Différences entre les versions de « Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille/Tome V »

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– Il y a du vrai dans ce que dit ce vieux fou, monsieur !… murmura-t-il. L’œuvre que vous avez édifiée péniblement, à force de trahisons et de mensonges, est sapée par la base… Tel que vous me voyez, marquis de Pontalès, je viens vous apporter la ruine ou le salut… C’est à vous de choisir.
 
 
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===III. LOUIS DE PENHOËL===
 
– Est-il toujours fort ?
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– Toujours fort… toujours beau… toujours jeune !…
– Ah !… fit Pontalès, c’est vous qui les ramenez ?
 
– Naturellement… Il nous fallait bien une arme contre votre habileté grande, M. le marquis… De manière ou d’autre, Penhoël possède les fonds qui doivent servir au rachat… Or, je ne veux pas vous le cacher, M. le marquis, le jour où Penhoël rentrera dans son manoir, vous serez bien près de quitter votre beau château et tous vos magnifiques domaines…
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jour où Penhoël rentrera dans son manoir, vous serez bien près de quitter votre beau château et tous vos magnifiques domaines…
 
– Comment cela ?
Il se tourna vers l’homme de loi, qui chauffait ses grands souliers ferrés au coin de la cheminée.
 
– Préparez votre plume et votre encre,
– Préparez votre plume et votre encre, M. le Hivain, reprit-il ; voici deux feuilles de papier timbré… Ayez l’obligeance de nous minuter un acte passé entre M. de Pontalès d’une part, et nous trois de l’autre, lequel acte divise en quatre portions égales les anciens domaines de Penhoël.
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– Préparez votre plume et votre encre, M. le Hivain, reprit-il ; voici deux feuilles de papier timbré… Ayez l’obligeance de nous minuter un acte passé entre M. de Pontalès d’une part, et nous trois de l’autre, lequel acte divise en quatre portions égales les anciens domaines de Penhoël.
 
– Et je n’aurai qu’un quart ?… grommela le marquis.
– À quoi bon ?… dit tout bas Pontalès, je ne signerai pas.
 
– Vous signerez, mon vieil ami !… Figurez-vous que le diable s’est mêlé de nos affaires : les deux filles de l’oncle Jean ne sont pas mortes.
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vous que le diable s’est mêlé de nos affaires : les deux filles de l’oncle Jean ne sont pas mortes.
 
Pontalès tressaillit.
– À moi ?
 
– À vous !… car, cette fois, chacun mettra la main à l’œuvre… Nous serons cinq, en comptant maître le Hivain, qui ne nous refusera point son aide.
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maître le Hivain, qui ne nous refusera point son aide.
 
– Je suis un homme paisible, balbutia Macrocéphale.
Macrocéphale venait d’achever la copie de l’acte.
 
– M. le marquis, dit Robert, il faut vous décider… Si vous ne signez pas, nous allons faire nous-mêmes l’office de passeurs, et amener ici les deux Penhoël… Il faut que vous compreniez bien votre situation… Vous avez affaire ici à trois hommes qui n’ont plus rien à perdre, et qui, peut-être, gardent contre vous quelque petite rancune… Ces hommes sont habitués à mettre leur intérêt avant toute idée de vengeance… Profitez, croyez-moi, de leur sagesse !… car, si vous perdez l’occasion, ce soir, demain, ces hommes porteront témoignage dans l’accusation de vol et d’assassinat que les deux Penhoël comptent vous intenter.
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ces hommes porteront témoignage dans l’accusation de vol et d’assassinat que les deux Penhoël comptent vous intenter.
 
Pontalès pressa son front chauve entre ses deux mains.
La porte avait été ouverte. Bibandier, Pontalès et l’homme de loi étaient déjà dehors.
 
– Voilà trois mois que le vieux agonise !… grommela Blaise, et son témoignage serait terrible en cas de malheur…
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grommela Blaise, et son témoignage serait terrible en cas de malheur…
 
– Sors !… dit Robert.
– Ils ont jusqu’à minuit ! murmura-t-il ; jusqu’à minuit, tous ceux qui tenteront de passer la rivière doivent mourir !
 
