Différences entre les versions de « Les bassins à cupule/Les interprétations des bassins à cupule »

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====Citernes ====
 
Les historiens régionaux du siècle dernier, premiers inventeurs de bassins à cupule, émirent bien sur leurs idées concernant leurs fonctions : pièces d'une maison, balnéaires privé, citernes, chacun avait la sienne propre. Pour les bassins de [[Site entre le Clou et Montalet|Tonnay-Charente]] mis au jour vers 1900, et où l'on a découvert des ossements, la première hypothèse fut celle d'un tombeau. Mais, se rendant probablement compte que ces ossements n'étaient pas humains, l'abbé Brodut ajoute aussitôt qu'il s'agit peut-être aussi d'un silo. À la même époque, Alexis Favraud pensa, pour le site qu'il avait fouillé à [[Site de la Moussigère|Puyréaux]], à une exploitation viticole. Plusieurs éléments était présents : aire étanche pour le foulage, canal de distribution, bassins à des niveaux différents permettant d'éventuels soutirages. Mais la proposition ayant aussitôt réfutée par un historien de plan national, Étienne Boeswillwald, elle fut abandonnée. Louis Maurin, toujours à la même époque, s'intéressa aussi au sujet, mais la raréfaction des découvertes entre 1910 et 1960 empêcha la recherche historique de se poursuivre. Si bien que, lorsque M. Lotte, en 1960, découvre de nouveaux bassins à cupule à [[Site du Champ-Jacquet|Touzac]], il les décrit comme des des citernes. Cette interprétation n'est pas aujourd'hui complètement abandonnée pour certains sites, lorsque aucun matériel ni aucun dispositif particulier n'est retrouvé. C'est le cas pour les bassins de [[Site de Chez-Michaud|Suaux-Brassac]] et d'[[Site du gué de Sciaux|Antigny]], et peut-être aussi pour ceux de [[Site des Terres de Font-Belle|Segonzac]]. Un court commentaire a déjà été fait sur le premier (cf supra, pages 21-22). Le site de [[Site du Champ-Jacquet|Touzac]] a été décrit très succinctement par son inventeur. Nous savons seulement qu'il était recouvert d'une dalle de béton, mais nous ne connaissons pas la nature de cette dalle. Nous pouvons l'interpréter de deux manières différentes  : soit il s'agit d'une dalle constituant un ''impluvium'', et alors nous sommes bien en présence d'une citerne. Ou bien cette dalle de béton est un sol qui a été coulé au-dessus des bassins, après leur abandon (les deux bassins étant comblés lors de leur découverte). Dans ce cas, nous pouvons les rattacher aux autres bassins artisanaux, sans que ce site ne nous apprenne rien de particulier. Nous manquons trop de détails pour aller plus avant dans la discussion à propos de ce site. Notons simplement que, pour ce site, les deux versions du bassin artisanal et de la citerne sont également plausibles.
 
De notre point de vue contemporain, le site d'[[Site du gué de Sciaux|Antigny]] a été parfaitement fouillé. Pour autant, nous n'en savons pas beaucoup plus sur son utilisation comme citerne, puisque tout son environnement et le bassin lui-même ont été détruits dans l'Antiquité. Plusieurs objections peuvent être élevées contre cette interprétation : on pouvait trouver de l'eau facilement, et de plusieurs manières, sans avoir besoin de creuser une citerne, puisqu'il y avait un puits de l'autre côté de la voie romaine, et que la [http://fr.wikipedia/wiki/Gartempe Gartempe] était à moins de 50 mètres. Mais le contexte du bassin, le vicus, est particulier : c'est une petite ville. Le propriétaire du puits pouvait s'en réserver l'usage exclusif. La [http://fr.wikipedia/wiki/Gartempe Gartempe] devait elle être très troublée par le passage des voyageurs et des charrois empruntant le gué de la voie romaine. Ce sont deux raisons suffisantes pour se construire une grande citerne, afin d'avoir toujours de l'eau claire pour soi. Ne restent que deux objections : si justement ce bassin était destinée à conserver de l'eau claire, comment empêchait-on les impuretés de tomber dedans ? Nous ne pourrons certainement jamais répondre à cette question, puisque le bassin a été démonté à l'époque antique. Et à quoi servait l'escalier dans une citerne ? S'il fallait enlever des impuretés qui n'auraient pas du s'y trouver à intervalles réguliers, une simple échelle aurait suffi. Cet argument peut paraître décisif. La fouille du quartier artisanal de la rive droite du vicus apportera peut-être des renseignements complémentaires.
Les aires de [[Site du Renfermis|Soubise 2]] surtout sont comparables, dix-huit siècle plus tard. La technique de construction n'est pas la même. La dalle est remplacée par un enduit recouvrant le sol et le bas des murs qui, une fois pris, forme un monolithe aussi étanche que la dalle, et plus que les espaces dallés autour d'elle. La taille surtout est plus importante. Les aires A1, B1 et C1 ont des superficies approximatives respectives de 30-32 m2, 22-23 m2 et 19-20 m2. En revanche, elles sont bien reliées à des bassins pouvant faire office de réservoirs. Ces aires ne sont pas en pente, comme celle de Tell el-Dab'a. Cette absence de pente, comme sur de nombreuses fouloirs en cuves, est compensée par la plus grande hauteur des rebords étanches et la plus grande superficie de l'aire. Ces dispositions permettent à un plus grand volume de moût de stationner sur l'aire, puisqu'il ne peut pas être évacué rapidement. Cette absence de pente se révèle utile en facilitant le travail des fouleurs.
 
