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Au milieu de cette agitation, personne n’entendit la voix stridente qui cria « feu ! ». Les terrasses se couvrirent de fumée et une pluie de balles tomba sur la foule, déchiquetant des chairs mûres et des chairs tendres. Ceux qui n’étaient pas blessés s’enfuirent dans toutes les directions, laissant dans les rues femmes et enfants agonisants ou morts. Ils étaient partis à la recherche de la vie et ils se heurtaient à la mort ! Ils avaient cru que la révolution se faisait au service des pauvres et ils voyaient qu’elle soutenait la bourgeoisie !
 
Quand les mineurs rentrèrent, fourbus mais heureux d’être sortis de la prison de la mine pour étreindre leurs compagnes et baiser le front de leurs enfants, ils apprirent de la bouche des survivants, la triste nouvelle : les vazquistes, au service de cette injustice qu’on appelle ''Capital'', avaient tiré sur des femmes et des enfants pour défendre le droit ''sacré'' de propriété.
 
La nuit, noire, étendait son suaire sur ce camp de la mort. Le silence était à peine interrompu de temps en temps par les cris des sentinelles ou par le lugubre aboiement d’un chien qui pleurait son maître. Des formes noires qui semblaient faire partie de la nuit discutaient de-ci de-là sans faire de bruit, comme si elles se faufilaient. Mais une oreille attentive aurait pu surprendre ces paroles prononcées comme dans un soupir : « La dynamite ! où est la dynamite ? » Et les formes noires s’évanouissaient.
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