Son esprit semblait frappé violemment. La fièvre le jetait hors de cette prudence cauteleuse, qui avait été sa règle durant toute une longue vie !
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fièvre le jetait hors de cette prudence cauteleuse, qui avait été sa règle durant toute une longue vie !
 
Robert riait dans sa barbe à le voir prendre la tête du bac et brandir son couteau.
 
– On dit qu’entre vous et Penhoël, c’est une haine de plus d’un siècle… Vous avez droit à la préséance, M. le marquis… c’est vous qui frapperez le premier.
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– Soit !… répliqua Pontalès d’une voix sourde, je frapperai le premier !
Le bateau avait cédé au courant pendant les quelques secondes où la perche de Bibandier était restée oisive.
 
On se trouvait maintenant auprès d’une petite langue de terre, où croissaient des saules, ces mêmes saules qui avaient servi d’abri à Robert et à Blaise, la nuit de leur arrivée au manoir.
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la nuit de leur arrivée au manoir.
 
– Tourne !… cria l’Américain, ou nous allons chavirer.
 
L’inconnu, qui était en effet Louis de Penhoël, n’avait point vu le coup qui frappait son frère.
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Il rejeta derrière lui son manteau et brisa sur son genou le petit bout de la perche.
Le nabab enjamba les cadavres pour se rapprocher de lui.
 
Au moment où il se baissait pour lui prendre la main, René, qui était en équilibre sur le plat-bord, fit un mouvement convulsif et glissa dans l’eau du marais, où il disparut aussitôt.
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dans l’eau du marais, où il disparut aussitôt.
 
Le nabab poussa un grand cri. Son pied venait de glisser dans la mare de sang qui était sous le corps de son frère.
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Les deux chaises de poste, que nous avons vues
Les deux chaises de poste, que nous avons vues s’arrêter devant l’auberge du ‘‘Mouton couronné’’, sur le port de Redon, avaient passé la rivière d’Oust au pont des Houssayes, et gagné le manoir de Penhoël, par la route praticable aux voitures.
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Les deux chaises de poste, que nous avons vues s’arrêter devant l’auberge du ‘‘Mouton couronné’’, sur le port de Redon, avaient passé la rivière d’Oust au pont des Houssayes, et gagné le manoir de Penhoël, par la route praticable aux voitures.
 
Les portes du manoir étaient ouvertes. Pontalès semblait avoir voulu défier les événements et proclamer bien haut qu’il attendait ses adversaires de pied ferme.
 
L’oncle Jean tenait une de ses mains et cherchait les imperceptibles battements de son pouls.
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Diane et Cyprienne essayaient de réchauffer son autre main à force de baisers.
– Si elle allait mourir avant d’être heureuse !…
 
Car sa joue devenait à chaque instant plus pâle, et le souffle qui tombait de ses lèvres entr’ouvertes s’affaiblissait de plus en plus.
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entr’ouvertes s’affaiblissait de plus en plus.
 
– Ma mère !… dit l’Ange qui avait des larmes dans les yeux, ne veux-tu point te réveiller ?
Les mains de Diane et de Cyprienne tremblaient en touchant les cordes de leurs harpes. Leurs voix étaient pleines de larmes.
 
Au second couplet, un soupir faible s’échappa de la poitrine de Marthe. Toutes les mains se joignirent ; la prière descendit au fond de tous les cœurs.
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la prière descendit au fond de tous les cœurs.
 
Diane et Cyprienne chantaient bien doucement :
Personne n’osait ni faire un mouvement, ni prononcer une parole.
 
Quand les yeux de Marthe tombèrent sur Louis de Penhoël, qui demeurait immobile au seuil du salon, elle tressaillit vivement, et une nuance rosée vint colorer sa joue.
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Louis de Penhoël, qui demeurait immobile au seuil du salon, elle tressaillit vivement, et une nuance rosée vint colorer sa joue.
 
– Oh !… murmura-t-elle, vous tous que j’aimais tant !… Diane, Cyprienne, Blanche !… mes filles chéries !… Louis !… mon pauvre Louis !… vous voilà donc tous réunis et heureux !…
[[Catégorie:1849|Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille]]
[[Catégorie:1850|Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille]]
==[[Page:Féval - Les Belles-de-nuit ou les Anges de la famille, tome 5, 1850.djvu/279]]==
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