La plupart des aires étanches, lorsqu'elles ne dépassent pas les 35 m2, peuvent être assimilées à des aires de foulage de grande taille. Le problème qui se pose est celui du rapport entre la taille des aires de foulage et le volume des bassins récepteurs. Chaque fouloir de la ferme viticole du Mollard à Donzère fait un peu moins de 20 m2. Les deux cuves de réception font environ 8 m3 . Le site a entièrement été conçu à l'avance en fonction de la production viticole. Le volume total des bassins A2 et A3 est d'environ 6,28 m3. Si l'on considère que la hauteur de l'aire A1 de [[Site du Renfermis|Soubise 2]] était très inférieure à celle du fouloir de la ferme de Donzères, le volume du bassin parait un peu trop grand. Mais, s'il s'agit d'un simple bassin de réception que l'on vide au fur et à mesure qu'il se remplit, la taille importe peu, puisque un personnel nombreux peut compenser l'insuffisance d'une cuve, ou inversement, celle-ci, par son grand volume, peut donner plus de temps pour la vider. En la limitant à ce seul site, la comparaison peut sembler satisfaisante. Mais le volume des cuves de fouloir ne dépasse généralement pas les 5  m3. Quelques unes ont même des volumes de de 900 litres et moins. La plupart des fouloirs ont des dimensions beaucoup plus restreintes ceux de la ferme de Donzères, qui est exceptionnelle, à la fois par son programme de construction et par ses capacités. Les aires d'alimentation des bassins à cupule dépassent fréquemment les 10 m2, et ne sont pas proportionnelles à la taille des bassins.
 
Il importe aussi, pour cette production rassemblée en un moment unique de l'année, de disposer d'espaces de stockage importants. Au Mollard, ils occupent l'essentiel de la superficie couverte. À [[Site du Renfermis|Soubise 2]], ils ne semblent pas exister, ou sont de petite taille. Il ne faut cependant pas oublier que ce site est en étroite liaison avec [[Site du Péré Maillard|Soubise 1]], et que si la production a été abandonnée dans ce site, le rare mobilier qu'on y a trouvé postérieur au début du III<sup>e</sup> siècle indique qu'il était fréquenté. Il a pu continuer à servir de hangar.
 
* [[Les bassins à cupule dans le Centre-Ouest de la Gaule romaine, du Ier siècle avant J.-C. au Ve siècle après J.-C.|Accueil]]
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Introduction et présentation)|Introduction et présentation]]
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- La construction des bassins à cupule)|La construction des bassins à cupule]]
** L'établissement des parois
** Les aménagements hydrauliques et de récupération
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- L'environnement des bassins)|L'environnement des bassins]]
**L'emplacement géographique des sites à bassins
**L'évolution des sites
**L’organisation de la production
**L’histoire des sites
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Les interprétations des bassins à cupule)|Les interprétations des bassins à cupule]]
**Premières hypothèses
**Un cas exceptionnel : les bassins des Trains d'Écurat
**Les interprétations viticoles
**Des bassins à ''salsamenta'' ?
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Conclusion)|Conclusion]]
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Recensement A)|Recensement A]]
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Recensement B)|Recensement B]]
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Bibliographie)|Bibliographie]]
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