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=== I. Le Gun-Club = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|I. Le Gun-Club |}}
 
 
Pendant la guerre fédérale des États-Unis, un nouveau club très influent s’établit dans la ville de Baltimore, en plein Maryland. On sait avec quelle énergie l’instinct militaire se développa chez ce peuple d’armateurs, de marchands et de mécaniciens. De simples négociants enjambèrent leur comptoir pour s’improviser capitaines, colonels, généraux, sans avoir passé par les écoles d’application de West-Point<ref>École militaire des États-Unis.</ref> ; ils égalèrent bientôt dans « L’art de la guerre » leurs collègues du vieux continent, et comme eux ils remportèrent des victoires à force de prodiguer les boulets, les millions et les hommes.
<center>IMPEY BARBICANE, P. G.-C. </center>
 
=== II. Communication du Président Barbicane = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|II. Communication du Président Barbicane |}}
 
 
Le 5 octobre, à huit heures du soir, une foule compacte se pressait dans les salons du Gun-Club, 21, Union-Square. Tous les membres du cercle résidant à Baltimore s’étaient rendus à l’invitation de leur président. Quant aux membres correspondants, les express les débarquaient par centaines dans les rues de la ville, et si grand que fût le « hall » des séances, ce monde de savants n’avait pu y trouver place ; aussi refluait-il dans les salles voisines, au fond des couloirs et jusqu’au milieu des cours extérieures ; là, il rencontrait le simple populaire qui se pressait aux portes, chacun cherchant à gagner les premiers rangs, tous avides de connaître l’importante communication du président Barbicane, se poussant, se bousculant, s’écrasant avec cette liberté d’action particulière aux masses élevées dans les idées du « self government »<ref>Gouvernement personnel.</ref>.
« Laissez-moi achever, reprit-il froidement. J’ai pris la question sous toutes ses faces, je l’ai abordée résolument, et de mes calculs indiscutables il résulte que tout projectile doué d’une vitesse initiale de douze mille yards<ref>Environ 11,000 mètres.</ref> par seconde, et dirigé vers la Lune, arrivera nécessairement jusqu’à elle. J’ai donc l’honneur de vous proposer, mes braves collègues, de tenter cette petite expérience ! »
 
=== III. Effet de la communication Barbicane = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|III. Effet de la communication Barbicane |}}
 
 
Il est impossible de peindre l’effet produit par les dernières paroles de l’honorable président. Quels cris ! quelles vociférations ! quelle succession de grognements, de hurrahs, de « hip ! hip ! hip ! » et de toutes ces onomatopées qui foisonnent dans la langue américaine ! C’était un désordre, un brouhaha indescriptible ! Les bouches criaient, les mains battaient, les pieds ébranlaient le plancher des salles. Toutes les armes de ce musée d’artillerie, partant à la fois, n’auraient pas agité plus violemment les ondes sonores. Cela ne peut surprendre. Il y a des canonniers presque aussi bruyants que leurs canons.
 
 
=== IV. Réponse de l’Observatoire de Cambridge = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|IV. Réponse de l’Observatoire de Cambridge |}}
 
 
Cependant Barbicane ne perdit pas un instant au milieu des ovations dont il était l’objet. Son premier soin fut de réunir ses collègues dans les bureaux du Gun-Club. Là, après discussion, on convint de consulter les astronomes sur la partie astronomique de l’entreprise ; leur réponse une fois connue, on discuterait alors les moyens mécaniques, et rien ne serait négligé pour assurer le succès de cette grande expérience.
<center>« Directeur de l’Observatoire de Cambridge. » </center>
 
=== V. Le Roman de la Lune = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|V. Le Roman de la Lune |}}
 
 
Un observateur doué d’une vue infiniment pénétrante, et placé à ce centre inconnu autour duquel gravite le monde, aurait vu des myriades d’atomes remplir l’espace à l’époque chaotique de l’univers. Mais peu à peu, avec les siècles, un changement se produisit ; une loi d’attraction se manifesta, à laquelle obéirent les atomes errants jusqu’alors ; ces atomes se combinèrent chimiquement suivant leurs affinités, se firent molécules et formèrent ces amas nébuleux dont sont parsemées les profondeurs du ciel.
Tel était l’état des connaissances acquises sur le satellite de la Terre, que le Gun-Club se proposait de compléter à tous les points de vue, cosmographiques, géologiques, politiques et moraux.
 
