Différences entre les versions de « Odes et Ballades/À M. de Chateaubriand »

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{{TitrePoeme|[[Odes et Ballades]]|Victor Hugo|A M. de Chateaubriand}}
 
On ne tourmente pas les arbres stériles et desséchés ; ceux-là seulement sont battus de pierres dont le front est couronné de fruits d'ord’or.
 
ABENHAMED.
::::I <br><br>
:Il est, Chateaubriand, de glorieux navires
:Qui veulent l'ouraganl’ouragan plutôt que les zéphires.
:Il est des astres, rois des cieux étincelants,
:Mondes volcans jetés parmi les autres mondes,
:Le génie a partout des symboles sublimes.
:Ses plus chers favoris sont toujours des victimes,
:Et doivent aux revers l'éclatl’éclat que nous aimons ;
:Une vie éminente est sujette aux orages ;
:La foudre a des éclats, le ciel a des nuages
:Qui ne s'arrêtents’arrêtent qu'auxqu’aux grands monts !
 
 
:Oui, tout grand cœur a droit aux grandes infortunes ;
:Aux âmes que le sort sauve des lois communes
:C'estC’est un tribut d'honneurd’honneur par la terre payé.
:Le grand homme en souffrant s'élèves’élève au rang des justes.
:La gloire en ses trésors augustes
:N'aN’a rien qui soit plus beau qu'unqu’un laurier foudroyé !
 
 
::::II <br><br>
:Aussi, dans une cour, dis-moi, qu'allaisqu’allais-tu faire ?
:N'esN’es-tu pas, noble enfant d'uned’une orageuse sphère,
:Que nul malheur n'étonnen’étonne et ne trouve en défaut,
:De ces amis des rois, rares dans les tempêtes,
:Qui, ne sachant flatter qu'auqu’au péril de leurs têtes,
:Les courtisent sur l'échafaudl’échafaud ?
 
 
:Ce n'estn’est pas lorsqu'unlorsqu’un trône a retrouvé le faîte ?
:Ce n'estn’est pas dans les temps de puissance et de fête,
:Que la faveur des cours sur de tels fronts descend.
:Il faut l'ondel’onde en courroux, l'écueill’écueil et la nuit sombre
:Pour que le pilote qui sombre
:Jette au phare sauveur un œil reconnaissant.
 
 
:Va, c'estc’est en vain déjà qu'auxqu’aux cours de la conquête
:Une main de géant a pesé sur ta tête ;
:Et, chaque fois qu'auqu’au gouffre entraînée à grands pas,
:La tremblante patrie errait au gré du crime,
:Elle eut pour s'appuyers’appuyer au penchant de l'abîmel’abîme
:Ton front qui ne se courbe pas.
 
::::III <br><br>
:A ton tout soutenu par la France unanime,
:Laisse donc s'accomplirs’accomplir ton destin magnanime !
:Chacun de tes revers pour ta gloire est compté.
:Quand le sort t'at’a frappé, tu lui dois rendre grâce,
:Toi qu'onqu’on voit à chaque disgrâce
:Tomber plus haut encor'encor’ que tu n'étaisn’étais monté !
 
 
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