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{{ChapitreNav|[[Le Chevalier de Maison-Rouge]]|[[Auteur:Alexandre Dumas|Alexandre Dumas]] et [[Auteur:Auguste Maquet|Auguste Maquet]]||[[Le Chevalier de Maison-Rouge/46|XLVI]]||[[Le Chevalier de Maison-Rouge/48|XLVIII]]}}</noinclude>
 
 
==__MATCH__:[[Page:Dumas - Le Chevalier de Maison-Rouge, 1853.djvu/216]]==
{{t3|Prêtre et bourreau|CHAPITRE XLVII}}<br />
 
 
Tandis que la condamnée s’agenouillait sur une chaise plus basse que les autres, et qui lui servait de prie-Dieu, une scène non moins terrible que celle que nous venons de raconter se passait dans le presbytère de la petite église Saint-Landry, dans la Cité.
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Le curé de cette paroisse venait de se lever ; sa vieille gouvernante dressait son modeste déjeuner, quand tout à coup on heurta violemment à la porte du presbytère.
Cependant l’abbé Girard était du nombre de ceux qui devaient le moins craindre, car il avait prêté serment à la Constitution : en lui la conscience et la probité avaient parlé plus haut que l’amour-propre et l’esprit religieux. Sans doute, l’abbé Girard admettait la possibilité d’un progrès dans le gouvernement et regrettait tant d’abus commis au nom du pouvoir divin ; il avait, tout en gardant son Dieu, accepté la fraternité du régime républicain.
 
— Allez voir, dame Jacinthe, dit-il ; allez voir qui vient heurter à notre porte de si bon matin ; et, si par hasard, ce n’est point un service pressé qu’on vient me demander, dites que j’ai été mandé ce matin à la Conciergerie, et que je suis forcé de m’y rendre dans un instant.qu’
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on vient me demander, dites que j’ai été mandé ce matin à la Conciergerie, et que je suis forcé de m’y rendre dans un instant.
 
Dame Jacinthe s’appelait autrefois dame Madeleine ; mais elle avait accepté un nom de fleur en échange de son nom, comme l’abbé Girard avait accepté le titre de citoyen en place de celui de curé.
— Je ne vous écoute pas, parce que vous me demandez une chose impossible ; je ne vous écoute pas, parce que vous agissez comme un homme en démence, dit le vieillard ; je ne vous écoute pas, parce que vous m’épouvantez.
 
— Mon père, rassurez-vous, dit le jeune homme en essayant de se calmer lui-même ; mon père, croyez-moi, j’ai toute ma raison. La reine est perdue, je le sais ; mais que je puisse me prosterner à ses genoux, une seconde seulement, et cela me sauvera la vie ; si je ne la vois pas, je me tue, et, comme vous serez la cause de mon désespoir, vous aurez tué à la fois le corps et l’âme.
==[[Page:Dumas - Le Chevalier de Maison-Rouge, 1853.djvu/219]]==
vous serez la cause de mon désespoir, vous aurez tué à la fois le corps et l’âme.
 
— Mon fils, mon fils, dit le prêtre, vous me demandez le sacrifice de ma vie, songez-y ; tout vieux que je suis, mon existence est encore nécessaire à bien des malheureux ; tout vieux que je suis, aller moi-même au-devant de la mort, c’est commettre un suicide.
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