=== VI. Ce qu’il n’est pas possible d’ignorer et ce qu’il n’est plus permis de croire dans les États-Unis = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|VI. Ce qu’il n’est pas possible d’ignorer et ce qu’il n’est plus permis de croire dans les États-Unis |}}
 
 
La proposition Barbicane avait eu pour résultat immédiat de remettre à l’ordre du jour tous les faits astronomiques relatifs à l’astre des nuits. Chacun se mit à l’étudier assidûment. Il semblait que la Lune apparût pour la première fois sur l’horizon et que personne ne l’eût encore entrevue dans les cieux. Elle devint à la mode ; elle fut la lionne du jour sans en paraître moins modeste, et prit rang parmi les « étoiles » sans en montrer plus de fierté. Les journaux ravivèrent les vieilles anecdotes dans lesquelles ce « Soleil des loups » jouait un rôle ; ils rappelèrent les influences que lui prêtait l’ignorance des premiers âges ; ils le chantèrent sur tous les tons ; un peu plus, ils eussent cité de ses bons mots ; l’Amérique entière fut prise de sélénomanie.
 
 
=== VII. L’Hymne du boulet = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|VII. L’Hymne du boulet |}}
 
 
L’Observatoire de Cambridge avait, dans sa mémorable lettre du 7 octobre, traité la question au point de vue astronomique ; il s’agissait désormais de la résoudre mécaniquement. C’est alors que les difficultés pratiques eussent paru insurmontables en tout autre pays que l’Amérique. Ici ce ne fut qu’un jeu.
Ainsi se termina la première séance du Comité ; la question du projectile était définitivement résolue, et J.-T. Maston se réjouit fort de la pensée d’envoyer un boulet d’aluminium aux Sélénites, « ce qui leur donnerait une crâne idée des habitants de la Terre » !
 
=== VIII. L’Histoire du canon = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|VIII. L’Histoire du canon |}}
 
 
Les résolutions prises dans cette séance produisirent un grand effet au-dehors. Quelques gens timorés s’effrayaient un peu à l’idée d’un boulet, pesant vingt mille livres, lancé à travers l’espace. On se demandait quel canon pourrait jamais transmettre une vitesse initiale suffisante à une pareille masse. Le procès verbal de la seconde séance du Comité devait répondre victorieusement à ces questions.
Sur cette assurance de son président, le Comité se sépara, après avoir remis au lendemain soir sa troisième séance.
 
=== IX. La Question des poudres = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|IX. La Question des poudres |}}
 
 
Restait à traiter la question des poudres. Le public attendait avec anxiété cette dernière décision. La grosseur du projectile, la longueur du canon étant données, quelle serait la quantité de poudre nécessaire pour produire l’impulsion ? Cet agent terrible, dont l’homme a cependant maîtrisé les effets, allait être appelé à jouer son rôle dans des proportions inaccoutumées.
 
 
=== X. Un ennemi sur vingt-cinq millions d’amis = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|X. Un ennemi sur vingt-cinq millions d’amis |}}
 
 
Le public américain trouvait un puissant intérêt dans les moindres détails de l’entreprise du Gun-Club. Il suivait jour par jour les discussions du Comité. Les plus simples préparatifs de cette grande expérience, les questions de chiffres qu’elle soulevait, les difficultés mécaniques à résoudre, en un mot, « sa mise en train », voilà ce qui le passionnait au plus haut degré.
 
 
=== XI. Floride et Texas = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XI. Floride et Texas |}}
 
 
Cependant, une question restait encore à décider : il fallait choisir un endroit favorable à l’expérience. Suivant la recommandation de l’Observatoire de Cambridge, le tir devait être dirigé perpendiculairement au plan de l’horizon, c’est-à-dire vers le zénith ; or, la Lune ne monte au zénith que dans les lieux situés entre 0° et 28° de latitude, en d’autres termes, sa déclinaison n’est que de 28°<ref>La déclinaison d’un astre est sa latitude dans la sphère céleste ; l’ascension droite en est la longitude.</ref>. Il s’agissait donc de déterminer exactement le point du globe où serait fondue l’immense Columbiad.
 
 
=== XII. Urbi et orbi = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XII. Urbi et orbi |}}
 
 
Les difficultés astronomiques, mécaniques, topographiques une fois résolues, vint la question d’argent. Il s’agissait de se procurer une somme énorme pour l’exécution du projet. Nul particulier, nul État même n’aurait pu disposer des millions nécessaires.
Ce traité, fait double et de bonne foi, fut signé par I. Barbicane, président du Gun-Club, et J. Murchison, directeur de l’usine de Goldspring, qui approuvèrent l’écriture de part et d’autre.
 
