Différences entre les versions de « Les bassins à cupule/La construction des bassins à cupule »

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[http://fr.wikipedia.org/wiki/Vitruve Vitruve] conseille de creuser une tranchée rectangulaire, qui suit le tracé des murs de la future citerne, mais sans en évider le volume intérieur. Les murs sont ensuite coulés en béton, les parois de la tranchée formant coffrage. Puis le milieu de la citerne est creusé, et le fond est coulé en béton, sans qu'il soit apporté de précisions sur un éventuel hérisson. Cette technique à l'avantage d'une grande simplicité d'exécution, et d'une économie de matériaux : deux uniquement sont requis : sable et chaux, le premier pouvant être remplacé par des tuiles finement pilées, moins onéreuses. Cette technique ne correspond de façon certaine qu'à un seul bassin dans tout le Centre-Ouest, à [[Site de Chez-Michaud|Suaux-Brassac]]. À chaque fois que la précision est apportée, les bassins sont construits en maçonnerie.
 
La plupart des auteurs suivent [http://fr.wikipedia.org/wiki/Vitruve Vitruve], mais apportent moins de précisions, sauf Palladius. La plupart aussi, dont [http://fr.wikipedia.org/wiki/Vitruve Vitruve], préconisent de construire des citernes par paires, qu'elles soient accouplées pour la décantation de l'eau, ou qu'elles soient destinées à des usages différents. Cette disposition aussi est exceptionnelle  : des bassins ont bien été retrouvés par paires, mais soit ils n'étaient pas reliés, et ne pouvaient servir à la décantation de l'eau ; soit ils étaient reliés par des dispositifs variables, mais étaient disposés par trois, quatre ou plus, et n'étaient pas reliés à une descente de toît. Les descriptions antiques de citernes semblent donc peu correspondre aux bassins régionaux, qui ne sont vraisemblablement pas des citernes construites selon les conseils de ces auteurs.
 
L'ordre des opérations de la construction d'un bassin en maçonnerie est différent, puisque les murs sont posés sur le fond. Le bassin, ou du moins son volume, est entièrement évidé avant que la construction commence. La maçonnerie n'est pas plus solide que l'opus caementicum. Elle utilise aussi le béton, mais en moins grandes quantités. Un seul des longs murs d'[[Site du gué de Sciaux|Antigny]] aurait consommé presque 5 m3 de béton. Elle permet d'en économiser et de n'en utiliser que pour lier les moellons. De plus, ces derniers sont certainement fournis par le terrain où l'on construit. Mais cet exemple même du basssin d'[[Site du gué de Sciaux|Antigny]] incite à la prudence quand une maçonnerie est signalée : on voit bien sur le plan 20 b qu'en fait, à [[Site du gué de Sciaux|Antigny]], le mur n'est pas en maçonnerie, mais en béton. Le blocage est retenu, d'un côté par un petit appareil, de l'autre par la terre. Le côté intérieur est beaucoup plus régulier. On a ainsi voulu augmenter la solidité de la construction. Quand on décrit une maçonnerie, dans la bibliographie du siècle dernier, peut-être avons-nous affaire à un parement. Celui-ci est moins économique que les moellons  : il faut tailler les pierres régulièrement, ce qui requiert un esclave spécialisé. D'autres sites utilisent le parement en petit appareil : [[Site de la Haute-Sarrazine|Cognac]], [[Site de Grand-Fief Chagnaud|Port-des-Barques]], [[Site des Minimes|La Rochelle]]. Le site de [[Site de Grand-Fief Chagnaud|Port-des-Barques]] est particulièrement édifiant, puisqu'en huit campagnes de construction étalées sur trois siècles, une seule technique, le bassin encavé à parement en petit appareil, a été utilisée. Les autres sites ne connaissent pas une telle unité dans les matériaux et les techniques utilisées.
 
