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séduisante, offre un attrait particulier; elle renferme un petit musée, la collection des oiseaux de la Haute-Engadine, arrangée avec un art exquis. M. Jean Saraz a été notre compagnon dans nos courses autour de Pontresina, et avec un guide aussi instruit les observations sur une infinité de sujets devenaient faciles.
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séduisante, offre un attrait particulier ; elle renferme un petit musée, la collection des oiseaux de la Haute-Engadine, arrangée avec un art exquis. M. Jean Saraz a été notre compagnon dans nos courses autour de Pontresina, et avec un guide aussi instruit les observations sur une infinité de sujets devenaient faciles.
   
Si les Engadiniens jouissent de quelque aisance, aiment à être agréablement installés, ils se plaisent également à loger dans les plus excellentes conditions les bêtes à cornes qu’ils possèdent. Les étables, placées derrière les maisons, sont tenues avec une propreté irréprochable et garnies de bancs et de tables; on y reçoit les amis. La compagnie des animaux, qui constituent la grande richesse des populations alpestres, n’est dédaignée par personne. La fenaison, au mois de juillet, est jour de fête dans la Haute-Engadine comme dans la plupart des vallées de la Suisse. Aux environs de Pontresina, sur le piz Languard, comme sur beaucoup de points des Alpes rhétiques, d’immenses troupeaux de moutons couvrent les pâturages; mais ces troupeaux n’appartiennent pas au pays. Des pâtres bergamasques les amènent pour la durée de la belle saison, en payant aux communes un droit qui est fort minime. Les Engadiniens tirent donc un très médiocre parti de ce que le sol fournit en abondance, c’est-à-dire de la nourriture pour les bestiaux.
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Si les Engadiniens jouissent de quelque aisance, aiment à être agréablement installés, ils se plaisent également à loger dans les plus excellentes conditions les bêtes à cornes qu’ils possèdent. Les étables, placées derrière les maisons, sont tenues avec une propreté irréprochable et garnies de bancs et de tables ; on y reçoit les amis. La compagnie des animaux, qui constituent la grande richesse des populations alpestres, n’est dédaignée par personne. La fenaison, au mois de juillet, est jour de fête dans la Haute-Engadine comme dans la plupart des vallées de la Suisse. Aux environs de Pontresina, sur le piz Languard, comme sur beaucoup de points des Alpes rhétiques, d’immenses troupeaux de moutons couvrent les pâturages ; mais ces troupeaux n’appartiennent pas au pays. Des pâtres bergamasques les amènent pour la durée de la belle saison, en payant aux communes un droit qui est fort minime. Les Engadiniens tirent donc un très médiocre parti de ce que le sol fournit en abondance, c’est-à-dire de la nourriture pour les bestiaux.
   
L’aisance acquise jusqu’à présent a été procurée par le travail loin de la patrie; aujourd’hui elle commence à être apportée par les étrangers eux-mêmes, les bonnes qualités de la population se trouveront certainement affectées bientôt par une exploitation lucrative et trop facile. Des changemens tendent à se produire parmi les habitans de la vallée de l’Inn. Tous les anciens confiseurs retirés, en possession de quelque fortune, n’obligent pas leurs fils à continuer le commerce qui les a enrichis. Plusieurs préfèrent les envoyer à l’université de Zurich. Au reste, c’est chose pleine d’intérêt que de voir la manière dont l’instruction est distribuée dans de petites communes de quelques centaines d’âmes. Non-seulement dans les écoles les enfans sans exception apprennent à lire et à écrire dans le dialecte du pays et en allemand, mais encore ils reçoivent des notions sur les sujets dont ils pourront par la suite avoir à se préoccuper. Dans des écoles d’un ordre un peu plus élevé, on enseigne les principaux faits touchant la Suisse et l’histoire des plantes et des animaux les plus vulgaires. Ceci dépasse singulièrement le programme de l’instruction qui est donnée dans les écoles primaires de beaucoup de grandes villes en Europe.
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L’aisance acquise jusqu’à présent a été procurée par le travail loin de la patrie ; aujourd’hui elle commence à être apportée par les étrangers eux-mêmes, les bonnes qualités de la population se trouveront certainement affectées bientôt par une exploitation lucrative et trop facile. Des changemens tendent à se produire parmi les habitans de la vallée de l’Inn. Tous les anciens confiseurs retirés, en possession de quelque fortune, n’obligent pas leurs fils à continuer le commerce qui les a enrichis. Plusieurs préfèrent les envoyer à l’université de Zurich. Au reste, c’est chose pleine d’intérêt que de voir la manière dont l’instruction est distribuée dans de petites communes de quelques centaines d’âmes. Non-seulement dans les écoles les enfans sans exception apprennent à lire et à écrire dans le dialecte du pays et en allemand, mais encore ils reçoivent des notions sur les sujets dont ils pourront par la suite avoir à se préoccuper. Dans des écoles d’un ordre un peu plus élevé, on enseigne les principaux faits touchant la Suisse et l’histoire des plantes et des animaux les plus vulgaires. Ceci dépasse singulièrement le programme de l’instruction qui est donnée dans les écoles primaires de beaucoup de grandes villes en Europe.
   
 
Les hommes pourvus de l’instruction classique sont nombreux dans l’Engadine relativement au chiffre de la population, et il est remarquable de voir combien il en est parmi eux qui se livrent à des études sérieuses. Plusieurs Engadiniens poursuivent des
 
Les hommes pourvus de l’instruction classique sont nombreux dans l’Engadine relativement au chiffre de la population, et il est remarquable de voir combien il en est parmi eux qui se livrent à des études sérieuses. Plusieurs Engadiniens poursuivent des
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