=== XIII. Stone’s-Hill = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XIII. Stone’s-Hill |}}
 
 
Depuis le choix fait par les membres du Gun-Club au détriment du Texas, chacun en Amérique, où tout le monde sait lire, se fit un devoir d’étudier la géographie de la Floride. Jamais les libraires ne vendirent tant de Bartram’s travel in Florida, de Roman’s natural history of East and West Florida, de William’s territory of Florida, de Cleland on the culture of the Sugar-Cane in East Florida. Il fallut imprimer de nouvelles éditions. C’était une fureur.
« Cet emplacement est situé à trois cents toises au-dessus du niveau de la mer par 27°7’ de latitude et 5°7’ de longitude ouest<ref>Au méridien de Washington. La différence avec le méridien de Paris est de 79°22’. Cette longitude est donc en mesure française 83°25’.</ref> ; il me paraît offrir par sa nature aride et rocailleuse toutes les conditions favorables à l’expérience ; c’est donc dans cette plaine que s’élèveront nos magasins, nos ateliers, nos fourneaux, les huttes de nos ouvriers, et c’est d’ici, d’ici même, répéta-t-il en frappant du pied le sommet de Stone’s-Hill, que notre projectile s’envolera vers les espaces du monde solaire !
 
=== XIV. Pioche et truelle = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XIV. Pioche et truelle |}}
 
 
Le soir même, Barbicane et ses compagnons rentraient à Tampa-Town, et l’ingénieur Murchison se réembarquait sur le Tampico pour La Nouvelle-Orléans. Il devait embaucher une armée d’ouvriers et ramener la plus grande partie du matériel. Les membres du Gun-Club demeurèrent à Tampa-Town, afin d’organiser les premiers travaux en s’aidant des gens du pays.
Plusieurs ouvriers, il est vrai, payèrent de leur vie les imprudences inhérentes à ces dangereux travaux ; mais ces déplorables malheurs sont impossibles à éviter, et ce sont des détails dont les Américains se préoccupent assez peu. Ils ont plus souci de l’humanité en général que de l’individu en particulier. Cependant Barbicane professait les principes contraires, et il les appliquait en toute occasion. Aussi, grâce à ses soins, à son intelligence, à son utile intervention dans les cas difficiles, à sa prodigieuse et humaine sagacité, la moyenne des catastrophes ne dépassa pas celle des pays d’outre-mer cités pour leur luxe de précautions, entre autres la France, où l’on compte environ un accident sur deux cent mille francs de travaux.
 
=== XV. La Fête de la fonte = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XV. La Fête de la fonte |}}
 
 
Pendant les huit mois qui furent employés à l’opération du forage, les travaux préparatoires de la fonte avaient été conduits simultanément avec une extrême rapidité ; un étranger, arrivant à Stone’s-Hill, eût été fort surpris du spectacle offert à ses regards.
 
 
=== XVI. La Columbiad = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XVI. La Columbiad |}}
 
 
L’opération de la fonte avait-elle réussi ? On en était réduit à de simples conjectures. Cependant tout portait à croire au succès, puisque le moule avait absorbé la masse entière du métal liquéfié dans les fours. Quoi qu’il en soit, il devait être longtemps impossible de s’en assurer directement.
 
 
=== XVII. Une dépêche télégraphique = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XVII. Une dépêche télégraphique |}}
 
 
Les grands travaux entrepris par le Gun-Club étaient, pour ainsi dire, terminés, et cependant, deux mois allaient encore s’écouler avant le jour où le projectile s’élancerait vers la Lune. Deux mois qui devaient paraître longs comme des années à l’impatience universelle ! Jusqu’alors les moindres détails de l’opération avaient été chaque jour reproduits par les journaux, que l’on dévorait d’un œil avide et passionné ; mais il était à craindre que désormais, ce « dividende d’intérêt » distribué au public ne fût fort diminué, et chacun s’effrayait de n’avoir plus à toucher sa part d’émotions quotidiennes.
 
 
=== XVIII. Le Passager de l’« Atlanta »= ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XVIII. Le Passager de l’« Atlanta »|}}
 
 
Si cette foudroyante nouvelle, au lieu de voler sur les fils électriques, fût arrivée simplement par la poste et sous enveloppe cachetée, si les employés français, irlandais, terre-neuviens, américains n’eussent pas été nécessairement dans la confidence du télégraphe, Barbicane n’aurait pas hésité un seul instant. Il se serait tu par mesure de prudence et pour ne pas déconsidérer son œuvre. Ce télégramme pouvait cacher une mystification, venant d’un Français surtout. Quelle apparence qu’un homme quelconque fût assez audacieux pour concevoir seulement l’idée d’un pareil voyage ? Et si cet homme existait, n’était-ce pas un fou qu’il fallait enfermer dans un cabanon et non dans un boulet ?
Mais alors les deux rivaux en popularité se serraient chaleureusement la main, et Michel Ardan tutoyait le président Barbicane.
 
