’atome et de ses rapports si étroits avec l’électricité
qui emplissait, il y a 50 ans, et emplit encore, par bien des points, la science de son mystère.
 
Reportons-nous à l'année 1895. Les rayons cathodiques découverts par Hittorf, en 1869,
excitaient au plus haut point 1a curiosité et la sagacité des physiciens. Quelle pouvait être leur
habituel et actuel de nos connaissances, se laissant guider par les fécondes intuitions qui
caractérisent le génie.
 
Pénétré de son idée, Perrin imagina des expériences délicates et pleines d'ingéniosité pour en
démontrer la vérité. Il le fit avec le plus grand succès. Il établit ainsi que les rayons cathodiques
sur les rayons cathodiques ont été un point de départ dans la chaîne des découvertes qui ont
établi, définitivement, l'existence de ce constituant universel de la matière.
 
En 1896, peu après que Röntgen eut découvert les rayons qui portent son nom, Perrin fut
attiré par ce sujet nouveau d'études qui, à ce moment, excitait si vivement les esprits. Par une suite
rayons X, si familières aujourd'hui, constituèrent, à l'époque, une très importante découverte, en
laquelle Perrin eut une part essentielle.
 
Parmi les travaux magistraux dus à Jean Perrin, un de ceux qui ont attiré le plus vivement
l'attention est celui relatif au mouvement brownien, qui devait le conduire à la démonstration, en
dans notre connaissance des ultimes éléments constitutifs de la matière et tranché la question de la
réalité de leur existence.
 
Bien d’autres travaux remarquables ont été réalisés par Jean Perrin. On peut citer ceux relatifs
a l'étude de la fluorescence, étude à la fois expérimentale et théorique, ces dernières, basées sur
étoiles, en raison de l'énorme rayonnement que ces astres répandent à profusion dans les espaces
célestes.
 
Nous ne saurions analyser ici tous les travaux scientifiques dus à Jean Perrin et qui
comportent une grande diversité. Expérimentateur exceptionnellement habile et théoricien
sur certains points, n'ait retenu son attention et son activité, et ne lui soit redevable d'idées neuves
et fécondes.
 
Il est enfin une oeuvre, d'un ordre différent, à laquelle le nom de Jean Perrin doit rester attaché.
C'est celle de la création de la Recherche scientifique. Il avait exposé dans nos Comptes rendus, en
desquels peuvent se placer les chercheurs qualifiés, ou les hommes de génie, pour explorer, des
domaines nouveaux et découvrir des horizons plus lointains.
 
Au début, il est vrai, les crédits dont disposait la Recherche scientifique n'était pas suffisants
pour faire face, simultanément, à ces multiples besoins de la science ; il fallait se limiter et choisir
n'avait tout d'abord fait qu'élargir. Grâce à ses efforts persévérants, Perrin, au cours des années
suivantes, avait pu obtenir, pour la Caisse des sciences, des crédits considérablement augmentés.
 
Il devenait alors possible d'envisager une aide à la science sous l'ensemble de toutes les formes
utiles, subventions aux chercheurs, aussi bien qu'aux établissements ou services scientifiques, tous
pu se produire, à certains moments, dans le monde scientifique, des malentendus, des frottements,
parfois des discordes dont certaines encore mal éteintes.
 
Mais l’essentiel reste, l'existence de l'oeuvre ; peu à peu s'en perfectionneront les
aménagements intérieurs et les modes d'utilisation, cela par la force même des choses et les leçons
de l'expérience. Cette oeuvre capitale, malgré ses imperfections passagères, la science la doit à
l'initiative de Jean Perrin et doit lui en être particulièrement reconnaissante.
 
Il faut signaler également, à l'actif des initiatives et ces réalisations de Jean Perrin, la création de
cet attrayant Palais de la Découverte qui a connu un si vif et légitime succès. Il contribuera d'une
leur développement logique au cours des temps, accéléré par les découvertes des hommes de génie
qui en jalonnent l’histoire.
 
La mort de Jean Perrin prive la science d'un grand esprit dans le domaine scientifique. Esprit
novateur au suprême degré et chef d'école illustre, il a donné à la science de l'atome une impulsion
matériel, sur les forces agissantes, qui prennent naissance ou s'anéantissent, s'unissent ou se
contrarient, dans l'impénétrable complexité de l’Univers.
 
Jean Perrin a obtenu le prix Nobel, consécration hautement honorifique de ses travaux, mais je
terminerai par cette profonde pensée de Renan : « La plus haute récompense du savant est de
Je lève la séance publique en signe de deuil.
 
* Ernest ESCLANGON.
 
* Source: Site internet de l'Académie des Sciences.
 
* Mise en page par Paul-Eric Langevin
 
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