Tout d'abord, certains bassins sont réellemment construit en maçonnerie : c'est le cas à [[Site de Grands-Champs près Richard|Saint-Fraigne]], où de gros moellons ont été utilisés. Les moellons sont des pierres trouvées dans la terre et à peine dégrossies ; ici, elles sont régulières et mesurent 35 centimètres sur 25, ce qui démontre qu'un soin certain a été apporté à la construction. La taille assez grande permet de faire porter les efforts sur une plus grande longueur et de mieux solidariser les moellons entre eux. L'économie et la qualité ont été associées. Ces moellons étaient posés à plat. À l'[[Site du Haut de Pampin|Houmeau]], l'opus spicatum est utilisé pour les bassins 1 et 2. Les pierres sont posées de biais, dans un sens puis dans l'autre, comme les écailles d'un poisson, ou les grains d'un épi de blé.
L'exemple le plus marqué de la diversité des matériaux utilisés est celui de [[Site de la Croix-Matelot|Saint-Georges-d'Oléron]]. Son bassin 1 utilise la brique et le moellon, le 2 et le 3 uniquement la pierre, alors que le quatrième a deux murs de moellons, un de ''tegulæ'' et moellons, et un de ''tegulæ'' et briques. Toutes les combinaisons y sont représentées. Bref, sans vouloir ni vouloir passer en revue toutes les parois de tous les bassins, il apparaît que les bassins excavés ont des parois de 25 à 50 centimètres environ. Elles sont construites soit en opus caementicum, soit directement en maçonnerie, mais avec des matériaux très divers, plusieurs combinaisons existant et cohabitant sur de nombreux sites. Quelquefois l'économie commande ce choix, quelquefois le sens pratique le plus évident : ainsi pour les galets utilisés en blocage des escaliers des bassins 6 et 7 de [[Site des Minimes|La Rochelle]]. L'essentiel étant toujours une construction solide pouvant supporter les pressions des liquides contenus, puisque le sol entourant les bassins était un soutien puissant et recherché. Là encore, un souci d'économie mêlé de pragmatisme apparaît : les bassins hors du sol existent, mais ils sont plus rares. Leur construction est plus difficile.
 
Le seul bassin de [[Site de la Haute-Sarrazine|Cognac]] construit en élévation, B6, est appuyé de deux côtés sur des murs porteurs du bâtiment, et les deux autres sont les plus épais de tout le site. Il gêne d'ailleurs la circulation, puisqu'il occupe toute la largeur de la pièce. Il est impossible de savoir si ce sont ces inconvénients qui en sont responsables, mais tout les bassins construits postérieurement sur le site sont encavés. À [[Site de la Croche|Civaux]] et à [[Site du Veillon|Talmont]], les bassins sont appuyés eux aussi à des murs. Un blocage "  très épais ", plus épais que les autres murs du site, sert d'appui spécial aux bassins de [[Site du Veillon|Talmont]]. Les quatre autres bassins des neuf construits en élévation le sont aussi contre des murs, à [[Site des Minimes|La Rochelle]] et à [[Site du fief de Boué|Taizé]]. Sauf à [[Site de la Croche|Civaux]], ils ont tous été construits avant le premier quart du II<sup>e</sup> siècle. On ne peut pas dire qu'ils aient servi d'exemple. Le surcoût lié aux murs d'appui et aux parois y est pour quelque chose. De plus, il est impossible de circuler au dessus en disposant des planches en travers du bassin, à moins de construire encore en plus des escaliers.
 