=== XIX. Un meeting = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XIX. Un meeting |}}
 
 
Le lendemain, l’astre du jour se leva bien tard au gré de l’impatience publique. On le trouva paresseux, pour un Soleil qui devait éclairer une semblable fête. Barbicane, craignant les questions indiscrètes pour Michel Ardan, aurait voulu réduire ses auditeurs à un petit nombre d’adeptes, à ses collègues, par exemple. Mais autant essayer d’endiguer le Niagara. Il dut donc renoncer à ses projets et laisser son nouvel ami courir les chances d’une conférence publique. La nouvelle salle de la Bourse de Tampa-Town, malgré ses dimensions colossales, fut jugée insuffisante pour la cérémonie, car la réunion projetée prenait les proportions d’un véritable meeting.
Néanmoins, cette idée « éminemment pratique » eut un succès énorme ; la discussion fut suspendue pendant un bon quart d’heure, et longtemps, bien longtemps encore, on parla dans les États-Unis d’Amérique de la proposition formulée si énergiquement par le secrétaire perpétuel du Gun-Club.
 
=== XX. Attaque et riposte = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XX. Attaque et riposte |}}
 
 
CET incident semblait devoir terminer la discussion. C’était le « mot de la fin », et l’on n’eût pas trouvé mieux. Cependant, quand l’agitation se fut calmée, on entendit ces paroles prononcées d’une voix forte et sévère :
Sur ces paroles froidement prononcées, le président du Gun-Club et le capitaine se séparèrent. Barbicane revint à sa demeure, mais au lieu de prendre quelques heures de repos, il passa la nuit à chercher les moyens d’éviter le contrecoup du projectile et de résoudre ce difficile problème posé par Michel Ardan dans la discussion du meeting.
 
=== XXI. Comment un Français arrange une affaire = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]| XXI. Comment un Français arrange une affaire |}}
 
 
Pendant que les conventions de ce duel étaient discutées entre le président et le capitaine, duel terrible et sauvage, dans lequel chaque adversaire devient chasseur d’homme, Michel Ardan se reposait des fatigues du triomphe. Se reposer n’est évidemment pas une expression juste, car les lits américains peuvent rivaliser pour la dureté avec des tables de marbre ou de granit.
« Hurrah ! bravo ! vivat ! hip ! hip ! hip ! s’écria Michel Ardan en tendant la main aux deux adversaires. Et maintenant que l’affaire est arrangée, mes amis, permettez-moi de vous traiter à la française. Allons déjeuner. »
 
=== XXII. Le Nouveau Citoyen des États-Unis = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XXII. Le Nouveau Citoyen des États-Unis |}}
 
 
Ce jour-là toute l’Amérique apprit en même temps l’affaire du capitaine Nicholl et du président Barbicane, ainsi que son singulier dénouement. Le rôle joué dans cette rencontre par le chevaleresque Européen, sa proposition inattendue qui tranchait la difficulté, l’acceptation simultanée des deux rivaux, cette conquête du continent lunaire à laquelle la France et les États-Unis allaient marcher d’accord, tout se réunit pour accroître encore la popularité de Michel Ardan.
A l’exemple de son chevaleresque compatriote le marquis de la Fayette, le gouvernement lui décernait le titre de citoyen des États-Unis d’Amérique.
 
=== XXIII. Le Wagon-projectile = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XXIII. Le Wagon-projectile |}}
 
 
Après l’achèvement de la célèbre Columbiad, l’intérêt public se rejeta immédiatement sur le projectile, ce nouveau véhicule destiné à transporter à travers l’espace les trois hardis aventuriers. Personne n’avait oublié que, par sa dépêche du 30 septembre, Michel Ardan demandait une modification aux plans arrêtés par les membres du Comité.
Bientôt le secrétaire du Gun-Club apparut au sommet du cône dans une attitude triomphante. Il avait engraissé !
 
