Différences entre versions de « Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Mosaïque »

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| width=33%<pages styleindex="background: #ffe4b5"Viollet-le-Duc |- <center>< [[Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, Tometome 6,.djvu" from=406 fromsection=s2 to=407 tosection=s1 Mortier|Mortier]]</center>
<references />
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=== MOSAÏQUE ===
<span id="Auxerre27">s. f. Ouvrages faits de petits cubes de pierres dures ou de
pâtes de verre de diverses couleurs, collés sur les parements des monuments
ou sur les aires au moyen d'un ciment composé de chaux, de
sable très-fin, de pouzzolane ou de brique pilée. Les Romains des bas
temps ont employé la mosaïque non-seulement pour décorer les aires des
salles, mais aussi pour tapisser les murs. Il n'est pas nécessaire ici de
répéter ce qui a été écrit sur ce sujet. Il nous suffit de constater que la
mosaïque était fort souvent appliquée dans les monuments de l'époque
mérovingienne en Occident. Grégoire de Tours parle des mosaïques qui
décoraient plusieurs églises de son temps. Saint Pallade, évêque
d'[[Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle - Index communes A#Auxerre|Auxerre]], fit élever au VII<sup>e</sup> siècle le monastère de Saint-Eusèbe; l'abside
de l'église était décorée de mosaïques dans lesquelles l'or entrait
pour une grande partie<span id="note1"></span>[[#footnote1|<sup>1</sup>]]. En effet, le travail de mosaïque, auquel on
donne le nom de <i>byzantin</i>, se compose de fonds d'or obtenus au moyen
de petits cubes de pâtes de verre dorés et recouverts d'un émail transparent.
Les sujets, les ornements se détachent sur ces fonds d'or. <span id=Germigny.les.Pres>Ces sortes
de mosaïques, très-répandues en Italie, en Sicile et en Orient, sont très-rares
en France, puisque nous n'en connaissons qu'un seul exemple
existant encore dans la petite église de [[Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle - Index communes G#Germigny.les.Pres|Germigny-les-Prés]], près de Sully-sur-Loire,
exemple qui paraît dater du IX<sup>e</sup> siècle.
 
L'abbé Lebeuf, dans son <i>Histoire du diocèse de Paris</i><span id="note2"></span>[[#footnote2|<sup>2</sup>]], dit que dans le
château de Bicêtre, bâti par le duc de Berry, frère de Charles V, il y
avait deux petites salles «enrichies d'un parfaitement bel ouvrage à la
mosaïque.» Il est difficile aujourd'hui de se faire une idée de ce que
pouvait être cet ouvrage de mosaïque du XIV<sup>e</sup> siècle, puisque nous ne
connaissons aucun travail de ce genre ayant été exécuté en France
depuis
le XII<sup>e</sup> siècle. Cependant nous possédons encore, dans les magasins
de l'église abbatiale de Saint-Denis, les restes d'un pavé en mosaïque à
fonds d'or et de couleur datant de la fin du XII<sup>e</sup> siècle, et qui rappelle
parfaitement, comme facture, les mosaïques italiennes de la même
époque. Ce pavage, dont l'ensemble a été conservé par un dessin de
Percier fait en 1797, représentait les travaux de l'année entourant un
large compartiment occupé par des animaux fantastiques. Si la facture
est italienne, le dessin est évidemment français. Mais il ne faut pas
oublier que Suger avait fait venir, si l'on en croit ses <i>gestes</i>, des artistes
de tous pays pour contribuer à l'érection de la nouvelle église, commencée
en 1140. Toutefois, nous ne pouvons donner aux cartons qui ont dû
servir à l'exécution de ce pavage une date antérieure à 1190<span id="note3"></span>[[#footnote3|<sup>3</sup>]]. En débarrassant
cette même église de Saint-Denis des tristes superfétations qui en
ont si profondément altéré le caractère, nous avons trouvé, sous les carrelages
modernes, quantité de petits cubes de terre cuite vernissée de
0<sup>m</sup>,015 à 0<sup>m</sup>,02 de côté qui ont évidemment servi à faire des mosaïques
par un procédé peu dispendieux. Au XII<sup>e</sup> siècle, nos architectes ont
quelquefois cherché à imiter ces pavages italiens, connus sous le nom
d'<i>opus alexandrinum</i>, mais les pierres dures leur manquant, ils y
suppléaient par la terre cuite vernissée. Plus habituellement, les carrelages
en terre cuite avec dessins incrustés ou les dalles gravées
remplaçaient
chez nous les anciennes mosaïques gallo-romaines ou celles
d'outre-monts.
Quant aux mosaïques sur parements, ainsi que nous l'avons dit,
il n'en existe qu'un nombre très-restreint de ce côté-ci des Alpes, et
sont-elles antérieures au XII<sup>e</sup> siècle. Les vitraux étaient la véritable décoration
des édifices en France à dater de cette époque, et par le fait les
vitraux sont une sorte de mosaïque translucide (voy. [[Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 9, Vitrail|Vitrail ]]).
 
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<span id="footnote1">[[#note1|1]] : L'abbé Lebeuf. <i>Mémoires concernant l'hist. civile et
ecclésiastique d'[[Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle - Index communes A#Auxerre|Auxerre]]</i>,
t. I, p. 149.
 
<span id="footnote2">[[#note2|2]] : T. X, p. 16.
 
<span id="footnote3">[[#note3|3]] : Il faut mentionner ici la mosaïque représentant les figures du zodiaque retrouvée
en 1831 à Saint-Omer, et provenant de la tombe du prince Guillaume, mort à Aire
en 1109 (abbaye de Saint-Bertin).
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