Les bassins sont construits le plus souvent en un exemplaire unique. Le nombre de bassins identiques deux à deux est limité à une douzaine de paires, plus trois groupes de trois bassins. Deux au moins de ces paires sont des bassins primitivement uniques divisés en deux, et le groupe de trois bassins de [[Site des Minimes|La Rochelle]] est probablement une division de B67. Le nombre de bassins construits deux à deux est donc de seulement 24, soit à peine un cinquième du total. Si l'on considère que des bassins de certaines paires ne sont pas de mêmes dimensions, la nombre de batteries de bassin est encore plus limité.
==== Les fonds de bassin ====
 
Les fonds sont eux beaucoup plus homogènes. Deux types seulement sont présents : les fonds dalles et les fonds bétonnés. Les premiers ne sont représentés que par quatre cas sur quatre-vingt deux fonds identifiés, et même quatre-vingt quatre si l’on considère que la «  dalle de réception  » d’[[Site des Grandes Pièces|Ingrandes-sur-Vienne]] est un fond en béton. Cette rareté, moins de cinq pour cent, s’explique aisément par plusieurs facteurs : d'abord, il faut poser les dalles sur un fond de béton qui est coulé pour assurer la stabilité des dalles. Le dallage n'apporte donc pas une étanchéité supplémentaire. De plus, sa pose exige une taille très soignée, puisque toutes les dalles n'ont pas les mêmes dimensions. La pose elle-même requiert un soin important, et un ajustage des dalles qui réduit les interstices au minimum. Malgré ces coûts supplémentaires, quatre bassins ont été construits dallés. Nous savons peu de choses sur celui de [[Site de la Moussigère|Puyréaux]]. Les observations faites sur les deux autres sites tendent à montrer qu'ils n'apportaient pas toute satisfaction. Le premier dallage de [[Site du Chêne|Saint-Martial-de-Mirambeau]] était recouvert d'une couche de béton et d'un dallage qui avait les mêmes pendages que le premier. Dans la couche de béton, se trouvait une cupule provenant d'un autre bassin dallé, qui a donc été abandonné. Le dallage ancien était très usé, et entièrement imprégné d'une substance sombre : cette perméabilité jouait-elle dans les deux sens ? Le dallage donnait-il un goût à la production du bassin ? Au [[Site de Puits Jouan|Château-d'Oléron]], le bassin 4 a lui aussi été redallé, donc son utilisation a duré. Mais, finalement, l'exemple des bassins voisins a dû porter, puisqu'il a été bétonné. Peut-être un troisième dallage était-il trop onéreux.
 
Les fonds en béton apparaissent comme beaucoup plus facile à mettre en œuvre. Souvent creusés dans la roche, les bassins ont ainsi une pente dès l'origine, qui suit la pente naturelle. La roche est aussi creusée à l'emplacement de la cupule, ce qui facilite sa construction. Ce fond et cette cupule pré-taillée étaient ensuite simplement recouverts d'une couche de béton, qui, s'il était coulé assez épais, prenait la forme qu'on voulait lui donner. Certains fonds bétonnés présentent une particularité, celle d’être constitués de ''tegulæ'' posées à plat et noyées dans du mortier. Elles jouent, au moins dans les deux premiers cas, le rôle de la roche-mère, qui n'est pas atteinte. Pour assurer une certaine stabilité, une couche de sable a même été disposée avant la construction du fond, à [[Site de Puits Jouan|Château-d'Oléron]]. Comme le bassin 2 de [[Site du fief de Boué|Taizé]] est construit en élévation, son fond ne repose pas sur la roche. La conclusion est probablement valable pour lui aussi.
==== Les couvre-joints ====
 
Le premier des éléments renforçant l'étanchéité sont les couvre-joints. Il faut entendre par couvre-joints le renforcement d'un angle entre deux parois, ou entre le fond et les parois, dans le but d'assurer une plus grande étanchéité, au moyen d'un béton jeté et façonné. Ils évitent aussi toute fissure en consolidant les bassins, le travail des murs sous l'effet des mouvements du sol ayant plus tendance à se faire sentir à cet endroit. Pour douze des trente-huit sites de la série A, nous ne sommes pas en possession de renseignements sur ces détails. Sur les vingt-six restants, tous les bassins de onze sites et au moins un de neuf autres ont des couvre-joints, soit 77  %. Quand on regarde les bassins un par un, soixante des soixante-six-sept pour lesquels nous savons de façon certaine s’ils ont ou non des couvre-joints, en sont munis, soit 78 %. La proportion réelle est probablement moindre, le silence d’un auteur ne signifiant pas obligatoirement qu’il n’a pas remarqué des couvre-joints, mais plutôt qu’il n’y en avait pas. Les proportions restent tout de même importantes. Toute aire ou bassin doté de couvre-joints doit en conséquence être inclu dans la liste B, comme ayant de grandes chances d'avoir été construit dans le même but que les bassins de la liste A.
 
