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ments{{tiret2|docu|ment}} ? « Leur origine est fort diverse. IIIl en est, assez peu à la vérité,qui furent écrits par des mains aristocratiques, d’autres, un peu
qui furent écrits par des mains aristocratiques, d’autres, un peu
plus nombreux, que signèrent de simples rapins ou des bohèmes.
Mais la plupart émanent de jeunes gens et de jeunes femmes qui,
sans avoir jamais eu, semble-t-il, une personnalité bien marquée,
appartiennent cependant à cette catégorie sociale qui forme en
France la meilleure et la plus sûre clientèle des écrivains, surtout
quand ces écrivains sont des romanciers ou des auteurs dramatiques. Ces témoins, nous venons de le dire, sont jeunes en
général : on ne subit d’influence vraiment sérieuse qu’autant que
la formation intellectuelle et morale reste encore inachevée, c’est-à-dire
pendant la jeunesse. Leur rang social enfin, étudiants,
« apprentis hommes de lettres », avocats, fonctionnaires, petites
bourgeoises et femmes de fonctionnaires, leur rang social nous
est une garantie qu’ils sont bien représentatifs des classes moyennes
de leur temps. Il semble donc qu’ils puissent servir à mesurer
avec assez d’exactitude l’action qu’à une époque déterminée le
romantisme a exercée sur les mœurs, et la vraie nature et la
’’’portée réelle de cette action. »<ref>Louis {{sc|Maigron}}. ''Le Romantisme et les mœurs'', préface, p. ix et x.</ref>
 
Ne retrouvons-nous pas là tous ou presque tous les personnages
£Ius nombreux, que signèrent de simples rapins ou des bohèmes,lais la plupart émanent de jeunes gens et de jeunes femmes qui,sans avoir jamais eu, semble-t-il, une personnalité bien marquée,appartiennent cependant à cette catégorie sociale qui forme enFrance la meilleure et la plus sûre clientèle des écrivains, surtoutquand ces écrivains sont des romanciers ou des auteurs dramatiques. Ces témoins, nous venons de le dire, sont jeunes engénéral : on ne subit d’influence vraiment sérieuse qu’autant quela formation intellectuelle et morale reste encore inachevée, c’està-dire pendant la jeunesse. Leur rang social enfin, étudiants,« apprentis hommes de lettres », avocats, fonctionnaires, petitesbourgeoises et femmes de fonctionnaires, leur rang social nousest une garantie qu’ils sont bien représentatifs des classes moyennesde leur temps. Il semble donc qu’ils puissent servir à mesureravec assez d exactitude l’action qu’à une époque déterminée leromantisme a exercée sur les mœurs, et la vraie nature et laportée réelle de cette action (^).))
Nede retrouvons-nousl’''Éducation passentimentale'' là tous ou presque tous les personnagesde l’Education sentimentale? Frédéric, Deslauriers, bénécalSénécal, Arnoux, etc., appartiennent à ces milieux, qui subissaient l’influence romantique aux environs de 18^01840.
 
L’état d’esprit des personnages de Flaubert répond bien à cette
Ne retrouvons-nous pas là tous ou presque tous les personnagesde l’Education sentimentale? Frédéric, Deslauriers, bénécal, Arnoux, etc., appartiennent à ces milieux, qui subissaient l’influence romantique aux environs de 18^0.
définition de M. Maigron : « Impatience d’abord, puis mépris et
dégoût des humbles réalités familières, qui ont le tort inévitable
de ne pas se conformer à l’éblouissante idée qu’on s’en était forgé
dans des rêveries naïves ; enthousiasme et exaltation constants,
culte de la passion tenue pour signe éclatant de force morale,
considérée comme source de toute générosité, de toute noblesse,
de toute vertu ; haine enfin de tout ce qui peut faire obstacle à
l’exercice de l’individualisme ou de la passion, c’est-à-dire la
société et ses institutions essentielles : ce sont bien les traits
caractéristiques et c’est bien ainsi que l’école de 1830 l’a représentée vivant ou essayant de vivre sa vie » <ref>''Idem'', p. 2.</ref>.
 
Dès le début, Flaubert nous présente son héros sous des traits
L’état d’esprit des personnages de Flaubert répond bien à cettedéfinition de M. Maigron : « Impatience d’abord, puis mépris etdégoût des humbles réalités familières, qui ont le tort inévitablede ne pas se conformer à l’éblouissante idée qu’on s’en était forgédans des rêveries naïves; enthousiasme et exaltation constants,culte de la passion tenue pour signe éclatant de force morale,considérée comme source de toute générosité, de toute noblesse,de toute vertu; haine enfin de tout ce qui peut faire obstacle àl’exercice de l’individualisme ou de la passion, c’est-à-dire lasociété et ses institutions essentielles : ce sont bien les traitscaractéristiques et c’est bien ainsi que l’école de 1830 l’a représentée vivant ou essayant de vivre sa vie ^^\ »
romantiques bien caractérisés : « Frédéric pensait… au plan d’un
drame, à des sujets de tableaux, à des passions futures. Il
trouvait que le bonheur mérité par l’excellence de son âme tardait
à venir. Il se déclama des vers mélancoliques » <ref>''L’Éducation sentimentale'', p. 3.</ref>.
 
Et quand il aperçoit pour la première fois M™*{{Mme}} Arnoux : « Elleressernblait aux femmes des livres romantiques. II n’aurait vouluElle
Dès le début, Flaubert nous présente son héros sous des traitsromantiques bien caractérisés : « Frédéric pensait . . . au plan d’undrame, à des sujets de tableaux, à des passions futures. IItrouvait que le bonheur mérité par l’excellence de son âme tardaità venir. Il se déclama des vers mélancoliques (•’’^ »
ressemblait aux femmes des livres romantiques. Il n’aurait voulu
 
Et quand il aperçoit pour la première fois M™* Arnoux : « Elleressernblait aux femmes des livres romantiques. II n’aurait voulu
 
’’’ Louis Maigron. Le Romantisme et les mœurs, préface, p. ix et x.
 
’"’ Idem, p. 2.
 
*’’’ L’Education sentimentale, p. 3.
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