=== XXIV. Le Télescope des Montagnes rocheuses = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XXIV. Le Télescope des Montagnes rocheuses |}}
 
 
Le 20 octobre de l’année précédente, après la souscription close, le président du Gun-Club avait crédité l’Observatoire de Cambridge des sommes nécessaires à la construction d’un vaste instrument d’optique. Cet appareil, lunette ou télescope, devait être assez puissant pour rendre visible à la surface. de la Lune un objet ayant au plus neuf pieds de largeur.
Mais le télescope des montagnes Rocheuses, avant de servir au Gun-Club, rendit d’immenses services à l’astronomie. Grâce à sa puissance de pénétration, les profondeurs du ciel furent sondées jusqu’aux dernières limites, le diamètre apparent d’un grand nombre d’étoiles put être rigoureusement mesuré, et M. Clarke, du bureau de Cambridge, décomposa le crab nebula<ref>Nébuleuse qui apparaît sous la forme d’une écrevisse.</ref> du Taureau, que le réflecteur de Lord Rosse n’avait jamais pu réduire.
 
=== XXV. Derniers Détails = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XXV. Derniers Détails |}}
 
 
On était au 22 novembre. Le départ suprême devait avoir lieu dix jours plus tard. Une seule opération restait encore à mener à bonne fin, opération délicate, périlleuse, exigeant des précautions infinies, et contre le succès de laquelle le capitaine Nicholl avait engagé son troisième pari. Il s’agissait, en effet, de charger la Columbiad et d’y introduire les quatre cent mille livres de fulmi-coton. Nicholl avait pensé, non sans raison peut-être, que la manipulation d’une aussi formidable quantité de pyroxyle entraînerait de graves catastrophes, et qu’en tout cas cette masse éminemment explosive s’enflammerait d’elle-même sous la pression du projectile.
— C’est que vous perdiez vos deux autres paris ! De cette façon, nous serons sûrs de ne pas rester en route. »
 
=== XXVI. Feu ! = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XXVI. Feu ! |}}
 
 
Le premier jour de décembre était arrivé, jour fatal, car si le départ du projectile ne s’effectuait pas le soir même, à dix heures quarante-six minutes et quarante secondes du soir, plus de dix-huit ans s’écouleraient avant que la Lune se représentât dans ces mêmes conditions simultanées de zénith et de périgée.
Une détonation épouvantable, inouïe, surhumaine, dont rien ne saurait donner une idée, ni les éclats de la foudre, ni le fracas des éruptions, se produisit instantanément. Une immense gerbe de feu jaillit des entrailles du sol comme d’un cratère. La terre se souleva, et c’est à peine si quelques personnes purent un instant entrevoir le projectile fendant victorieusement l’air au milieu des vapeurs flamboyantes.
 
=== XXVII. Temps couvert = ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XXVII. Temps couvert |}}
 
 
Au moment où la gerbe incandescente s’éleva vers le ciel à une prodigieuse hauteur, cet épanouissement de flammes éclaira la Floride entière, et, pendant un instant incalculable, le jour se substitua à la nuit sur une étendue considérable de pays. Cet immense panache de feu fut aperçu de cent milles en mer du golfe comme de l’Atlantique, et plus d’un capitaine de navire nota sur son livre de bord l’apparition de ce météore gigantesque.
Mais le 11, une de ces épouvantables tempêtes des régions intertropicales se déchaîna dans l’atmosphère. De grands vents d’est balayèrent les nuages amoncelés depuis si longtemps, et le soir, le disque à demi rongé de l’astre des nuits passa majestueusement au milieu des limpides constellations du ciel.
 
=== XXVIII. Un nouvel astre= ==
{{chapitre|[[De la Terre à la Lune]]|[[Jules Verne]]|XXVIII. Un nouvel astre|}}
 
 
Cette nuit même, la palpitante nouvelle si impatiemment attendue éclata comme un coup de foudre dans les États de l’Union, et, de là, s’élançant à travers l’Océan, elle courut sur tous les fils télégraphiques du globe. Le projectile avait été aperçu, grâce au gigantesque réflecteur de Long’s-Peak.
<center>Longs’s-Peak, 12 décembre. </center>
 
AÀ MM. LES MEMBRES DU BUREAU DE L’OBSERVATOIRE DE CAMBRIDGE.
 
''Le projectile lancé par la Columbiad de Stone’s-Hill a été aperçu par MM. Belfast et J.- T. Maston, le 12 décembre, à huit heures quarante-sept minutes du soir, la Lune étant entrée dans son dernier quartier.''
<center>'''FIN'''</center>
 
===Vocabulaire peu connu===
 
*'''Gargousse''' : Charge de poudre à canon, dans son enveloppe cylindrique.
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