Il existe cinq types différents de couvre-joints, dont les numéros ont déjà été donnés dans l'explication des fichiers. La forme la plus courante est la deuxième, la convexe, bien qu'il soit parfois possible de la confondre avec la première quand un simple renfort est évoqué. Elle peut aussi être confondue avec la quatrième, quand on parle d'un arrondi dans l'angle. Une autre confusion est possible simplement à cause de la forme pas toujours extrèmement pure géométriquement : certains couvre-joints convexes sont simplement arrondis, et leur section n’est pas parfaitement en quart de disque. L’usure du temps s’ajoutant à cette forme intermédiaire, un coup d’œil rapide peut ne plus distinguer la forme primitive. Le terme convexe ne prêtant pas à confusion, il a été choisi de préférence aux autres. Quarante-et-un des soixante bassins ayant des couvre-joints ont ce type là, soit plus de 68  %. Un seul site se singularise, celui de [[Site des Groies|Nieul-sur-Mer]]. Les couvre-joints sont constitués, pour le bassin 3, d'''imbrices'' dressées et enduites du mortier recouvrant les murs du bassin. La solidité de ce dispositif n'est pas à remettre en cause : outre l'épaisseur des ''imbrices'', sa forme arrondie fait voûte, et la pression est rejetée sur les parois du bassin. Cet exemple d'économie est unique, mais le seul moyen de la constater est de démonter les couvre-joints. Certains cas ont pu échapper aux archéologues, souvent pressés par les travaux qui détruisent les sites.
 
Le premier type, celui de section triangulaire, est le deuxième plus courant : neuf bassins n'utilisent que ce type de couvre-joints. Comme pour le premier type, plusieurs termes ont été utilisés : celui de solin est préférable à pan coupé, qui connote plutôt un enlèvement qu'un rajout, et celle d'ornement plus que d'aménagement utilitaire.
De ce creusement à l'avance de la forme de la cupule, le matériau de la cupule est induit dans la plupart des cas. Cinquante-deux fois sur soixante-deux (84 %), elle est en béton. Sept cupules (11 %) sont toutefois taillées dans une dalle de pierre, qui est posée parmi d'autres dans quatre bassins, et encastrée dans un fond en béton dans trois autres. Enfin, dans deux sites une dalle de béton a été coulée à part et une cupule façonnée dans cette dalle avant qu'elle soit encastrée dans le fond du bassin concerné, à [[Site de Puits Jouan|Château-d'Oléron]] et à [[Site de Grand-Fief Chagnaud|Port-des-Barques]]. Comme deux bassins du premier site n'ont pas de cupule, nous pouvons imaginer qu'elle a été rajoutée a posteriori. C'est peut-être aussi le cas pour les dalles en pierre posées dans un fond en béton. Il est difficile d'envisager pourquoi les constructeurs de ces bassins se seraient ainsi compliqué la tâche, sauf si la cupule représentait un avantage réel. On voit aussi que les solutions techniques sont nombreuses.
 
La forme de la base supérieure des cupules est très uniforme : soixante-quatre fois au moins circulaire, mais probablement plus. C'est la forme la plus répandue dès les premières découvertes, la chose semblait alors évidente aux inventeurs, qui ne la signalait plus. Les cupules ne sont que trois fois ellipsoïdales ; encore l'une de ces cupules est-elle presque circulaire. À [[Site de la Croche|Civaux]], il n'y a que de légères dépressions. La forme de leur volume est très rarement décrite. Quelques unes sont hémisphériques, celles de [[Site du Veillon|Talmont-Saint-Hilaire]] en troncs de cônes, celles de [[Site du petit moulin de Gadehors|Baignes-Sainte-Radegonde]] probablement en cônes, et celles de [[Site des Groies|Nieul-sur-Mer]] en cylindres presque plats ou en troncs de cônes. En-dehors du diamètre de la base supérieure, les autres dimensions ne sont presque jamais relevées. Les volumes deviennent impossibles à calculer. Peut-être, parce que, comme cela semble être le cas, les cupules étaient en forme de segment de sphère, et donc le simple relevé de la profondeur ne suffit pas à connaître le volume de la cupule. Il faudrait alors un moulage pour connaître son volume exact. Cependant, quand P  =  1/2D (10 %), on peut considérer que la cupule est demi-sphèrique. Le volume réel des autres cupules doit se situer entre le volume calculé avec R = 1/2D et celui calculé avec R = P. Quand la profondeur est largement inférieure au demi-diamètre de surface de la cupule, celle-ci peut être de forme tronc-conique ou cylindrique. En calculant les volumes de ces cupules selon les deux possibilités, on peut avoir une fourchette la plus ouverte possible. Pour le calcul du volume du tronc de cône, et afin d'ouvrir au maximum la fourchette, on considèrera que le rayon de la petite base est de 1 cm. Les fourchettes obtenues varient du simple au triple.
 
Des volumes approchants sont ainsi obtenus pour une quinzaine de cupules. Ils sont extrèmement variables : de 8,6/12,2 litres pour le bassin de [[Site de Chez-Michaud|Suaux-Brassac]], à 262/348 litres pour les cupules des bassins 4 à 6 de [[Site de Beaulieu|Germignac]]. La différence de volume des cupules est de un à trente, alors que celle des bassins (entièrement conservés) est de un à cinq seulement. Les unes permettent donc de récupérer, ou de vidanger, un volume proportionnellement six fois plus important. La façon de vider les cupules et leur utilisation variait certainement d'un site à l'autre. Entre les deux extrêmes vus plus haut, nous avons encore le bassin 2 de [[Site des Groies|Nieul-sur-Mer]], dont le rapport volume de la cupule/volume du bassin est de 4,5 litres par m3, alors qu'il n'est situé qu'entre 1,3 et 3,8 litres pour le bassin 2 de [[Site du Péré Maillard|Soubise 1]]. Des vases céramiques ayant été retrouvés dans les cupules de [[Site du petit moulin de Gadehors|Baignes-Sainte-Radegonde]], il est possible que l'on ait aussi disposé des récipients dans les cupules des bassins des autres sites. Une fois le liquide épuisé, le résidu solide était rassemblé dans la cupule. Il suffisait alors de retirer le vase pour achever de vidanger le bassin. Leur taille devait varier en fonction de celle de la cupule, et ils devaient être très solides, et assez lourds pour les cupules de plus de 50 litres. Si un récipient était effectivement disposé dans ces cupules de très grands volumes, un système de levage particulier devait exister pour le retirer plein du bassin. Ceux de [[Site de Beaulieu|Germignac]] ont une profondeur de 1,8 mètre.
L'examen du rapport surface supérieure de la cupule/surface du bassin apporte, quand on ne peut calculer le volume de la cupule, un complément à ces informations et à l'histoire des sites. Le rapport varie entre 1,3 % et 13,7 % (pour vingt cupules). Dans les deux tiers des cas, la cupule occupe moins de 7 % du fond du bassin. En regard de ces chiffres, la cupule du bassin D, dans son premier état, de [[Site de Grand-Fief Chagnaud|Port-des-Barques]], apparait comme totalement disproportionnée, puisque sa surface est égale à 22,6 % du fond du bassin. Le doublement de celui-ci entraîne la division par deux de son importance. Ses dimensions relatives deviennent alors normales. Cette cupule a été creusée en prévision de l'agrandissement du bassin, qui a du se faire peu de temps après la construction de la première moitié du bassin, ou était du moins prévue dès sa construction.
 
Sur le même site, le bassin H présente une particularité unique : il possède deux cupules. La cupule de la moitié abandonnée fait 2,9 % du grand fond, l'autre fait 4,8 %. À elles deux, elles occupent 7,7 % de la surface du fond, ce qui correspond à la norme des cupules uniques. Il est tout à fait envisageable que l'on ait construit deux cupules pour ce bassin exceptionnellement grand (14,84 m2, soit le deuxième de la région derrière B6 de [[Site de la Haute-Sarrazine|Cognac]]). La cupule de la moitié de bassin encore utilisée est plus grande (9,6  %) que celle de l'autre moitié ; dans l'hypothèse de cupules uniques, il parait étrange de creuser une cupule plus grande pour un bassin que l'on diminue. Le seul argument contre l'hypothèse de la double cupule est celui de l'exception : nulle part un bassin avec deux cupules n'a été rencontré. Mais le bassin H est aussi le seul du Centre-Ouest à posséder deux emmarchements, disposés symétriquement de chaque côté de la voûte. Il est possible qu'il ait été construit selon une structure géminée.
 
En-dehors de ces cas particuliers, les rapports de surface cupule/fond du bassin sont comme les rapports de volume, très variables. Sur un seul site, à [[Site de Grand-Fief Chagnaud|Port-des-Barques]], ils varient de 1,7 % à 11,3 %. Là, l'explication de ces différences par des productions différentes ne tient plus, puisque tous les bassins se sont succédé et ont fonctionné de la même manière. Ils n'aident pas non plus à savoir si les cupules servaient à vidanger un produit indésirable, ou à le récupérer. Les proportions varient en montagnes russes : moyenne pour le premier bassin (5,1 %), puis faible et moyenne pour les deux suivants (1,7 et 5,3 %), elle double pour le bassin D, redescend pour le H, encore plus pour le B (3,7 %). Les deux derniers bassins ont des cupules plus grandes (6 et 9,6% du fond). Comme les profondeurs des bassins varient peu, elles n'expliquent pas ces variations, sauf pour le B. Elles peuvent être attribuables à la façon de les vidanger, en plusieurs fois, comme aux variations de forme, donc de volume de la cupule. Il est difficile de raisonner en ignorant cette donnée. Il est quand même possible, au vu de cette variabilité des dimensions, de conclure, encore une fois, que la cupule n'était pas un élément essentiel de la construction des bassins, mais simplement une facilité dans la vidange que l'on pouvait s'accorder, ou non. N'oublions pas que neuf sites ont des bassins sans cupule voisinant avec d'autres avec cupule.
==Plan du mémoire ==
 
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Introduction et présentation)|Introduction et présentation]]
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- La construction des bassins à cupule)|La construction des bassins à cupule]]
** L'établissement des parois
** Les aménagements hydrauliques et de récupération
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- L'environnement des bassins)|L'environnement des bassins]]
**L'emplacement géographique des sites à bassins
**L'évolution des sites
**L’organisation de la production
**L’histoire des sites
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Les interprétations des bassins à cupule)|Les interprétations des bassins à cupule]]
**Premières hypothèses
**Un cas exceptionnel : les bassins des Trains d'Écurat
**Les interprétations viticoles
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Conclusion)|Conclusion]]
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Recensement A)|Recensement A]]
* [[Wikisources:Les bassins à cupule (- Recensement B)|Recensement B]]
* [[Les bassins à cupule - Bibliographie|Bibliographie]]
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